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Google Stadia : Shadow a peur de retourner dans l’ombre

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Suite au lancement de Stadia, le service de Cloud Gaming à la GDC 2019, la startup française Blade s’est fendue d’un étrange communiqué. Le créateur du fameux Shadow PC affirme être ravi d’accueillir Google sur son  » terrain de jeu « , mais ses propos semblent plutôt traduire l’angoisse et l’amertume…

Fondée en 2015, la startup française Blade est l’un des précurseurs du  » Cloud Gaming « . Avec son service Shadow, elle permet aux utilisateurs d’accéder à un puissant PC Windows depuis n’importe quel appareil doté d’une connexion internet : laptop, smartphone, tablette, télévision…

Ce puissant PC est hébergé dans les Data Centers de la firme, et l’utilisateur y accède via le Cloud. Le concept est donc similaire à celui de Stadia, la plateforme de Cloud Gaming dévoilée hier par Google. La différence est que Shadow permet de profiter de toutes les fonctionnalités d’un PC, plutôt que de se limiter à un catalogue de jeux vidéo. De plus, la startup française propose à ses clients de louer un  » Shadow PC  » qui permet en fait uniquement de se connecter au service.

Suite à l’annonce de Stadia par Google à la GDC 2019, Blade a publié un communiqué de presse. Dans un premier temps, le co-fondateur et président de la firme, Emmanuel Freund, se dit  » ravis d’accueillir Google sur notre terrain de jeu favori depuis 2 ans déjà : le streaming de jeux vidéo. Comme nous, ils sont convaincus que le Cloud va révolutionner nos vies « .

Cependant, dans la suite du communiqué, le ton se fait nettement plus grinçant :  » Il est difficile d’apprécier l’intérêt de Stadia pour ses futurs utilisateurs sans prix, sans catalogue et sans date de disponibilité. La conférence de ce soir ressemblait plus à une opération séduction de développeurs qu’au lancement d’un produit « . Outch.

Même si Emmanuel Freund se dit ravi, il semble plutôt amer à l’idée d’accueillir Google sur le même marché. Et cela peut se comprendre…

Google Stadia : pourquoi Shadow a bien raison de trembler

Forte d’une levée de fonds de 51 millions d’euros en juin 2017, Blade compte aujourd’hui parmi les leaders du Cloud Gaming. En réalité, jusqu’à présent, la firme n’avait même presque pas de concurrence.

Les services NVIDIA GeForce Now et LiquidSky sont toujours en version bêta, et les pionniers comme OnLive ont mis la clé sous la porte depuis bien longtemps. Le seul vrai rival de Shadow était donc le PlayStation Now, dont le catalogue se limite aux jeux PS3 et PS4.

De fait, le nuage de Google vient aujourd’hui cacher le soleil qui rayonnait jusqu’alors sur Blade. Et si l’on file la métaphore, ce n’est pas un petit nuage, mais plutôt un gros nuage noir menaçant fin prêt à exploser…

En effet, la dernière chose que peut souhaiter une startup, c’est de voir une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 100 milliards de dollars venir la concurrencer. Avec son budget colossal et son expérience dans le domaine de la technologie, Google est en mesure de développer un service bien plus fiable et abouti que celui de Blade.

Même si les retours sur Shadow sont généralement positifs, il suffit de lire les commentaires sur les publications de sa page Facebook pour constater que le service n’est pas infaillible. Beaucoup d’utilisateurs se plaignent notamment d’un temps de latence qui rend les jeux injouables.

De son côté, Google affirme être en mesure de proposer une expérience totalement fluide à tous ses utilisateurs d’Europe et d’Amérique du Nord. Rappelons en effet que Google est le troisième principal fournisseur de services Cloud, derrière Amazon Web Services et Microsoft Azure.

Ses Data Centers sont déployés dans le monde entier, répartis sur 19 régions, 58 zones et 200 pays. En comparaison, avec ses 5000 serveurs répartis sur 3 Data Centers, Shadow ne fait tout simplement pas le poids.

Il semble donc clair que Google est en mesure de s’imposer comme le nouveau leader mondial du marché du Cloud Gaming, même si Microsoft annonce d’ores et déjà sa contre-attaque pour l’E3 2019. De son côté, Shadow risque tout bonnement de disparaître dans l’ombre de ces deux géants… espérons que la startup française trouve un moyen de rebondir et de rester compétitive !

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