in ,

Les scientifiques anglais ne veulent pas des robots sexuels

Alors que le premier robot sexuel du monde devrait être commercialisé d’ici la fin de l’année, un comité de scientifique s’y oppose farouchement dénonçant entre autre la vision de la femme comme un objet.

6200 euros, c’est ce que va couter Roxxxy, le premier robot sexuel qui sortira à la fin de l’année. Une annonce qui avait fait le buzz il y a quelques semaines. Et pour cause, la présentation est pour le moins explicite : « Roxxxy connaît vos goûts, elle sait ce qui vous fait plaisir et ce que vous n’aimez pas. Elle peut suivre une conversation et exprimer son affection pour vous. Il lui arrive même d’avoir des orgasmes. » L’intelligence artificielle à l’intérieur du robot serait révolutionnaire si bien que selon l’entreprise qui produit Roxxxy, « Le sexe ne représente qu’une petite partie du temps que l’on passe avec Roxxxy, la socialisation et l’interaction ont toute leur importance. » Une vision des choses que nous vous avions présentée dans notre grand dossier sur les robots sexuels peu avant l’été.

« Stimuler des besoins anormaux »

Si cette innovation peut faire sourire, elle est pourtant prise très au sérieux et par la boite qui l’a créée, mais aussi par bon nombre d’opposants. Dernier fait en date, une campagne visant à l’interdire lancé par un collectif de scientifiques anglais visiblement très en colère contre Roxxxy. Ils dénoncent notamment que le robot pousserait les individus à voir les femmes comme des objets et stimuleraient des besoins sexuels anormaux. Pire encore, cela encouragerait la prostitution comment on peut le lire sur le site du collectif à l’initiative de Kathleen Richardson, chercheuse à l’université de Montfort à Leicester : « les robots sexuels font référence aux échanges prostitués/client qui reposent sur l’unique reconnaissance des besoins et désirs des acheteurs. Les vendeurs sont réduits à l’état de choses (comme les robots). » Un point de vue que l’on peut partager ou non. Reste que tout n’est pas noir ou blanc.

Engineer-inventor Douglas Hines poses with his company's "True Companion" sex robot, Roxxxy, at the TrueCompanion.com booth at the AVN Adult Entertainment Expo in Las Vegas, Nevada, January 9, 2010. In what is billed as a world first, a life-size robotic girlfriend complete with artificial intelligence and flesh-like synthetic skin was introduced to adoring fans at the AVN Adult Entertainment Expo. AFP PHOTO / Robyn Beck

Il y a débat

Car accuser ces scientifiques d’être réactionnaires ou niant l’évolution n’est pas légitime. La question de l’impact de ses robots sur notre société se pose. Du côté de l’entreprise qui fabrique Roxxxy on annonce que « nous n’allons pas remplacer l’épouse ou la petite amie. Il s’agit d’une solution pour des personnes qui sont entre deux relations ou qui viennent de perdre leur femme par exemple. Les gens peuvent trouver le bonheur et l’accomplissement autrement que grâce aux interactions humaines. Le sexe ne représente qu’une petite partie du temps que l’on passe avec Roxxxy, la socialisation et l’interaction ont toute leur importance. » Mais il faut reconnaître que le concept a de quoi faire peur. Certains psychologues expliquent qu’il y a la possibilité d’une sexualité renfermée sur soi. Pour autant, aucune étude n’a démontré que l’arrivée des sex-toys féminins ou masculins a freiné la sexualité des individus.

Reste que sur le côté social, le phénomène est inquiétant. Néanmoins l’argument de la transformation de la femme en objet et sur la prostitution est discutable. C’est d’ailleurs le contraire que racontent deux scientifiques. Selon eux, les robots sexuels pourraient faire sévèrement reculer la prostitution. Tous les détails sont dans notre dossier consacré au sujet.

Une chose est sûre, Roxxxy est le pionnier d’un phénomène qui risque de s’amplifier dans les années à venir. Et bien que la morale d’un tel produit puisse susciter le débat, une interdiction est difficilement envisageable. Premièrement, car il n’a rien d’illégal et deuxièmement, il suscite un intérêt énorme. Il suffit de voir le nombre de commandes qui ont déjà été passées pour s’en rendre compte. Et les personnes qui les achètent ne sont pas forcément toutes des fous furieux ou des pervers. Quand on sait que d’ici 2050, l’interaction entre hommes et robots devrait être monnaie courante, on se dit que ces sujets doivent être pris au sérieux, mais aussi dans la demi-mesure.

Si vous êtes bon en anglais et que le sujet vous intéresse, on vous invite à regarder ce débat :

https://youtu.be/8jQSerrzTJg

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.