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Shimon, le robot qui va plus vite que la musique

robot musicien Shimon

Shimon, le petit robot joueur de marimba, peut jouer des accords physiquement impossibles pour nous autres humains.

Il hoche la tête au rythme de la musique, se penche en avant pour se lancer dans un rythme effréné, battant la mesure de sa propre improvisation. Ce n’est pas un simple membre de votre groupe de jazz, c’est Shimon, le robot aux quatre bras qui joue du marimba d’une façon encore jamais vue.

Créé et construit par le Georgia Institute of Technology, Shimon est capable d’écouter de la musique, d’improviser et de jouer en accord avec d’autres musiciens humains.

robot musicien Shimon

Shimon a fait sa première apparition publique au festival de musique et technologie de Moogfest à Durham en Caroline du Nord. Gil Weinberg, chercheur en chef au Georgia Tech’s Center for Music Technology a fait la démonstration du projet sur lequel ils travaillent depuis 12 ans. Leurs efforts étaient dirigés vers l’augmentation des capacités créatives des hommes via la robotique. À travers des robots comme Shimon, par exemple, qui utilise un programme d’apprentissage basé sur la théorie musicale et sur une large gamme de différents styles de musique, de la musique de chambre au dubstep. Le petit robot est ici présent pour prouver qu’on peut ajouter un élément robotique dans les performances musicales, pour pouvoir créer et atteindre des accords jusque là hors de portée pour les humains.

Shimon se met au diapason

Mais les nouvelles technologies peuvent également concerner une aubaine pour les humains pour s’améliorer : durant le concert, Weinberg a également présenté Jason Barnes, un batteur ayant perdu sa main droite il y a quelques années. Barnes, grâce à ses connaissances, a fait part à Weinberg de son rêve de pouvoir rejouer un jour. L’ancien musicien a demandé une prothèse robotique qui pourrait recréer les fonctionnalités d’un batteur.

Barnes le batteur avec Shimon

Mais Weinberg a fait mieux que ça. Il lui a ainsi créé un bras robotique avec deux baguettes de tambour qu’il pourrait contrôler avec le muscle de son biceps. La prothèse atteindrait les 20 mesures par secondes. On n’arrête pas le progrès en terme de prothèses robotiques.

Barnes a alors rejoint Weinberg, son équipe et Shimon sur scène pour jouer quelques morceaux, et le résultat est assez surréaliste : un homme jouait de la batterie avec plus de rapidité et de précision que n’importe quel batteur, accompagné d’un robot jouant du marimba tout en improvisant aux côtés de ses amis humains.

Cerise sur le gâteau, Weinberg avait également amené avec lui deux autres robots sur lesquels il travaille, du doux nom de Shimis, qui se sont illustré en tant que danseurs, battant la mesure avec leur tête et leurs pieds.

Shimon joue sa musique

Un futur robot-band en totale harmonie ?

L’équipe de Weinberg est à présent en train de se pencher sur une prothèse de main sanglée que tout le monde pourrait porter, pouvant enregistrer un rythme et s’y accorder. Les élèves du chef de projet ont également prévu de revoir Shimon, pour lui apporter encore plus de créativité. Par exemple, qu’est-ce que cela donnerait si Shimon jouait du Mozart et qu’on lui demandait de l’adapter façon jazz ?

L’équipe de recherche de Weinberg n’est néanmoins pas la seule à travailler sur l’intelligence artificielle pour créer de la musique et aider les musiciens. Au même festival de Moogfest, un groupe de l’école Watson d’IBM a fait la démonstration des nouvelles capacités de son I.A,, mais contrairement à l’équipe de Georgia Tech, cela concernait plus des programmes et des systèmes de diffusion de musique via haut-parleurs que de réels robots jouant allègrement d’un instrument.

shimon le robot qui a le groove

De la même façon que les musiciens utilisent leur gestuelle pour prévenir les autres membres du groupe qu’ils vont changer d’accord ou terminer la chanson, Shimon va attendre et détecter les signes de ses collègues pour s’adapter. « Écouter comme un homme et improviser comme une machine » comme le décrit Weinberg.

Peut-être que dans le futur, les jeunes mélomanes admireront les robots de la même façon que nous admirons nos anciennes idoles humains aujourd’hui. Ou peut-être que le talent s’éteindra, permettant à tout le monde de devenir de super-musiciens cyborg grâce au travail de Weinberg.

 

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