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Bientôt la fin des embouteillages sur nos routes?

Embouteillages de plus en plus important sur les routes
Crédit photo: Peter Macdiarmid/Getty Images

Les experts ont donné leurs accords pour une révolution significative contre les embouteillages en utilisant les IoT. Toutefois, nous sommes encore de loin de la voir arriver. 

Un constat sans appel

La circulation sur la route empire, ceci n’est pas uniquement un constat, mais les statistiques le prouvent: d’après la société de navigation TomTom, en un an les banlieusards ont passé 66 heures de plus dans les embouteillages. Alors que les IoT perturbent chaque étape de nos vies, quand est-ce que les feux de circulation seront reconsidérés et reconstruits en conséquence?

La révolution est déjà enclenchée. Voilà toute la promesse qui est faite avec les voitures connectées et autonomes, qui permettent aux données concernant les voyages individuels, les routes et voitures utilisées d’être surveillées, contrôlées et classées.

Une gestion autonome des intersections

Une fois que l’électronique aura un contrôle total de nos voitures, aurons-nous toujours besoin des feux tricolores aux intersections? C’est l’idée cachée derrière AIM (Gestion Autonome des Intersections) du laboratoire de l’intelligence artificielle de l’Université du Texas, Austin. Plutôt que de s’arrêter aux feux rouges, les voitures autonomes planifieraient elles-mêmes en temps réel si elles doivent accélérer ou décélérer à l’intersection afin d’être au bon endroit au bon moment pour ne pas rentrer dans une autre voiture.

Sur le papier, cela parait extrêmement censé, mais il ne le sera pas pour les âmes sensibles. En tout cas pas tant que les passagers n’auront pas entièrement confiance en leur pilote automatique:

Pour que l’idée fonctionne, il faudrait que les routes soient pleines de voitures autonomes et ensuite cela ne serait pas si terrifiant, a révélé le chef du projet, le Professeur Peter Stone.

Il a déclaré ensuite que lorsqu’il a montré cette vidéo aux personnes, il leur a demandé ne de pas s’imaginer avec leurs pieds au-dessus de la pédale de frein ou de leurs mains au-dessus du volant. Mais plutôt d’être sur le siège arrière, avec une vitre teintée, faisant des mots croisés, lisant un journal, parlant avec leur famille ou n’importe quelle autre chose. Une fois que la conduite ne demandera plus l’intervention humaine et que les personnes prendront confiance en leur pilote automatique, ils s’habitueront aussi à l’idée que les voitures puissent traverser les intersections sans leur aide.

Cela dit, il a souligné que la conduite présente et présentera probablement toujours des risques et des avantages, mais il a prédit qu’avec l’aide de l’AIM, « l’efficacité obtenue sera si importante qu’elle  compensera la perception des risques ».

Serait-il beaucoup plus rapide de caréner les voitures pour passer aux carrefours plutôt que de s’arrêter soigneusement à chaque fois? En analysant les données de l’AIM lors d’une circulation dense sur une route principale, les chercheurs ont conclu que cela réduirait le temps d’attente de 100 fois. Toutefois, ces résultats ne sont valables qu’aux intersections et non sur le temps de conduite totale.

Non seulement il promet d’éliminer le temps d’attente au feu, mais réduira aussi l’utilisation du carburant ainsi que les émissions de CO2. Peter Stone a déclaré que la haute consommation de carburant et d’émission de particules est causée par les accélérations intempestives et que leur système permettrait aux voitures d’avoir une vitesse bien plus constante, ajoutant que les économies pourraient être « assez significative ».

Même, avec un système compliqué comme l’AIM, les intersections seront bien plus sûres qu’elles ne le sont aujourd’hui déclare le Professeur Stone, soulignant qu’un tiers des accidents de la route s’y produisent.

Transmission de données aux intersections à la voiture
« Les intersections sont déjà très dangereuses. Lorsque l’ordinateur de bord conduira à notre place, même s’il y a énormément de voitures qui traversent sans s’arrêter, cela sera bien plus sûr qu’aujourd’hui » – Professeur Stone

En sommes-nous déjà là?

Les ordinateurs ne conduisent pas nos voitures pour le moment et ne le pourront pas avant un bon moment, mais il existe des projets de voitures connectés qui prétendent déjà à faciliter le flux de circulation.

TomTom collecte des pans de données relatives au trafic de ses dispositifs GPS, mais aussi utilise les données anonymes d’applications tierces de navigation y compris les applications natives de navigation des smartphones. « Nous avons des accords avec un certain nombre de fabricants de smartphones, donc ils nous fournissent des données GPS en temps réel peut importe ou se trouve leur smartphone« , déclare Nick Cohn, expert en circulation chez TomTom.

Il recueille également des données provenant des unités télématiques installées dans des parcs de voitures ainsi que dans les tableaux de bord, donnant à TomTom une vue d’ensemble compréhensive du flux de la circulation. Les informations ainsi obtenues en quasi-temps réel sont partagées avec les clients y compris avec les autorités qui l’utilisent pour organiser la gestion du trafic ainsi que celle des utilisateurs.

« La plupart ont des données caméra qui ne couvrent pas l’ensemble du réseau routier, alors ils utilisent les nôtres en supplément afin de décider s’ils doivent ou non passer à un régime différent des feux de circulation, » signale Cohn.

Quand un automobiliste rencontre une parcelle d’embouteillage (une zone rouge sur le smartphone ou sur le système de navigation SatNav) cela peut être dû aux données collectées, agrégées et distribuées entre et depuis les voitures connectées dans les semaines ou mois passés. Avant l’omniprésence de la connectivité, Nick Cohn à révélé que le temps de voyage calculé par TomTom était très différent que celui donné par les administrations routières comme AA. Depuis que  le traitement des données s’améliore, la suggestion d’itinéraire recommandé est devenue plus précise.

Alors que les voitures deviennent de plus en plus connectées, qu’elles proviennent de SatNav ou simplement de notre smartphone, de meilleures données entrantes signifieraient des données plus précises sur la route.

Andy Stanford-Clark, éminent ingénieur de l’équipe en charge de l’IoT chez IBM à souligné qu’ils peuvent désormais récoltés toutes sortes de données, plus seulement celles des GPS intégrés aux voitures ou du timing des feux tricolores, mais aussi celles provenant des capteurs de qualité d’air ou d’images de caméras.

« En soit, chacune de ces données à une faible valeur, mais combinées ensemble dans la plateforme de traitement du Cloud de l’IoT, nous pouvons leur donner du sens et des analyses décisionnelles, » déclare-t-il. « Elles pourraient aider à faire passer les feux au vert plus rapidement ou envoyer des messages à la voiture ou encore alerter SatNav dans la voiture pour indiquer au conducteur de prendre un autre itinéraire« .

Cela semble n’être qu’un petit changement en soit, mais il faut prendre en considération l’évolution qui s’est opérée dans la sphère digitale. Les autoroutes anglaises prévenaient habituellement qu’il y a des « embouteillages » à un certain endroit. Depuis, elles informent les conducteurs qu’il y aura 17 minutes d’attente à leur embranchement, souligne Giles Perkins, directeur commercial pour le transport intelligent à Mouchel, qui dirige le service d’information de la circulation.

 

Des voitures dignes de films de science-fiction
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Des conséquences imprévisibles

Bien que les données relatives à la circulation permettent de voir les flux en temps réels et que les feux tricolores fonctionnent par algorithmes de manière autonome, il est toujours impossible pour les ingénieurs de trouver un moyen de les faire passer au vert quand on le désire.

[blockquote style= »2″]« Il est facile de changer les feux de circulation » « Mais… vous obtiendrez alors une interconnexion désastreuse qui engendreront des conséquences imprévisibles ». Votre itinéraire principal dans une ville peut être clair, cependant chaque route qui l’alimente serait alors engorgée. « Ce n’est pas une chose aisée à faire ». – Andy Stanford-Clark[/blockquote]

Ceci soulève alors une question: Quel est le véritable but de ce projet de « feux connectés »? Nick Cohn ne pense pas que la raison principale est de transformer les routes en pistes de course, mais serait plutôt de mettre à disposition des applications de sécurité. Toutefois, elles auront aussi un impact sur l’optimisation du temps, mais elles se focaliseront principalement sur la sécurité des automobilistes.

À son tour, Andy Stanford-Clark déclare qu’il existe évidement d’autres possibilités hormis ces deux-là comme la réduction du temps des embouteillages, des émissions de gaz, améliorer les transports publics ou améliorer la sécurité sur la route et même d’autres objectifs auxquels ils n’ont pas encore pensé. Il ajoute même qu’il y a tout un tas d’optimisations à effectuer qui ne sont pas forcément celles auxquelles vous penseriez à première vue.

La meilleure façon d’y parvenir ne se fera pas à l’aide des feux de circulation intelligents, mais en envoyant des messages au conducteur en lui donnant seulement les informations essentielles pour qu’il puisse réagir et changer son itinéraire au besoin.
« Il est probablement plus facile de changer les habitudes des conducteurs plutôt que les feux de circulation« . En tout cas jusqu’au jour où les ordinateurs prendront le volant.

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