Le ENGWE E26 3.0 Pro adopte un format eSUV tout-suspendu très confortable. Il roule très bien en ville comme en pleine nature.
En tant que journaliste tech travaillant en télétravail depuis chez moi, à Persan, mon besoin de mobilité est paradoxalement vital. Passer mes journées derrière un écran m’impose de m’aérer l’esprit dès que possible. Le week-end, j’ai juste besoin de m’échapper en pleine nature pour décompresser de la semaine. Mais la mobilité, c’est aussi le quotidien. Une séance de cinéma improvisée à quelques kilomètres de chez moi ne justifie plus, à mes yeux, de sortir la voiture du garage. C’est pour concilier ces deux envies — m’aérer au vert et me déplacer facilement autour de chez moi — que j’ai fini par opter pour le vélo électrique. Ayant déjà aligné les kilomètres avec la version précédente, j’attendais le ENGWE E26 3.0 Pro au tournant.
Le E26 standard assumait son côté Fat Bike, taillé pour le fun et le hors-piste. Cette nouvelle déclinaison change nettement de registre. Après un mois à la pousser dans la boue le week-end et sur le bitume en semaine, vous sentez tout de suite que la marque a revu sa copie. La version 3.0 Pro se positionne clairement comme un eSUV. Sur le papier, c’est un engin pensé aussi bien pour encaisser les sous-bois que pour enchaîner les trajets du quotidien. Reste à savoir si ce grand écart se traduit par un vrai plaisir de conduite jour après jour.
La fiche technique du ENGWE E26 3.0 Pro
- Batterie et autonomie : batterie amovible 48 V / 15 Ah (720 Wh), autonomie maximale annoncée jusqu’à 135 km (en mode d’assistance minimale), recharge complète en 4 à 6 heures
- Freinage et sécurité : freins à disque hydrauliques, feux avant et arrière LED avec signal de freinage (feu stop)
- Pneumatiques et suspensions : pneus de 26 × 3,0 pouces ; tout-suspendu (fourche télescopique avant de 80 mm et amortisseur arrière pneumatique)
- Motorisation et transmission : moteur central Mivice de 250 W (couple puissant de 100 Nm, conforme aux normes UE à 25 km/h) avec capteur de couple, dérailleur Shimano 8 vitesses
- Équipements et connectivité : écran LCD avec guidage GPS, module IoT intégré (antivol GPS, connectivité 4G et Bluetooth), porte-bagages arrière (supportant jusqu’à 25 kg) et béquille
- Gabarit et capacités : poids total de 34 kg, charge maximale admise de 150 kg, conçu pour les cyclistes mesurant entre 1,63 m et 1,93 m

Un cadre toujours rigide, mais plus ergonomique
Quand je vais au cinéma ou à la boulangerie, je roule souvent en jean ou en tenue de ville. La géométrie du cadre a son importance pour ne pas arriver froissé ou en sueur. La précédente génération proposait deux versions de cadre : step-over (cadre haut) avec barre centrale rigide ou step-through (cadre bas). Le constructeur a opté pour le cadre bas pour ce nouveau modèle. Ce cadre bas rend le vélo beaucoup plus simple à enfourcher avec des vêtements de tous les jours. Il garde un bon équilibre entre confort et rigidité. J’ai noté une posture de conduite légèrement redressée. Le dos est moins courbé pour soulager les lombaires sur les trajets.
L’arrière du cadre est entièrement redessiné avec un système d’articulation à 4 biellettes métalliques et un amortisseur pneumatique. Ce dernier s’incorpore bien sous le tube de selle. Le visuel arrière fait beaucoup plus « VTT tout-suspendu high-tech ». La roue arrière est libérée du moteur moyeu. En contrepartie, ENGWE a placé le boîtier compact du moteur central Mivice, en bas du cadre, au niveau du pédalier. Ce changement apporte une silhouette plus équilibrée et abaisse le centre de gravité.
Des pneus moins à l’aise sur certains terrains
ENGWE a réduit la taille des pneus à trois pouces pour passer du Fat Bike au eSUV. La marque a cherché à rendre les pneus plus polyvalents, aussi à l’aise sur le bitume que sur les chemins abîmés. Leur large volume d’air absorbe très bien les irrégularités de la chaussée. Ils offrent une très bonne empreinte au sol et un grip sécurisant, bien aidés par le moteur. J’ai eu des escapades dominicales assez plaisantes sur les sentiers accidentés de Persan. Même sur les pistes humides ou de l’herbe, la largeur reste suffisante pour maintenir une très bonne stabilité sans déraper.
Pour rappel, la précédente génération avait des pneus de quatre pouces. Ces pneumatiques permettaient de dégonfler fortement et de flotter littéralement sur du sable mou ou de la neige fraîche. Avec des roues moins larges, le ENGWE E26 3.0 Pro peinent sur des sols très meubles. Un ami travaille dans le bâtiment. J’ai donc pu tester le vélo sur un banc de sable, sur l’un de ses chantiers. Les pneus s’enfoncent, rendant le pédalage éprouvant malgré l’assistance du moteur.
Ce que la nouvelle motorisation apporte sur le terrain
Passer d’un moteur moyeu arrière sur l’ancien E26 à un moteur central Mivice sur ce ENGWE E26 3.0 Pro, c’est le jour et la nuit à l’usage. Sur l’ancienne version, l’assistance fonctionne de façon trop binaire. Elle se déclenche avec retard, puis délivre une poussée brutale. Le capteur de couple monté sur le pédalier réagit à la moindre pression du pied avec son successeur. L’assistance s’active de manière fluide, sans cet à-coup désagréable en relance urbaine.
Pour mes trajets quotidiens à Persan, notamment pour aborder les quelques côtes raides de la région, la différence se remarque. Le moteur accompagne le passage des vitesses sans à-coups ni rupture de rythme. En côte, l’ancien modèle oblige à anticiper l’effort. Si la vitesse chute, son moteur peine rapidement. Le bloc Mivice de la version 3.0 Pro ajuste sa puissance à ma cadence de pédalage. Je grimpe sans m’épuiser et surtout sans arriver en nage au cinéma. En contrepartie, les amateurs d’un comportement de mobylette, sans aucun effort, resteront sur leur faim. Ce nouveau modèle demande de donner un peu du sien, mais le comportement au pédalage y gagne nettement en authenticité.
L’application ENGWE est-elle le compagnon idéal ?
L’application ENGWE complète efficacement le E26 3.0 Pro en lui apportant des fonctionnalités connectées. Son installation rapide et sa connexion Bluetooth stable offrent un accès direct à un tableau de bord ergonomique. Celui-ci affiche la vitesse, l’autonomie et le mode d’assistance. Cette appli propose aussi un suivi des trajets, une navigation guidée ainsi que des fonctions de sécurité rassurantes. La localisation GPS et une alarme antivol avec notifications sur votre smartphone. La personnalisation reste limitée. Toutefois, l’interface moderne et intuitive rend les déplacements quotidiens plus agréables.
Verdict
L’ENGWE E26 3.0 Pro réussit sa mutation vers le SUV électrique. Moins à l’aise dans le sable, il gagne nettement en confort sur la route et les sentiers. En pratique, son moteur central apporte une assistance bien plus fluide et réactive qu’auparavant. Au final, c’est l’engin parfait si vous cherchez à laisser la voiture au garage la semaine. Le week-end, il devient une véritable monture d’évasion.
- Partager l'article :