in

Le sang artificiel représente-t-il une alternative viable ?

sang artificiel

En cas d’urgence, les pénuries de sang sont un problème récurrent. La France en a souffert après chaque attentat. Le principal problème repose sur le fait que le sang ne se conserve pas plus d’une quarantaine de jours. C’est pour cela que régulièrement des grandes campagnes sont lancées pour inciter les gens à donner. Mais la science pourrait apporter une solution plus viable à long terme grâce au sang artificiel. Où en est-on en terme de viabilité et d’utilisation sur le public ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? On fait le point avec vous.

La science et la médecine sont compatibles, mieux ils s’entraident. Ce n’est pas une nouveauté. Il suffit de penser au robot chirurgien Star qui lors d’un test en mai dernier s’en est mieux sorti que la plupart des chirurgiens. Mais de la même manière qu’il n’est pas destiné à remplacer les médecins sinon à les aider et compléter, le sang artificiel peut-il remplir cette même fonction ? A l’heure actuelle, on en est encore au stade des expérimentations. Aucun laboratoire n’a pu créer un sang artificiel remplissant les mêmes fonctions que le sang humain. De la lutte contre les infections jusqu’au transport de l’oxygène, ces fonctions essentielles pour notre corps représentent de sérieux défis. Mais les bénéfices, de la disparition des risques de sang contaminé ou des problèmes de compatibilité de groupe sanguin valent la peine de s’y intéresser.

Plusieurs types de sang artificiel

Les néohémocytes

C’est un produit destiné à remplacer le sang naturel. Il a été mis au point par des chercheurs en Californie. Il est à base d’érythrocytes (globules rouges) artificiels.  Son principal avantage est qu’il se conserve plus longtemps, environ six mois mais il est éliminé plus rapidement par les globules rouges naturels.

Le fluosol

Conçu au Japon, il a d’abord été utilisé pour les personnes refusant la transfusion sanguine pour des raisons éthiques ou religieuses. Il ne peut pas se suffire à lui tout seul, il doit agir en complément du sang naturellement produit par le corps humain. Ses particules sont plus petites que les globules rouges, ce qui lui permet de traverser les petits vaisseaux sanguins plus rapidement. Il peut emmagasiner beaucoup d’oxygène, le patient doit donc en inhaler de plus grandes quantités. Mais il a un inconvénient de taille. Il inhibe le système immunitaire, le rendant plus vulnérable à des virus et maladies. Pour cette raison, il est aujourd’hui principalement utilisé pour oxygéner des organes avant une greffe.

sang artificiel, globules rouges

L’hemopure

C’est un produit de remplacement d’origine animale, puisqu’il vient du bœuf. Il contient de l’hémoglobine purifiée, ne contenant pas de membranes autour des globules ce qui permet d’éviter des réactions de rejet. De par son origine même, il ne peut pas être réellement considéré comme du sang artificiel.

A base de cellules souches

Le procédé a été testé en 2011 par le professeur Luc Douay, hématologue à l’hôpital Saint Antoine (Inserm-UPMC). L’idée est d’injecter des globules rouges créés à partir des propres cellules souches hématopoïétiques humaines (CSH) d’un donneur humain. Partant de ces cellules souches, les chercheurs ont réussi à produire en laboratoire des milliards de globules rouges, avec l’aide d’additifs spécifiques appelés «facteurs de croissance». Si le résultat s’est montré convaincant, des progrès technologiques sont encore nécessaires avant de réfléchir à une production  à grande échelle.

Du sang artificiel bientôt viable en Grande-Bretagne ?

C’est sur cette piste que se sont appuyés des médecins britanniques pour développer l’un des projets les plus prometteurs en ce moment.. Les services de santé publique ont mis au point un sang artificiel qui serait impossible à distinguer sang humain. Les scientifiques vont désormais passer de la recherche en laboratoire à des tests sur des volontaires. Ce sang artificiel est cultivé à base de cellules souches et de cordon ombilical. Durant la phase de tests, des petites quantités vont être injectées aux volontaires pour s’assurer que cela ne pose pas de problème.

sang artificiel, transfusion

Toutefois, les médecins ne l’envisagent pas comme étant destiné à remplacer le sang humain. Il s’agit plutôt d’un complément en cas de pénurie de sang artificiel. La principale raison financière. Alors qu’un don ne coûte rien, le développement en laboratoire fait exploser les coûts.

Le champ des possibles est ouvert

Aux Etats-Unis, un projet différent est en cours de développement autour de sang artificiel… en poudre. L’université de Saint-Louis dans le Missouri, veut créer un sang que les ambulanciers pourraient utiliser facilement si une transfusion est nécessaire avant d’arriver à l’hôpital. On en est encore au stade de la recherche pour ce sang artificiel baptisé Erythromer mais les premiers résultats sont concluants. Il a notamment permis de réanimer des rats en état de choc qui avaient perdu environ 40% de leur sang.

L’avenir pourrait aussi être du côté du sang intelligent. On pourrait presque dire que c’est l’étape suivante après le sang artificiel, il est apparu au grand public avec le film de James Bond « Spectre ». Le « sang intelligent » serait en fait de la nanotechnologie (échelle microscopique) se mélangeant au sang normal et ne gênant en aucun cas sa circulation. Certains scientifiques pensent même que ce « sang intelligent » pourrait préserver l’Homme de la maladie et détruire tout virus détectés dans le corps dès son arrivée. 

 Pour l’instant, cela reste encore du domaine de la science-fiction. Mais avec les avancées de la science et de la nano-technologique, qui sait ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.