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Do Not Track, la nouvelle série interactive d’Arte vous dévoile l’envers du tracking sur Internet

Do Not Track

« Souriez, vous êtes traqués ! » C’est le message qui pourrait apparaître sur les sites Internet que vous parcourez chaque jour. En effet, bien que les sites soient désormais obligés de recueillir votre consentement préalable en vue de tracer votre activité sur leurs pages, dans les faits, de nombreuses informations vous échappent chaque jour. C’est sur ce postulat que se base la série documentaire interactive d’Arte : Do Not Track, en 7 épisodes dont les premiers seront lancés le 14 avril 2015.

Non Internet, je ne mangerai pas tes cookies

Depuis le dépôt de l’ordonnance du « paquet télécom », le 24 août 2011, d’après la loi de 2009, nous, internautes, avons eu un petit temps de latence avant de voir fleurir par centaines ces fameux pop-ups nous invitant à accepter l’utilisation des cookies par les sites que nous visitons. Aujourd’hui, c’est si habituel dans le paysage de nos surfs que c’est à peine si on leur accorde un regard de dédain. Malgré tout, ces messages invasifs démontrent un fait simple : partout où nous allons sur Internet, nous sommes suivis à la trace. Au-delà des cookies et des publicités ciblées qu’ils engendrent, vous avez également les sites qui se partagent vos informations de surf, les réseaux sociaux qui permettent de cibler votre profil numérique à partir de vos données personnelles, mais aussi l’énorme quantité de données que votre téléphone mobile récolte.

Dans la série documentaire interactive Do Not Track en 7 épisodes de 7 minutes, vous allez pouvoir jouer le rôle d’un internaute, sur 7 thématiques différentes : le tracking, la pub et les cookies, les réseaux sociaux, les datas que vous confiez à vos mobiles, le big data, l’Internet hyperpersonnalisé et les perspectives du tracking dans le futur. Et la série est interactive, c’est-à-dire que selon les réponses que vous fournirez lorsque vous sera proposé d’entrer les sites sur lesquels vous avez l’habitude de naviguer, en fonction de vos réponses seront générés des arborescences indiquant vers quels sites fuitent votre historique de navigation sur une page web. 

Do Not Track

Les deux premiers épisodes seront diffusés le 14 avril en fin d’après-midi (vous pouvez déjà consulter la bande-annonce en haut de cet article).

Pourquoi en parler sur OBJETCONNECTE.NET ?

L’initiative d’une interaction entre l’internaute « spectateur » et la série documentaire nous a séduits, car finalement, ce que vous demande Arte avec Do Not Track ici, c’est d’accepter d’être trackés pour comprendre à quel point il est grave que vous le soyez. Une mise en abyme qui donnera du grain à moudre à ceux qui pensaient encore que leur vie privée pouvait encore bénéficier d’une quelconque alcôve à l’abri des regards… Nous avons eu l’occasion de visionner les quatre premiers épisodes de la série en avant-première, voici une petite critique « à chaud » de cette série que vous allez très vite pouvoir découvrir.

Ce que nous en avons pensé

Avec la série Do Not Track, vous n’accédez pas simplement à du contenu vidéo, mais à un ensemble de services liés. Un blog avec plus de 700 articles traduits en 4 langues (français, québécois, anglais et allemand), la série interactive et son application de tracking de vos données (Illuminus) avec des algorithmes à vous faire dresser les cheveux sur la tête (saviez-vous qu’une banque pourrait tirer partie de vos « like » Facebook pour savoir si vous avez un profil fiable pour décrocher un crédit ?) et la version mobile.

90 personnes sont inscrites au générique de la série, dans le monde entier, et ont participé au développement de tout l’écosystème autour de la série documentaire. La série a disposé de pas moins de 640 000 euros de budget de financement, grâce à ses coproducteurs (Arte France, Upian, ONF, BR,…) et le CNC dans la catégorie Nouveaux Médias (Aide à l’écriture et aide au financement).

Big Brother

D’après les premiers épisodes vus, soit les quatre premiers, la série se tient sur un fil rouge, celui de l’éternel refrain du « Big Brother is watching you », le fameux personnage inventé par George Orwell. Malgré quelques passages dynamiques et drôles, et des informations utiles sur le tracking, on regrette une mise en scène déjà vue et peu novatrice finalement. Des émissions très bien conçues comme « On est plus des pigeons », sur France 4 explorent déjà très bien le concept de l’usager qui décide de reprendre la main sur ses droits. La mairie de Paris avait publié une plateforme très bien conçue et toujours disponible et plus d’actualité que jamais avec la campagne d’e-reputation « Soyez Net sur le Net ! » qui expose vos statuts Facebook et Twitter sur des panneaux géants pour vous offrir une prise de conscience sur ce que vous postez. Et plus récemment, dans Digital Detox, avec Pierre-Olivier Labbé, on découvrait avec le même genre de garnitures (gifs animés, Lolcats, ambiance 2.0) ce super héros des années 2000 qui décidait de se déconnecter trois mois. 

Campagne Mairie de Paris
La campagne e-reputation de la Mairie de Paris

Nous avons été un peu déçus par la forme de cette série et finalement, son aspect un peu trop « officiel » en moins fun que ce que proposent les officiels (Mairie de Paris). On cherche encore le propos « subversif » et engagé dans un déballage nostalgique autour des publicités ciblées à l’ancienne dans l’épisode 2… Les personnages restent convenus ici, et ressemblent plus à des Apple-Addict en voie de détox qui découvrent le monde affreux de la data. Tant sur la forme que sur le fond, la série ne décolle pas vraiment.

Et comme nous sommes spécialistes des objets connectés, on ne pouvait pas ne pas remarquer l’immense lacune de la série : les objets connectés et leurs milliers de capteurs de datas. Aucune mention faite de ces objets du quotidien qui vont collecter de la data à tout va, de la fréquence de votre assise sur une chaise, à vos moindres faits et gestes…et c’est bien dommage, car plus les technologies avancent et moins l’ordinateur et le mobile sont au centre de la collecte d’informations personnelles. 

Heureusement, l’essentiel de la série n’est pas centré autour des 7 épisodes, vous aurez bien davantage d’actions à réaliser avec tout l’écosystème conçu autour. Venez nous dire ce que vous en avez pensé !

Pour en savoir plus, vous pouvez lire les précisions autour de la loi sur le site de la CNIL.
« Do Not Track, une série documentaire interactive sur le tracking et l’économie du web », réalisée par Brett Gaylor, Vincent Glad, Zineb Dryef, Richard Gutjahr, Sandra Rodriguez et Virginie Raisson. Coproduction : Arte France, Upian, ONF, BR (2015 / 7x7mn).
Pour accéder à la série interactive Do Not Track : cliquez-ici.