La voiture la plus vendue d’Amérique, la Ford Focus, a disparu des catalogues européens, et la Mustang à moteur V8 pourrait vivre ses dernières années. Ford, en pleine transition électrique, fait le grand ménage dans sa gamme historique et ses best sellers.
Mais est-ce un pari visionnaire ou une erreur stratégique qui va braquer les fans les plus fidèles ? Face aux critiques, la marque à l’ovale bleue ne reste pas muette et sort l’artillerie lourde pour justifier ses choix radicaux. Sa réplique, entre ambitions écologiques et réalité du marché, vaut le détour.
Ford a-t-il vraiment commis une erreur monumentale en tuant ses berlines ?
Ford, qui avait juré de ne plus vendre que des SUV et des pick-ups, avoue aujourd’hui une erreur stratégique de taille. Le constructeur américain envisagerait de ressusciter ses berlines après avoir réalisé qu’abandonner ce marché laissait le champ libre à des concurrents comme Toyota et Honda. Un revirement surprenant qui sonne comme un aveu d’échec pour l’Ovale Bleu, longtemps champion des modèles familiaux.
Pourquoi Ford a-t-il vraiment abandonné la Fusion et la Fiesta ?
Habituellement, lorsqu’un constructeur retire un modèle, c’est la faute du client qui « a changé ses habitudes ». Cette fois, le PDG Jim Farley a brisé l’omerta. Il a expliqué que l’abandon de la Fusion, de la Taurus, de la Fiesta et de la Focus n’était pas dû à un désamour des clients, mais à une incapacité de Ford à générer des profits sur ce segment. Il reconnaît que le marché de la berline est « très vivant », mais avoue que son entreprise a perdu la main sur la rentabilité des véhicules d’entrée et de milieu de gamme. Résultat : dans les concessions, si vous ne voulez pas d’un SUV ou d’un pick-up, il ne reste que la Mustang.
Toyota et Honda ont-ils profité de la défection de Ford ?
Pendant que Ford se retirait, ses concurrents se frottaient les mains. Les chiffres de 2025 sont sans appel : rien qu’aux États-Unis, Toyota a écoulé plus de 316 000 Camry et plus de 248 000 Corolla. Ces centaines de milliers d’acheteurs sont autant de clients que Ford n’a pas su retenir, faute de proposition en dessous de 40 000 ou 50 000 dollars. La défection a été massive, prouvant que la demande pour une voiture abordable et familiale était toujours bien présente.
Comment Ford compte-t-il réinventer la voiture populaire ?
Après avoir fermé la porte, Jim Farley l’entrouvre aujourd’hui. « Nous pourrions trouver un moyen de le faire », a-t-il déclaré. Face à l’explosion du prix des véhicules neufs, Bill Ford, le président exécutif, insiste sur la nécessité de concevoir des véhicules « fondamentalement moins chers » en repensant toute l’ingénierie pour réduire les coûts. La piste la plus excitante des rumeurs ? L’arrivée d’une Mustang à quatre portes, souvent surnommée « Mach 4 ». L’idée serait d’utiliser l’image iconique de la Mustang pour vendre une berline sportive et familiale.
Cependant, la route sera longue. Il ne suffit pas de claquer des doigts pour revenir dans un segment abandonné depuis cinq ans. Les acheteurs sont partis chez la concurrence et ont découvert des produits fiables et économiques. Pour les faire revenir, Ford devra proposer bien plus qu’une simple Mustang rallongée : il faudra un produit au rapport qualité-prix imbattable, qui prouve que la marque a vraiment réappris à fabriquer des voitures pour tout le monde. Le défi est lancé.
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