L’alliance inattendue du siècle ? Le légendaire constructeur britannique Chery (à ne pas confondre avec le chinois Chery) pourrait bien se lancer dans la production de SUV… sous licence chinoise. Une stratégie surprenante qui mêle patrimoine automobile et réalités économiques modernes.
Notre article explore ce partenariat potentiel, ses implications pour l’image de la marque et ce que cela signifie pour l’avenir de l’industrie auto en Europe. Le lion britannique va-t-il rugir avec un moteur made in China ?
Une marque de luxe britannique va-t-elle fabriquer des voitures chinoises ?
L’industrie automobile britannique pourrait vivre une alliance pour le moins inattendue. Selon des rumeurs persistantes relayées par The Guardian, Jaguar Land Rover (JLR) serait en pourparlers avancés avec le géant chinois Chery. L’objectif ? Produire les véhicules électriques de Chery dans les usines du constructeur au blason prestigieux. Une collaboration qui, si elle se concrétise, marquerait un tournant stratégique majeur pour les deux groupes.
Pourquoi Chery plante-t-il son drapeau à Liverpool ?
Chery ne fait pas les choses à moitié. Le constructeur chinois a officiellement confirmé son implantation européenne en choisissant Liverpool, en Angleterre. Il va y installer son nouveau siège régional. Ce site ne sera pas qu’une simple vitrine commerciale. Il abritera des fonctions de recherche, d’ingénierie, de vente, et un important centre de R&D dédié aux véhicules utilitaires. Une déclaration d’intention forte qui montre que Chery voit le Royaume-Uni comme une plaque tournante pour conquérir le marché européen. C’est à l’instar de son compatriote BYD qui a choisi la Hongrie.
Une usine chinoise dans une usine britannique, est-ce bien sérieux ?
Les projets de Chery iraient même au-delà d’un simple siège social. Le constructeur envisagerait également d’implanter une usine de production au Royaume-Uni. Mais la rumeur la plus surprenante concerne un projet soutenu par le gouvernement britannique : permettre à JLR de fabriquer les voitures de Chery sous son propre toit. Le nouveau directeur général de JLR, PB Balaji, ancien cadre de Tata Motors (la maison mère indienne de JLR), se serait dit ouvert à cette option… à condition qu’elle soit bénéfique pour l’entreprise britannique. Aucun accord ferme n’a encore été signé, mais les discussions semblent bien engagées.
Quel intérêt pour Jaguar Land Rover ?
La logique est avant tout industrielle. Un partenariat avec Chery permettrait à JLR d’utiliser les capacités excédentaires de son usine de Halewood, située… dans le Merseyside, la région de Liverpool. Cette usine, qui produit les Land Rover Discovery Sport et Range Rover Evoque, a connu des heures difficiles. Alors qu’elle produisait plus de 200 000 véhicules en 2017, sa production a chuté en 2025, en partie à cause d’une cyberattaque majeure l’été dernier. Ouvrir ses lignes de montage à Chery serait un moyen intelligent de rentabiliser l’outil industriel et de sécuriser des emplois.
Quels modèles rouleraient « Made in Britain » ?
Si l’accord se conclut, les SUV électriques des marques du groupe Chery – notamment Omoda et Jaecoo, ainsi que les modèles de la marque-mère Chery – pourraient être produits à Halewood à destination des clients européens. Cela donnerait à Chery une légitimité « fabriqué en Europe ». C’est précieux pour séduire le marché, tandis que JLR injecterait un flux financier bienvenu dans son usine. Liverpool, déjà un pôle automobile historique avec des installations de Ford et Stellantis, renforcerait ainsi sa position de hub industriel stratégique. Une alliance d’un nouveau genre est en train de s’esquisser sur les rives de la Mersey.
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