Des quais de Seine aux pistes africaines, Citroën a toujours roulé autrement. La marque aux chevrons a donné naissance à des véhicules emblématiques qui ont marqué leur époque par leur audace technique et leur style singulier.
De la légendaire Traction à la révolutionnaire DS, en passant par l’increvable 2CV et la pétillante Méhari, chaque modèle raconte une histoire. Nous avons sélectionné dix voitures qui incarnent le mieux l’esprit d’innovation et la créativité débridée de Citroën. Voici ces automobiles qui continuent de faire battre le cœur des passionnés.
La Citroën 2CV, le fleuron de la marque
Lancée en 1948 pour motoriser les campagnes, la Citroën 2CV mise sur une suspension à grand débattement capable d’absorber les pires ornières. Ses rôles au cinéma et sa production record jusqu’en 1990 en font une icône de liberté, renforcée par le toit ouvrant en toile. Son entretien reste enfantin, mais le moteur anémique et l’absence de chauffage pénalisent le confort. Aujourd’hui, une 2CV saine coûte entre 8 000 et 14 000 € en France, une Charleston restaurée dépassant 25 000 €.
La Traction Avant, la version luxe de la 2CV
Apparue en 1934, la Traction Avant révolutionne l’automobile avec sa monocoque tout acier et ses roues motrices à l’avant. Adoptée par les gangsters puis la Résistance pour sa tenue de route, elle reste produite jusqu’en 1957. Sa direction précise et son habitabilité séduisent, mais la corrosion et une boîte rétive exigent vigilance. En 2026, une 11 BL en bel état demande 20 000 €, un cabriolet d’usine dépassant les 50 000 €.
La DS, voiture des présidents de France
la Citroën DS éblouit avec sa suspension hydropneumatique et son design futuriste. Devenue voiture présidentielle après l’attentat du Petit-Clamart, elle incarne le luxe français pendant vingt ans. Le confort ouaté et la tenue de route rassurent, mais l’entretien du circuit hydraulique reste exigeant et la corrosion guette les longerons.
En 2026, une DS 20 ou 21 en bon état se vend entre 25 000 et 40 000 € en France, une DS 23 Pallas Injection électronique bien suivie pouvant dépasser 55 000 €, les cabriolets d’usine franchissant les 200 000 €.
La Citroën Ami 6, une petite citadine au look original
Lancée en 1961, l’Ami 6 ose un style décalé dû à Bertoni, avec sa célèbre lunette arrière inversée. Elle séduit les familles grâce à ses quatre portes, son vaste coffre et sa suspension moelleuse. Le bicylindre se montre frugal mais poussif, tandis que la direction non assistée fatigue en ville. La corrosion attaque les points de structure. Aujourd’hui, une Ami 6 restaurée s’échange entre 8 000 et 15 000 € en France, les breaks et les rares berlines luxe atteignant 18 000 €, tandis qu’un modèle sain mais à rafraîchir se trouve autour de 5 000 €.
La BX, une Citroën pas comme les autres
Dévoilée en 1982, la BX associe une carrosserie anguleuse signée Bertone à la suspension hydropneumatique. Cette familiale innovante conquiert rapidement les flottes. Son succès commercial repose sur un rapport prix/habitabilité imbattable et des moteurs diesel sobres. Les commandes satellites surprennent, mais les plastiques fragiles et les soucis électriques ternissent l’expérience. La rouille s’installe aux passages de roue. De nos jours, la BX est une youngtimer recherchée. En France, une BX 19 GTI se négocie autour de 8 000 à 12 000 €, un break diesel propre dès 4 000 €, et une rare 4TC ou Digit dépassant les 20 000 €.
La mythique Méhari
Dévoilée en 1968, la Méhari est une Citroën 2CV en habit de plage, coque en ABS coloré et châssis surélevé. Elle devient le symbole de la liberté estivale, popularisée par l’armée, les loueurs de bord de mer et la saga des Gendarmes de St Tropez avec Louis de Funès. Cette auto troque la tôle contre une coque en ABS coloré sur base de 2CV. L’armée, les loueurs de plage et le petit écran en font un symbole estival. Son poids plume et sa résistance à la rouille facilitent l’entretien, mais l’absence d’étanchéité et le chauffage quasi nul refroidissent les ardeurs.
En 2026, sa cote s’est envolée : une Méhari saine en France démarre à 15 000 €, un exemplaire en parfait état avec son hard-top tutoie 25 000 €, et les séries limitées comme l’Azur ou l’Éden peuvent dépasser 30 000 €, surtout en teinte rare.
La GS, une auto qui est presque passé inaperçue
Présentée en 1970, la GS remporte le titre de Voiture de l’Année 1971 avec sa ligne profilée et son flat-four refroidi par air. Elle séduit rapidement les classes moyennes. Sa suspension hydropneumatique procure un confort feutré très apprécié des familles. Le moteur se montre doux mais sensible à la surchauffe, et les bas de caisse rouillent.
Aujourd’hui, côté prix, en 2026 une GS bien entretenue se déniche entre 5 000 et 10 000 € en France. Les versions GSpécial, Birotor rarissime ou break atteignent 15 000 €, tandis qu’un cabriolet GS réalisé par le carrossier Chapron peut dépasser les 20 000 €.
La Type H, le vieux fourgeon des campagnes
Lancé en 1947, le Type H reprend la base de la Traction avec une carrosserie en tôle ondulée et un plancher plat. Il incarne l’utilitaire français pendant plus de trente ans. Forains, artisans et administrations l’adoptent pour son volume géant et sa modularité sans égale. L’habitacle reste assourdissant et le moteur anémique, mais l’entretien se révèle très simple. La corrosion attaque néanmoins la structure.
En 2026, la folie food truck a fait flamber les prix. Un Type H carrossé et roulant en France s’affiche rarement sous 15 000 €, un food truck opérationnel se monnaye 30 000 à 50 000 €, et une version courte parfaitement restaurée peut dépasser 60 000 €.
La Citroën Xsara
Par la suite, la Citroën Xsara, berline compacte fabriquée de 1997 à 2006, s’est déclinée en versions trois et cinq portes ainsi qu’en break. Ce modèle se distingue avant tout par un confort de suspension remarquable et une habitabilité généreuse qui séduisent encore aujourd’hui. Pour dénicher la mécanique la plus robuste, il faut se tourner vers l’emblématique moteur diesel 2.0 HDi de 90 ou 110 chevaux.
Les conducteurs préférant l’essence opteront pour le fiable 1.6 16v de 110 chevaux. Tandis que les sportifs apprécieront la finition VTS et ses 167 chevaux. Très accessible en seconde main, les berlines essence en état correct s’échangent généralement entre 1 500 et 3 000 €, selon le kilométrage et l’entretien. Sa faible consommation est un atout majeur, tout comme son comportement routier sécurisant. Toutefois, il convient de vérifier l’état des plastiques intérieurs.
La Citroën C15
Enfin, la Citroën C15, utilitaire léger dérivé de la Visa, a marqué par sa robustesse légendaire de 1984 à 2005. Ce fourgon au chargement carré et spacieux offre une charge utile de 600 kilos et a une suspension très souple. Sa réputation repose avant tout sur ses moteurs diesel 1.8 et 1.9 litres de 60 chevaux, de véritables blocs increvables d’une sobriété exemplaire.
Aujourd’hui, ce modèle a dépassé son statut de simple outil de travail pour devenir un phénomène culturel. Particulièrement prisé en milieu rural, il séduit aussi les jeunes et les collectionneurs grâce à sa mécanique simple et économique à réparer. Le C15, finalement remplacé par le Berlingo, voit sa cote grimper sur le marché de l’occasion. Les exemplaires en bon état se négocient désormais entre 1 200 et 4 500 €, preuve de son statut de véhicule culte.
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