Certaines voitures jouent les séductrices en arborant une carrosserie de super-héros… pour cacher des performances lentes de véhicule standard. Sous leurs airs de foudre de guerre se dissimule bien souvent une accélération poussive qui transformerait un feu vert en moment de méditation.
Préparez-vous à un face-à-face impitoyable entre le look et le livret technique, où les promesses affolantes de la carrosserie se heurtent à la froide réalité du chronomètre. Bienvenue dans le monde des bolides… à retardement.
Pontiac Fiero une étoile filante… au ralenti
Avec ses allures de vraie sportive, la Pontiac Fiero avait tout pour séduire. Sa carrosserie anguleuse et son moteur monté en position centrale évoquaient même la Toyota MR2. Mais sous ce capot prometteur battait un cœur peu vaillant : un quatre cylindres de 2,5 litres qui peinait à aligner 92 chevaux. Résultat, il lui fallait 11,3 longues secondes pour atteindre les 100 km/h, et son compteur s’essoufflait à 170 km/h. Malgré l’arrivée tardive d’un V6, la Fiero reste dans les mémoires comme un beau rêve américain… qui a manqué de puissance.
Mustang King Cobra II : le dernier soupir d’un géant
Dans le paysage morose de 1978, la Ford Mustang King Cobra II tentait de ranimer la flamme des muscle cars. Avec son capot bombé et sa calandre agressive, elle avait le look. Son V8 de 5.0 litres avait la voix. Mais la réalité était moins glorieuse : à peine 141 chevaux lui permettaient de passer de 0 à 100 km/h en 11 secondes, une performance poussive comparée aux monstres des années 60. Avec une vitesse de pointe plafonnée à 167 km/h, cette Mustang symbolisait la fin d’une ère, étouffée par la crise pétrolière et les nouvelles normes antipollution.
Ferrari Mondial 8 : la cavalline qui manquait de souffle

Présentée avec faste au Salon de Genève de 1980, la Ferrari Mondial 8 se voulait la Ferrari de tous, une GT 2+2 spacieuse et performante. Hélas, son V8 de 2,9 litres, bien que « hautement performant » selon le constructeur, ne développait que 214 chevaux, soit moins que la 308 GT4 qu’elle remplaçait. Il lui fallait 9,3 secondes pour franchir le cap des 100 km/h, une lenteur peu digne du cheval cabré. Aujourd’hui, la Mondial 8 traîne encore cette réputation de Ferrari qui avait oublié d’être fulgurante.
DeLorean DMC-12 : la machine à voyager dans le temps… en prend le temps
Immortalisée par « Retour vers le Futur », la DeLorean est une icône du cinéma. Dans la réalité, ses portes papillon et son carrosserie en aluminium brossé cachaient une bien triste mécanique. Son V6 de 2,85 litres, emprunté à des berlines familiales, ne produisait que 130 chevaux. Pour propulser ses près de 1 300 kg, il lui fallait 8,3 secondes pour atteindre les 100 km/h, bien loin des exploits spatio-temporels du film. En prime, des problèmes de qualité de construction et des rappels au garage ont achevé de ternir sa réputation.
Corvette C3 1982 : l’adieu en douceur
La troisième génération de Corvette, au style « Mako Shark » si expressif, a connu une vie tumultueuse. Alors qu’elle fut l’une des plus rapides de son âge d’or, elle s’est assagie avec le temps. En 1982, son V8 de 5,7 litres, asphyxié par les normes, ne délivrait plus que 200 chevaux. Il lui fallait 7,8 secondes pour le 0 à 100 km/h, un temps plus que modeste pour une sportive à la silhouette aussi racée. Cette version finale marquait la fin d’une ère, avant le renouveau radical de la Corvette C4.
Mazda RX-8 2004 : l’héritière déçue du moteur rotatif
Succédant à l’iconique RX-7, la Mazda RX-8 avait une lourde tâche. Plus grosse et moins élégante, elle partageait pourtant avec son aînée un moteur rotatif Wankel. Mais le bloc Renesis de ses premières années, d’une cylindrée équivalente à 1,3 litre, était bien sage, avec moins de 200 chevaux. Résultat : un 0 à 100 km/h en 7,2 secondes, une performance décevante pour une sportive affichant un tel pedigree. La RX-8 a bien tenté de se rattraper avec des versions plus puissantes, mais le mal était fait.
Plymouth Prowler 1997 : le rod custom manqué
La Plymouth Prowler a créé la surprise à la fin des années 90 avec son design rétro inspiré des hot-rods. Mais son look unique était gâché par un pare-chocs avant imposant, dicté par la réglementation. Pire, sa mécanique était à l’opposé de son esprit rebelle : un V6 de 3,5 litres, emprunté à des berlines, et une boîte automatique à seulement quatre rapports. Avec 214 chevaux, il lui fallait 7,2 secondes pour le 0 à 100 km/h. Une accélération « glaciaire » pour une voiture qui promettait tant de sensations.
Hyundai Veloster Turbo 2013 : la fausse chaudière
Avec son design asymétrique et ses prétentions sportives, la Hyundai Veloster Turbo se rêvait en hot-hatch. Sa version turbocompressée développait 201 chevaux, bien plus que les 138 chevaux de la version standard. Pourtant, son poids avoisinant les 1 400 kg la handicapait lourdement. Elle mettait 7,1 secondes à atteindre les 100 km/h, une performance très modérée pour une « sportive » qui affichait clairement ses ambitions. Il faudra attendre la bien plus vaillante Veloster N pour que Hyundai tienne enfin ses promesses.
Fisker Karma 2012 : le poids des chiffres
La Fisker Karma était une pionnière, une berline hybride au design musclé et aux proportions superbes, présentée en 2008. Sa mécanique associe un quatre cylindres turbo et deux moteurs électriques pour une puissance combinée de 403 chevaux et un couple colossal de 960 Nm. Malgré cela, elle peinait à passer de 0 à 100 km/h en moins de 6,3 secondes. Le coupable ? Son poids monstrueux de 2 400 kg, une masse bien trop importante que toute la technologie embarquée ne parvenait pas à animer avec vivacité.
Subaru BRZ 2013 : la leçon de conduite
Née d’une collaboration entre Subaru et Toyota, la BRZ (ou Toyota 86) était conçue comme une sportive pure : légère, propulsion et au centre de gravité bas. Son moteur boxer quatre cylindres de 2,0 litres atmosphérique n’offrait pourtant que 200 chevaux. En ligne droite, elle affichait une modestie certaine, avec un 0 à 100 km/h en 6,2 secondes. Mais c’était là le prix à payer pour son agilité exceptionnelle. La BRZ nous rappelait avec brio que le plaisir de conduire ne se résume pas à une simple feuille de performance.
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