Grande nouvelle, c’est aux gars qui ont transformé une piscine en arme de destruction massive qu’on confie la réalisation du film Metal Gear Solid ? Le choix paraît plus tordu qu’un scénario de Kojima après trois sakés. Mais arrêtons-nous deux secondes.
Destination Finale, c’est l’art de la tension palpable, du moindre détail du décor qui hurle « tu vas mourir d’une manière absurde ». Pour un jeu où se cacher dans un carton est un art de vivre et où chaque caméra de surveillance annonce un game over, cette paranoïa ludique, c’est de l’or en barre. Alors, accident industriel ou coup de génie ? Suspense insoutenable… un peu comme un micro-ondes qui fait bip à côté d’un flingue.
20 ans d’attente, c’est long mais le projet est en cours
Il est des projets de films dont on finit par se demander s’ils n’existent pas uniquement dans une timeline parallèle où Hideo Kojima serait président du monde. L’adaptation cinématographique de Metal Gear Solid traîne dans les cartons d’Hollywood depuis deux bonnes décennies. Le temps de voir naître trois consoles PlayStation, de regarder Snake prendre sa retraite puis revenir, de le voir même se battre contre Mario dans Super Smash Bros. Brawl et Ultimate. Et pourtant, le bonhomme n’a toujours pas posé son bandana sur un tapis rouge de cinéma. Jusqu’à aujourd’hui, peut-être.
Les réalisateurs de Destination Finale à la tête du film Metal Gear Solid
La nouvelle est tombée par l’entremise du toujours très sérieux Hollywood Reporter : Zach Lipovsky et Adam B. Stein, le duo de réalisateurs derrière Destination Final Bloodlines, viennent de signer un accord avec Sony Pictures. Ce contrat inclut la création de leur propre bannière de production baptisée WonderLab, et la réalisation du film de Metal Gear Solid.
Autant dire que le projet ne manque pas de pedigree. Sanford Panitch, président du Motion Picture Group chez Sony, n’a pas tari d’éloges à leur sujet. Ce sont des « conteurs palpitants, maîtres du visuel et du suspense, et deux des réalisateurs/producteurs les plus impressionnants du moment ».
Quand on sait que leur emploi du temps est déjà très chargé, on se dit que ces deux-là doivent avoir un stock de rations militaires planqué sous leur bureau. Ils planchent aussi sur Gremlins 3, un long-métrage animé Venom. Il y a aussi l’adaptation du roman de SF The Traveler de Joseph Eckert et un projet original intitulé Long Lost pour Amblin et Universal
Les promesses d’une nouvelle maison de production
L’enthousiasme est d’ailleurs réciproque. Lipovsky et Stein ont déclaré dans un communiqué commun être « honorés de s’associer à l’incroyable équipe de direction de Sony ». Ils disent avoir été « époustouflés par le niveau de créativité, de réflexion et de passion ». Ils partagent leur ambition de créer des « films événements théâtraux qui divertissent le monde ». C’est un discours de circonstance, certes, mais qui a le mérite de remettre la machine Metal Gear en route.
Oscar Isaac saura-t-il devenir Solid Snake ?
Le projet était déjà passé entre les mains de Jordan Vogt-Roberts. C’est le réalisateur de Kong: Skull Island. Et surtout, il avait réussi l’exploit d’attirer « Oscar Isaac » dans ses filets . L’acteur ne cache pas son amour viscéral pour l’œuvre de Kojima. Il avait lui-même fait campagne pour enfiler la tenue de Solid Snake. En 2022, il confiait à Total Film son ressenti si particulier face au jeu. « C’est un jeu étrangement isolé, triste et solitaire, qui contient ces incroyables moments de violence et de terreur, avec des concepts et des méchants bizarres et psychédéliques. »
Il ajoutait, et c’est là que l’affaire devient passionnante pour les fans de la première heure : « Et la vérité, derrière tout ça, c’est une histoire contre la guerre. Voilà les éléments que j’aime vraiment. La grande question étant : peut-on transposer cela – ou explorer ces thèmes de manière vraiment intéressante – au cinéma ? »
Le codec attendra encore un peu
Toute la question est désormais de savoir si Oscar Isaac est toujours de la partie. Pour l’heure, le mystère reste entier et aussi épais que la fumée d’une cigarette de Big Boss. Aucune confirmation officielle n’est venue dire si l’acteur reprendra du service aux côtés du nouveau duo de réalisateurs. Les fans devront donc continuer à faire preuve de la patience que tout bon joueur de Metal Gear Solid maîtrise à la perfection : la patience.
En attendant de savoir si le cinéma saura capturer cette « horreur militaire psychédélique » chère à Isaac, Snake, lui, continue de vaquer à ses occupations là où on l’a laissé : dans les méandres des jeux vidéo et, pour les plus chanceux, dans les arènes survoltées de Super Smash Bros. où il peut toujours compter sur ses grenades à onde de choc pour se faire respecter. Le grand écran, c’est pour bientôt. Peut-être. Vraiment, cette fois.
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