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J’ai testé l’Asus ROG Phone 9

Asus Rog phone 9 mobile gaming

Avec l’Asus ROG Phone 9, la promesse est aussi simple que brutale : fournir la puissance de feu d’un PC gamer dans la poche d’un jean. La marque taïwanaise semble inarrêtable dans cette voie, quitte à sacrifier totalement l’ergonomie et la polyvalence attendues d’un smartphone moderne.

Youtube video

Dès la sortie de boîte, le ROG Phone 9 impose sa réalité physique : c’est un parpaing. Loin de la finesse affichée par l’iPhone 17 Air ou les derniers Galaxy, ce terminal assume une épaisseur et une densité qui fatiguent le poignet. Asus prend ici le risque de s’aliéner définitivement ceux qui cherchaient un « téléphone gamer discret » pour revenir aux fondamentaux. Le choix stratégique du fabricant porte sur un châssis épais pour dissiper la chaleur, des bordures pour éviter les touches fantômes, et un poids conséquent.

Le positionnement tarifaire (+1100 €) place cet appareil face à des concurrents qui sont excellents partout. Or, mon essai révèle un déséquilibre flagrant : si le côté gaming mobile est intouchable, le reste de l’expérience (photo, logiciel, format) peine à justifier la facture.

Fiche technique

  • Nom officiel : Asus ROG Phone 9
  • Date de sortie : Janvier 2025
  • Coloris disponibles : Phantom Black, Storm White
  • Épaisseur : 8,9 mm (sans le bloc photo proéminent)
  • Poids : 227 grammes
  • Écran : 6,78 pouces AMOLED E6 LTPO, définition FHD+
  • Rafraîchissement : Variable de 1 à 185 Hz
  • Processeur : Qualcomm Snapdragon 8 Elite (3 nm)
  • Mémoire vive RAM : 12 Go ou 16 Go LPDDR5X (jusqu’à 24 Go sur le Pro)
  • Stockage : 256 Go ou 512 Go UFS 4.0
  • Connectivité : Wi-Fi 7, Bluetooth 5.4, Double port USB-C
  • Réseau : 5G, Dual SIM physique (pas d’eSIM sur le modèle global)
  • Capteurs photo : Principal 50 MP (Gimbal OIS), Ultra grand-angle 13 MP, Macro 5 MP
  • Prix de lancement officiel : 1 099 € (version 12/256 Go)

Prise en main & design rustique

Soyons francs : utiliser le ROG Phone 9 à une main dans le métro est un calvaire. Avec 227 grammes et un format allongé (ratio 20.4:9), le centre de gravité est haut et rend l’appareil basculant. La construction est sérieuse, avec un dos en verre Gorilla Glass texturé très agréable au toucher, qui a le mérite d’être totalement insensible aux traces de doigts. Mais ce confort tactile ne gomme pas l’aspect massif de l’objet.

Asus a intégré le système AniMe Vision sur ce modèle standard (une grille de mini-LEDs au dos). Si l’effet « rétro-gaming » est sympathique pour afficher l’heure ou des notifications, cela reste un gadget visuel qui consomme de la batterie pour flatter l’ego du propriétaire.

Le point fort du design réside ailleurs : dans l’intelligence de la connectique. Le second port USB-C latéral est une idée de génie qui devrait être standardisée. Il laisse jouer ou regarder des vidéos en charge, sans avoir le câble qui vient buter dans la paume de la main.

Les AirTriggers, ces gâchettes ultrasoniques sur la tranche droite sont invisibles mais tombent parfaitement sous les index. Ils ont le mérite d’être parfaitement fonctionnels à défaut d’être élégants. Ne manquez pas non plus notre article sur ROG Xbox Ally X, la console portable.

Écran large avec affichage à 185 Hz

La dalle AMOLED E6 de 6,78 pouces est objectivement excellente. La luminosité, mesurée autour de 1600 nits en usage réel (et 2500 nits en pic HDR), permet de jouer sur la plage en plein été sans plisser les yeux. La calibration des couleurs en mode « Standard » est juste, évitant la saturation radioactive souvent présente par défaut sur les mobiles gaming.

Cependant, je suis beaucoup plus critique sur l’argument de vente principal : les 185 Hz. C’est une prouesse technique vide de sens. Actuellement, 99 % des jeux Android sont verrouillés à 60 FPS, et une poignée atteint les 120 ou 144 FPS. Le mode 185 Hz n’est activable que via le Game Genie sur une liste de jeux microscopique. Au quotidien, la différence de fluidité entre 120 Hz et 185 Hz est imperceptible pour l’œil humain. On paie ici pour une spec qui sert surtout à briller dans les fiches techniques comparatives.

Configuration matérielle, performances générales et autonomie

La configuration matérielle constitue un point fort de l’Asus ROG Phone 9. Équipé du Snapdragon 8 Elite, le nouveau monstre de Qualcomm gravé en 3 nm, ce smartphone délivre une puissance de calcul ridicule pour un appareil mobile.

L’interface ROG UI est un couteau suisse. Le logiciel Armoury Crate est sans doute le meilleur hub gaming du marché : gestion des fréquences CPU/GPU, mappage des touches tactiles sur les gâchettes, macros complexes… La profondeur de personnalisation est abyssale. Les AirTriggers offrent un avantage déloyal dans les FPS type Call of Duty Mobile et remplacent efficacement une manette.

Puis, Asus vante son système de refroidissement à 360°, mais la réalité physique est têtue. Sans ventilateur externe, le téléphone chauffe. Après 20 minutes de jeu gourmand, la zone centrale (où se trouve le processeur) monte à 42-43°C. C’est supportable, mais désagréable. En tout cas, le système est conçu pour fonctionner avec l’AeroActive Cooler X (vendu séparément ou dans le pack Pro).

L’autonomie est heureusement très solide. La batterie de 5800 mAh encaisse sans broncher une grosse journée d’utilisation mixte, voire deux jours si vous ne jouez pas. La charge 65 W permet de passer de 0 à 100 % en 46 minutes environ. C’est bien, mais face aux charges 120 W du RedMagic de la marque Xiaomi qui plient l’affaire en 20 minutes, Asus parait presque lent.

Asus Rog phone 9 mobile gaming

Photo, audio & multimédia

Si vous espériez qu’Asus ait enfin comblé son retard en photo, vous serez déçu. Le capteur principal de 50 MP (Sony Lytia 700) fait le job en plein jour, avec un piqué correct et une colorimétrie assez naturelle. Son atout maître est le stabilisateur Gimbal hybride 6 axes : en vidéo, c’est bluffant, vous pouvez marcher en filmant, l’image reste stable comme si elle était sur un rail.

Le reste est médiocre. L’ultra grand-angle manque de détails sur les bords et gère mal les fortes dynamiques. Quant au troisième capteur, c’est une vaste blague : un module Macro de 5 MP totalement inutile, là où l’on attendait un téléobjectif pour le portrait (réservé à la version Pro). En basse lumière, le lissage logiciel est trop agressif, donnant un aspect « peinture à l’huile » aux clichés. Comparé à un Pixel 9 ou même un Galaxy S24 de base, le ROG Phone 9 est à la traîne.

Asus est l’un des derniers résistants à conserver la prise Jack 3,5 mm, et c’est un bonheur. Couplée à un DAC de qualité, elle permet d’utiliser de bons écouteurs filaires sans latence, crucial pour les jeux de rythme ou les FPS.

Les haut-parleurs stéréo frontaux sont aussi une réussite. Le son est puissant, clair, et propose une spatialisation bien supérieure à celle d’un iPhone 16 Pro Max. Regarder une série sans casque est une expérience vraiment immersive.

Comparaison & positionnement

Face au RedMagic 9S Pro, son rival direct, le ROG Phone 9 est plus cher (environ 200€ de plus). Le RedMagic a l’avantage d’avoir le ventilateur intégré au châssis et un écran sans aucun poinçon (caméra sous l’écran), mais son logiciel est truffé de bugs de traduction. Face aux flagships grand public (Galaxy S24 Ultra, iPhone 16), le ROG Phone 9 ne tient pas la route en tant que « smartphone unique » à cause de ses lacunes en photo et en suivi logiciel. Il reste un appareil de niche.

Mais il y a un « mais » énorme : la politique de mise à jour. Asus ne promet que 2 ans de mises à jour majeures d’Android. Pour un téléphone lancé en 2025 à ce prix, c’est un scandale. Google et Samsung offrent 7 ans. Acheter un ROG Phone 9, c’est accepter d’avoir un téléphone logiciellement obsolète en 2027. C’est un défaut majeur qui rend l’investissement difficile à justifier sur le long terme

Asus ROG Phone 9 - taille

Avis utilisateurs

Sur les forums et les commentaires YouTube, le constat est unanime : les utilisateurs adorent la performance et les contrôles (AirTriggers), mais pestent contre le prix qui ne cesse d’augmenter. Beaucoup se sentent « floués » par l’absence de téléobjectif sur ce modèle à 1100 €, obligés de passer à la caisse pour le modèle Pro (1300 € +) pour avoir un zoom optique décent. La politique de mise à jour est également très critiquée par la communauté.

Asus ROG Phone 9 Le meilleur smartphone gaming du moment

Verdict

L’Asus ROG Phone 9 est un produit frustrant. C’est incontestablement la machine de jeu ultime avec une puissance et un contrôle qu’aucun autre smartphone ne peut égaler. Si votre vie tourne autour de Genshin Impact et COD Mobile, c’est le Graal. Mais en tant que smartphone à plus de 1000 euros, il échoue à offrir une expérience équilibrée. Son gabarit est pénible, sa partie photo est digne d’un milieu de gamme, et son support logiciel de 2 ans est une insulte au consommateur. Asus nous vend une Ferrari avec un autoradio cassette et une garantie limitée. C’est un jouet de luxe pour passionnés, pas un choix rationnel.


On aime
  • Excellent pour le gaming mobile
  • Système de refroidissement 360°
On aime moins
  • L’aspect brut
  • Que 2 ans de mise à jour garantie

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Rédacteur chez Publithings, un groupe spécialisé dans l'innovation, je suis passionné par les nouvelles technologies et leur impact sur notre quotidien. Diplômé d'une école de commerce et écrivain depuis toujours, j’ai accumulé plus de dix ans d’expérience dans la rédaction web. Ma mission est claire : démystifier les avancées technologiques...

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