Steve Carell fait son grand retour sur HBO Max avec Rooster, une comédie signée Bill Lawrence (Ted Lasso), et les premières critiques sont… partagées. L’histoire suit Greg Russo, un auteur de romans de gare un peu paumé, qui débarque sur un campus universitaire pour soutenir sa fille, fraîchement trompée par son mari.
Le casting est cinq étoiles, avec un John C. McGinley hilarant en président d’université obsédé par les bains de glace. Mais si la série a reçu un 100 de la part d’IGN, certains critiques lui reprochent un rythme inégal et un manque d’ambition, la qualifiant de « plutôt quelconque ». À vous de juger.
« Rooster » sur HBO : La série feel-good qui réchauffe les cœurs esseulés
Vous connaissez ce sentiment, quand vous passez une soirée avec des amis proches, ceux avec qui vous pouvez lâcher prise, vous confier, et recevoir en retour une vanne bien placée ou un silence réconfortant ? C’est exactement l’effet que procure Rooster. C’est la nouvelle série HBO créée par Bill Lawrence (Ted Lasso, Scrubs, Shrinking) et Matt Tarses. À une époque où le monde va un peu vite et où la solitude guette au coin de la rue, cette comédie douce-amère agit comme une couverture chauffante. Et devinez qui tient le rôle principal ? Steve Carell, en grande forme.
Mais c’est quoi cette série au nom un peu bizarre ?
Ne vous fiez pas au titre, qui pourrait évoquer un combat de coqs ou une série sur la ferme. Rooster, c’est avant tout l’histoire de Greg Russo (Steve Carell), un écrivain à succès spécialisé dans les romans de plage mettant en scène un détective nommé… Rooster. Quand sa fille Katie (Charly Clive), professeure d’histoire de l’art, apprend que son mari Archie (Phil Dunster) la trompe avec une plus jeune (Lauren Tsai), Greg débarque sur le campus de la Nouvelle-Angleterre où elle enseigne, officiellement pour occuper un poste vacant d’écrivain en résidence. Officieusement, pour veiller sur sa fille. Même si son aide n’est pas toujours la bienvenue.
Steve Carell, est-il toujours aussi drôle ?
La réponse est un grand oui, mais pas seulement. Carell livre ici l’une de ses performances les plus complètes, jonglant avec un brio déconcertant entre comédie et drame. On rit de ses maladresses face aux étudiants de la génération Z, de ses tentatives désespérées pour paraître cool, et d’un gag visuel particulièrement osé dans le deuxième épisode.
Mais on est aussi touché par sa fragilité, ce sentiment de solitude qu’il traîne malgré un mariage de longue durée avec une ex-femme (Connie Britton) aussi riche que célèbre (au point que le nouveau bâtiment étudiant porte son nom). Greg n’est ni un homme brisé, ni un arrogant, il flotte quelque part entre les deux, accompli sur le papier mais un peu perdu dans la vie. Et ça, c’est terriblement attachant.
Charly Clive, cette révélation qu’on attendait pas
Si vous ne connaissiez pas Charly Clive avant Rooster, vous allez l’adorer. Son personnage, Katie, est un mélange parfait de force et de fragilité. Trahie par son mari, elle oscille entre la colère (avec pas mal de coups de poing dans le vide), la confusion, et l’impulsivité (on a dit un peu d’incendie, oui). Sa relation avec son père est le cœur battant de la série. Leur complicité à l’écran est instantanée, naturelle, et leurs scènes ensemble sont un régal d’émotion et d’humour. Clive tient tête à Carell sur le plan comique, et apporte une profondeur inattendue à chaque scène.
C’est qui les autres personnages qui peuplent ce campus ?
Bill Lawrence est un maestro des ensembles, et Rooster ne fait pas exception. Danielle Deadwyler incarne Dylan. C’est une collègue de Greg potentiellement plus qu’une amie, avec un mélange de franchise et de vulnérabilité qui rend leur relation aussi authentique que touchante.
Phil Dunster (ex-Ted Lasso) réussit le tour de force de rendre son personnage d’époux infidèle à la fois exécrable et attachant. Pourtant, c’est une ligne de crête périlleuse qu’il maîtrise à la perfection. Rory Scovel, en officier de campus Donnie, vole littéralement chaque scène où il apparaît avec son mélange d’incompétence et de vanité digne de Barney Fife.
Et que dire de John C. McGinley, retrouvailles Scrubs oblige, en président d’université. Par contre, il est obsédé par les saunas et les bains de glace, souvent torse nu pour notre plus grand bonheur (ou malaise). Ajoutez à cela Maximo Salas, Robby Hoffman, Annie Mumolo, et même Alan Ruck. Vous obtenez alors une galerie de personnages hauts en couleur qui rendent chaque demi-heure vivante et imprévisible.
L’ambiance visuelle, ça donne quoi ?
Un délice pour les yeux. La série est une véritable lettre d’amour aux automnes de la Nouvelle-Angleterre. Les images baignent dans une lumière naturelle, légèrement désaturée, qui donne aux murs de briques rouges, aux feuilles mortes et aux lierres grimpants une texture presque palpable. On a envie de se promener sur le campus fictif de Ludlow College, de respirer l’air frais et, qui sait, de sentir une odeur de patchouli (si ça existe encore). C’est beau, c’est apaisant, c’est exactement l’écrin qu’il fallait pour cette histoire.
C’est triste ou c’est drôle ?
Les deux, mon capitaine. Rooster ne vous enfonce jamais la tête sous l’eau. Il reconnaît simplement que la vie peut être un peu moche parfois, que la solitude nous guette à tout âge, et que les regrets font partie du voyage. Mais la série fait tout cela sans jamais plomber l’ambiance. Elle rappelle ces amis qui savent écouter sans juger, et qui trouvent toujours le mot pour vous faire sourire. C’est un peu comme Cheers à l’époque : on a envie d’être là, dans cette pièce, avec ces gens, à parler de nos petits tracas. La série ne sombre jamais dans la négativité, elle se contente de nous rappeler que nous ne sommes pas seuls à traverser nos tempêtes intérieures.
Est-ce que ça vaut le coup de regarder ?
Si vous aimez Ted Lasso, Shrinking ou Scrubs, alors Rooster trouvera naturellement sa place dans votre playlist. C’est drôle, intelligent, bourré de cœur et de surprises. Les dialogues de Lawrence sont ciselés, les personnages ont de l’épaisseur, et Steve Carell est au sommet de son art. Bien sûr, la série s’autorise quelques incursions dans le territoire du « rêve de la quarantaine » (parties de beer pong gagnées, relations naissantes un peu trop faciles), mais ça ne gâche jamais l’émotion. Tant que les sentiments sonnent juste, on pardonne volontiers un peu de fantaisie.
Alors, prêt à passer du temps avec Greg, Katie et toute la bande ? Installez-vous confortablement, laissez-vous bercer par les couleurs de l’automne et offrez-vous ce moment de réconfort. Rooster est plus qu’une série, c’est un ami qui vous attend.
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