OpenAI annonce la fermeture Sora moins de deux ans après son lancement spectaculaire. L’entreprise torpille également au passage son partenariat milliardaire avec Disney. Le géant de l’IA pivote alors vers la robotique.
On vient d’apprendre la fermeture pure et simple de Sora, une application phare d’OpenAI. Mais aussi, l’abandon de son accord de 1 milliard de dollars avec Disney. La société américaine justifie cette décision brutale par une volonté de se concentrer sur la robotique « agentique ».
Pourquoi Sora n’a-t-il pas survécu à l’épreuve du marché ?
Depuis son lancement, Sora a généré 1,2 million d’euros de revenus nets in-app. De son côté, ChatGPT a rapporté 1,6 milliard sur la même période. Cet écart abyssal que rapporte l’article de BBC illustre les difficultés de monétisation des générateurs de vidéos. Thomas Husson, analyste chez Forrester, qualifie la plateforme de « trou noir de ressources » à « monétisation limitée ». C’est donc une des raisons pour lesquelles OpenAI a opté pour la fermeture de Sora.
Les problèmes ne se limitaient toutefois pas à l’économie. Sora peinait à contenir la création d’imageries non-consensuelles. De même pour la désinformation réaliste et les violations massives de droits d’auteur.
Ces risques juridiques et éthiques, combinés à des coûts de calcul astronomiques, ont probablement précipité la décision. Henry Ajder, expert en deepfakes, suggère que cette fermeture vise à « minimiser les risques associés ». Elle s’imposait avant une potentielle introduction en bourse qui transformerait OpenAI en entreprise cotée.
Que devient le partenariat OpenAI-Disney après la fermeture de Sora ?
En décembre 2024, Disney devenait le premier major hollywoodien à licencier sa propriété intellectuelle à une entreprise d’IA. Grâce à l’accord triennal, les utilisateurs de Sora pouvaient créer des vidéos avec Mickey Mouse, Yoda et autres icônes. Le monde saluait cette entente comme l’aube d’une nouvelle ère entre tech et entertainment. Cela dit, elle n’aura finalement jamais vu d’argent changer de mains.
Disney, lui, affiche une sérénité diplomatique. Le studio « respecte la décision d’OpenAI » concernant la fermeture de Sora et leur partenariat. Il compte désormais explorer d’autres plateformes d’intelligence artificielle pour une utilisation responsable de la technologie. Bien sûr, sans empiéter sur les droits de propriété intellectuelle. On se pose quand même des questions sur la capacité des géants du divertissement à s’associer durablement avec l’IA générative.
Vers quoi se tourne OpenAI après cet échec ?
L’entreprise met aujourd’hui le cap sur la robotique physique. Après cette fermeture, OpenAI entend appliquer les mêmes technologies d’apprentissage utilisées pour Sora à l’entraînement de robots. Ceux-ci seront capables de résoudre des tâches physiques réelles. Cette pivot stratégique privilégie l’IA agentique, autonome dans l’exécution de missions complexes avec supervision humaine minimale.
Notez cependant que cette décision n’affecte pas les outils de génération d’images. OpenAI conserve donc une présence dans le visuel statique. En revanche, la société semble définitivement abandonner la génération de vidéos comme axe de développement prioritaire.
Pendant ce temps, alors qu’OpenAI vient d’annoncer la fermeture de Sora, la concurrence s’intensifie. Parmi les acteurs les plus intéressants du moment, nous avons notamment Seedance chinois. Celui-ci a créé la polémique en février avec ses vidéos réalistes de personnages hollywoodiens. Je me demande ce que le futur réserve aux vidéos générées par IA.
- Partager l'article :
