Imaginez un stagiaire surdoué capable de crocheter la serrure du Pentagone avec un trombone mental… mais qu’on enferme volontairement dans un placard à balais. C’est l’histoire d’Anthropic, qui vient d’avouer détenir une IA capable de hacker « tout le web » et préfère jouer au geôlier plutôt qu’au docteur Frankenstein.
Si l’info donne envie de débrancher sa box par peur d’un soulèvement des grille-pains, la raison est un peu plus subtile. Alors, prudence légendaire ou coup de com’ savamment orchestré ? On a dégainé le détecteur de blabla.
Claude Mythos : la nouvelle IA d’Anthropic
Imaginez un détective tellement brillant qu’il retrouverait une aiguille dans une botte de foin datant de l’administration Clinton. C’est un peu le portrait-robot que l’on peut dresser de Claude Mythos, le dernier prodige chuchoté dans les couloirs feutrés d’Anthropic. L’entreprise, généralement assez loquace sur ses avancées, a cette fois-ci opté pour un silence prudent. La raison ? Leur nouvelle cyber-IA aurait déniché des failles si béantes et si anciennes que les développeurs eux-mêmes les avaient oubliées au fond d’un tiroir depuis la sortie de Titanic au cinéma.
Un dinosaure du code, vraiment ?
Parmi les trophées de chasse de Claude Mythos, on trouve un bug vieux de 27 ans tapi dans OpenBSD, un dinosaure que l’on croyait fossilisé pour l’éternité. Et ce n’est pas tout : la bête a flairé une vulnérabilité de 16 ans dans FFmpeg ainsi qu’une faille de 17 ans dans FreeBSD. Cette dernière a la fâcheuse manie d’offrir les clés de la maison (un accès racine via le réseau) au premier venu. Anthropic affirme donc que Mythos a mis le nez dans tous les principaux systèmes d’exploitation et navigateurs, révélant des « zero-day » comme on sort des lapins d’un chapeau.
Un assistant ou un futur cambrioleur ?
Si Mythos excelle à trouver la poussière sous le tapis numérique, il serait également, selon les craintes d’Anthropic, un peu trop doué pour rédiger le mode d’emploi destiné à tout casser. Autrement dit, l’IA ne se contente pas de pointer le trou dans la clôture, elle serait capable de dessiner le plan détaillé du casse et de fournir la perceuse. Dans un monde où plus de 99 % des vulnérabilités débusquées attendent encore sagement leur correctif, confier un tel trousseau au grand public reviendrait à organiser une braderie géante pour pirates informatiques en manque d’inspiration.
Test dans une pièce capitonnée
Face à ce potentiel un peu trop explosif, Anthropic joue la carte de la sagesse et lance le projet Glasswing. Imaginez une opération commando chic et feutrée : l’IA est mise à disposition de partenaires triés sur le volet dans un cadre strictement contrôlé. Le but n’est pas de semer la panique mais, au contraire, de colmater les brèches des logiciels les plus critiques avant que les capacités de ce genre de modèles ne se démocratisent chez des gens moins bien intentionnés. Une sorte de vaccin préventif administré dans le plus grand secret.
Coup de génie ou coup de pub sur Reddit ?
Évidemment, cette annonce n’a pas manqué de faire jaser du côté des forums, notamment sur Reddit où le scepticisme est un sport national. Entre les « C’est du marketing pour faire monter la sauce » et les « Bientôt Skynet saura cracker mon mot de passe WiFi », les internautes oscillent entre la moquerie et une légère sueur froide.
Si certains doutent franchement des super-pouvoirs affichés par Mythos, d’autres y voient le signe avant-coureur d’une course à l’armement numérique où l’IA deviendra, qu’on le veuille ou non, le meilleur ami du hacker. En attendant qu’Anthropic daigne nous en dire plus, Mythos reste pour l’instant une légende urbaine de la Silicon Valley : trop dangereuse pour être vue, mais trop fascinante pour être ignorée.
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