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[Enquête] Les objets connectés sont dans le pré

Champ

Selon un récent sondage les agriculteurs font partie des personnes les plus connectées. De par leur métier et les machines qui les entourent ils sont habitués aux technologies mais surtout aux nouvelles technologies.

Les dispositifs connectés pour les agriculteurs

L’Internet et les objets connectés permettent aux agriculteurs d’obtenir un tas d’informations utiles pour leur travail. La météo, par exemple, avec notamment l’application Pleinchamp qui permet de rester informé autour de ce qui se passe dans l’agriculture.

Ce n’est pas la seule application utile pour un agriculteur connecté. Certains utilisent ATLAND qui est spécialiste du pilotage des exploitations céréalières mais également de l’élevage. Elle propose la gestion des parcelles, des troupeaux ou encore des performances économiques. Il existe également des applications pour reconnaître les plantes et surtout les mauvaises herbes qui peuvent mettre en péril les récoltes.

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Au niveau des objets connectés il y en a pour tous les goûts. Tout d’abord les montres connectées et haut-parleurs pour smartphones peuvent être agréables dans la vie à la ferme. Un agriculteur a souvent les mains prises ou bien sales, et répondre au téléphone n’est pas vraiment pratique, alors qu’avec ces systèmes il est par exemple possible de prendre l’appel sans toucher son smartphone.

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Des nouveautés arrivent sur le marché, la société Biopic souhaite implanter des puces dans les bovins. Ce système a pour but de mieux gérer le troupeau mais surtout d’intervenir rapidement en cas de problème. Il permet également d’augmenter la productivité et de tenir compte du bien-être des animaux en analysant les molécules dans le sang comme le taux de glucose ou encore la température. Cela permettrait également de limiter les produits vétérinaires pour l’élevage.

Le monde du connecté a également mis en place des lunettes connectées, des robots mais aussi des drones pour le domaine agricole.

L’élevage de précision

L’Institut de L’Elevage consacre beaucoup de son temps à l’élevage de précision. Pour en connaître davantage, l’expertise de Clément Allain, expert en élevage de précision, nous a été utile.

Pour commencer, il nous a donné une définition de l’élevage de précision : « C’est un ensemble de technologies qui comprend des capteurs permettant de mesurer des paramètres biologiques, zootechniques et comportementaux sur les animaux. Ce sont tous les systèmes de traitement de l’information qui vont stocker et transformer ces données venant des capteurs et les envoyer sous forme d’informations à l’éleveur. »

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Il est ainsi possible de détecter les mammites chez les vaches laitières ou bien les hausses de température. L’agriculteur peut également connaître l’activité de ses vaches pour une journée ainsi que la quantité de lait qu’elles fournissent à chaque traite sans oublier la quantité de nourriture absorbée.

Il existe des systèmes de pesée automatisée grâce aux boucles RFID ainsi que des dispositifs pour détecter les vêlages. D’autres appareils auparavant destinés seulement aux vaches laitières font également leurs apparitions pour les autres animaux de la ferme.

Les nouvelles technologies permettent aux agriculteurs de gagner en temps et en productivité grâce à des outils qui améliorent la surveillance de leurs animaux.

Les robots gèrent le troupeau

La productivité et le temps gagné sont deux facteurs essentiels qui encouragent les agriculteurs à se connecter davantage. Plutôt normal quant on sait que les agriculteurs travaillent 7j/7 et 24h/24 et qu’ils comptent sur la productivité de l’exploitation pour gagner leur vie.

Certains ont donc décidé de robotiser leur exploitation. Cela leur permet d’augmenter la productivité, avoir plus de temps de libre et le bien-être des animaux est total. Reliés à un ordinateur central, différents robots peuvent être installer dans une exploitation. Ces robots fonctionnent généralement en Bluetooth et s’occupent aussi bien de nourrir le bétail avec du foin frais mais également de réaliser la traite à n’importe quel moment de la journée.

Vache

Pour la traite le robot est capable de déterminer quelle vache il doit traire grâce à un collier de reconnaissance. Il se branche automatiquement aux vaches et n’est pas obligé de débrancher les quatre mamelles en même temps comme on peut encore le voir dans certaines fermes. Il détecte donc quelles sont les mamelles qui sont à traire et lesquelles n’ont plus de lait.

L’agriculteur doit seulement programmer la quantité de nourriture à distribuer ainsi que les heures. Tout peut être surveillé grâce à l’ordinateur central qui permet de vérifier les traites mais aussi la production de lait.

Avec ce système, les agriculteurs ont plus de temps pour leur famille car ils ne travaillent plus tous les jours à toutes les heures. On dit souvent que les robots prennent la place des humains sur le marché du travail mais dans ce cas ce sont plutôt des assistants très utiles dans un milieu où le travail est présent à chaque minute.

Des drones pour l’agriculture

Il existe différents drones pour l’agriculture, certains permettent d’analyser les terres tandis que d’autres veillent sur les troupeaux.

Nous avons interviewé Rodolph Vogt directeur de la société M-CADOR, spécialisée dans les drones. L’entreprise apporte des services complets aux agriculteurs grâce à la récolte de différentes données depuis les drones.

Les produits M-CADOR sont destinés à l’agriculture de précision : « Nos briques technologiques multi-drones, interface homme-machine, algorithmes, cloud et capteurs nous permettent de développer une grande variété de solutions d’acquisitions et d’exploitations de données » , affirme Rodolph Vogt.

Nous avons donc demandé aux spécialistes des drones s’ils étaient créés afin de veiller sur les terres ou plutôt sur le bétail : « L’agriculteur peut aussi bien utiliser l’outil drone pour des applications relatives aux cultures ou au bétail. Néanmoins, ce qui touche au bétail reste plus expérimental, tandis que la surveillance des terres en vue d’optimiser l’utilisation d’intrants est plus largement répandue.« 

M-CADOR

La société a également pu nous renseigner sur les applications et l’utilisation des drones par les agriculteurs : « De plus en plus d’agriculteurs utilisent les drones afin d’obtenir des conseils pour la fertilisation azotée. D’autres applications comme le plant counting ou la détection de mauvaises herbes et de maladies sont également possibles.« 

Nous souhaitions également connaître les points positifs et négatifs à l’utilisation des drones dans le milieu agricole. La société affirme qu’il n’y a que des points positifs : « L’optimisation des ressources par la préconisation en intrants, l’accroissement de la rentabilité par la détection des problèmes à un stade précoce ainsi que le temps gagné grâce à la surveillance de son champ depuis son ordinateur sont des points positifs pour l’agriculteur. Les drones permettent également une réduction de l’empreinte écologique en limitant l’usage des produits phytosanitaires.« 

M-CADOR

Comme à notre habitude nous souhaitions savoir si les dispositifs connectés, les drones dans ce cas, sont fiables. Rodolph Vogt nous répond : « Certains de ces dispositifs sont en phase expérimentales et doivent donc encore faire leurs preuves. Mais certaines applications sont reconnues pour leurs utilités et sont d’ores et déjà utilisées sur plusieurs continents.« 

Finalement la question du prix est essentielle car pour s’équiper il faut le budget nécessaire. « Un drone, à l’achat, destiné à l’agriculture, peut coûter entre 28.000 et 50.000 euros, ce qui constitue un investissement important pour l’agriculteur. Par conséquent, nous développons un produit compétitif afin de surmonter l’obstacle financier qui limite encore l’adoption du drone dans toutes les exploitations agricoles. »

Les objets connectés mais aussi les robots et les drones sont donc bien présents dans le pré ! Si beaucoup d’agriculteurs ne se sont pas encore lancés dans l’aventure, d’autres n’ont pas hésité longtemps ! Le gain de temps et la productivité sont les deux grandes motivations des agriculteurs connectés.