L’affaire est aussi absurde qu’instructive. Tesla vient de déposer une plainte de 167 pages contre une entreprise française pour vol de nom. C’est pour récupérer les droits sur le nom de son propre véhicule, le Cybercab. Le problème ? Eh bien, la société a déposé la marque en France dès avril 2024, soit six mois avant Tesla aux États-Unis.
Cette pratique, appelée « trademark squatting », consiste à préempter des noms associés à de grandes firmes pour en monnayer ensuite la restitution. Du coup, pendant que les avocats des parties se battent, les Tesla continuent de rouler. Mais quelle sera l’issue de cette affaire ? On vous en parle en détail.
Tesla privé de son « Cybercab » : un petit Français met des bâtons dans les roues d’Elon Musk
C’est l’histoire d’une belle prise de bec entre un géant américain et un grossiste français. Elon Musk voulait son robotaxi, il aura surtout un procès. Pourquoi cela ? C’est à cause d’un certain Jean-Louis Lentali, patron d’UNIBEV. Le français a déposé le nom « Cybercab » bien avant les équipes d’Austin. Faisons maintenant un retour sur cet imbroglio juridique qui sent le roussi pour la firme texane.
Comment un Français a-t-il grillé la politesse à Tesla ?
Tout commence au printemps 2024. Alors que les équipes d’Elon Musk peaufinent encore leur fameux robotaxi, UNIBEV, une entreprise française, décide de jouer la montre… et gagne. Le 29 avril, elle dépose officiellement la marque « Cybercab » auprès des autorités françaises. Une simple formalité qui va se transformer en casse-tête pour Tesla.
Car lorsque le constructeur se réveille enfin et tente de protéger son bébé en novembre 2024, il est trop tard. Le droit international est formel : la priorité revient à celui qui a déposé en premier. Les avocats d’Austin se retrouvent Gros Jean comme devant, avec un produit dont l’identité même est contestée.
Jean-Louis Lentali, serial-déposeur de noms muskien
Derrière UNIBEV, difficile de plaider l’innocence. Jean-Louis Lentali, le patron, pratique avec un certain talent le « trademark squatting ». Comprendre : il préempte des noms associés à des firmes célèbres pour en revendre les droits au prix fort. Et son tableau de chasse est éloquent. Il possède déjà les droits sur « Teslaquila » et a tenté le coup avec « Cyberquad » ou « Cybertaxi ». Difficile de croire à une coïncidence quand on suit Elon Musk sur les réseaux sociaux aussi assidûment.
Les avocats de Tesla l’ont bien compris. Le 18 février 2026, ils ont riposté avec un recours de 167 pages auprès du bureau américain des marques, dénonçant une « fraude caractérisée » et une « mauvaise foi » évidente.
Pourquoi Tesla est-il coincé alors que le robotaxi est déjà produit ?
Le timing est pour le moins cruel. La veille du dépôt de cette plainte, le 17 février 2026, le tout premier exemplaire de série du Cybercab sortait des lignes d’assemblage de la Gigafactory du Texas. Le constructeur se retrouve donc à produire un véhicule dont le nom est disputé, comme si on construisait une maison sans savoir si on a le droit d’en poser la plaque.
Cette précipitation en dit long sur la pression qui règne dans le secteur de la conduite autonome. Les retards accumulés commencent à agacer les marchés financiers, et chaque jour compte face à la concurrence. Produire d’abord, négocier ensuite, telle semble être la devise.
Comment Tesla prépare-t-il ses arrières pour l’avenir ?
La leçon a porté ses fruits. Pour éviter de revivre un tel camouflet, la direction a verrouillé d’autres noms comme « Cybercar » ou « Cybervehicle ». Elon Musk les glisse désormais dans ses interventions publiques pour préparer le terrain.
Mais pour l’affaire en cours, l’issue a peu de chances de se jouer devant un tribunal. Le temps presse pour l’industriel. La voie la plus probable reste celle d’une transaction financière discrète, où quelques millions de dollars changeront de mains pour récupérer l’usage exclusif du nom. Une erreur de débutant qui coûtera cher. Et une belle leçon pour tous ceux qui croient que l’idée prime sur le dépôt administratif.
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