Sorti en 2016, Tales of Berseria était déjà considéré comme l’un des meilleurs RPG de la franchise. Porté par son héroïne vengeresse Velvet Crowe et son ton plus sombre que la moyenne, ce jeu vaut-il la peine d’être essayé ? Le verdict est mitigé.
Techniquement, le jeu original tenait déjà la route en 60FPS. Sauf que les améliorations graphiques étaient quasi inexistantes . Bandai Namco a plutôt misé sur des options Quality of Life (Grade Shop dès le départ, sauvegarde auto, vitesse accrue) et l’intégration de quasi tous les DLC . Voici ce qu’il en est.
Tales of Berseria Remastered : retour sur un JcJ culte… mais fallait-il vraiment y toucher ?
À peine quelques mois après la sortie de Tales of Xillia Remastered, Bandai Namco remet le couvert avec une nouvelle édition améliorée. Et surprise : ce n’est pas vers Tales of Xillia 2, pourtant attendu, que l’éditeur s’est tourné, mais vers Tales of Berseria. Un choix pour le moins étonnant quand on sait que le jeu original, sorti en 2016, est encore parfaitement jouable sur les consoles actuelles. Alors, cette remasterisation est-elle un cadeau pour les nouveaux venus ou un simple coup commercial ? On a passé la version au crible pour vous aider à y voir plus clair.
Pour reparler de Berseria, il faut déjà savoir de quoi on parle
Pour celles et ceux qui auraient raté ce chapitre, Tales of Berseria est un épisode majeur de la longue saga des « Tales of », débarqué en 2016 sur PS3 et PS4. Cette version PS4, rappelons-le, est toujours jouable sur PS5 via la rétrocompatibilité, et elle tient encore sacrément la route. Le jeu a ce petit quelque chose en plus. D’abord, il est lié à Tales of Zestiria, dont il constitue en quelque sorte la préquelle. On y trouve des clins d’œil et des connexions, ce qui est assez rare dans une série où chaque opus est généralement indépendant. Mais rassurez-vous, pas besoin d’avoir fait Zestiria pour profiter pleinement de l’histoire.
Surtout, Berseria marque un tournant : c’est le premier jeu principal de la franchise à mettre en scène une héroïne solitaire au premier plan. Velvet Crowe, c’est son nom, n’est pas une princesse en détresse. Animée par une soif de vengeance après la mort tragique de son petit frère, elle voit son chemin semé d’embûches, compliqué par une malédiction qui transforme son bras et la force à dévorer démons et monstres pour survivre. Le ton est résolument plus sombre que dans la plupart des autres jeux de la série. Une vraie bouffée d’air frais… ou de ténèbres, c’est selon.
Qu’est-ce que cette version remasterisée apporte de neuf ?
C’est là que le bât blesse. Contrairement à d’autres remasters de la franchise, celui de Berseria ne propose pas de refonte graphique majeure. Et pour cause : le jeu original tournait déjà en haute résolution et à 60 images par seconde sur PS4. Pour aller plus loin, il aurait fallu un travail colossal dans le style de Tales of Arise, ce qui n’a pas été le cas. On reste donc sur une base technique inchangée.
Alors, où sont les nouveautés ? Du côté de la qualité de vie, principalement. Bandai Namco a intégré tout un tas de petits plus qui rendent l’expérience plus fluide et plus agréable, surtout pour les nouveaux joueurs. Voici un aperçu de ce qui vous attend :
- Accès anticipé à la Grade Shop : dès le début, vous pouvez dépenser vos points de Grade pour activer des bonus comme l’EXP doublée, plus d’objets ou de l’argent, des emplacements d’inventaire supplémentaires, etc. Une sorte de « mode triche » intégré que vous pouvez activer ou désactiver à loisir.
- Indicateurs d’objectifs : fini le temps où vous tourniez en rond sans savoir où aller. Des marqueurs vous guident désormais.
- Ajustement du taux de rencontres : vous pouvez augmenter ou diminuer la fréquence des combats aléatoires selon votre humeur.
- Déplacement plus rapide : les personnages se déplacent 20 % plus vite que dans l’original. Un confort non négligeable pour l’exploration.
- Sauvegarde automatique : adieu la peur de perdre des heures de jeu parce que vous avez oublié de sauvegarder.
- Quasi-totalité des DLC inclus : bonne nouvelle, la quasi-intégralité du contenu téléchargeable de l’époque est directement intégrée au jeu de base. Seule une infime partie est réservée à l’édition Deluxe.
Alors, pour qui est vraiment fait ce remaster ?
Si vous n’avez jamais touché à Tales of Berseria et que vous êtes tenté par l’aventure, la réponse est simple : cette version est faite pour vous. Pourquoi ? Parce qu’elle est proposée à un prix inférieur à celui du jeu original, tout en incluant la plupart des DLC et ces fameuses améliorations de confort. C’est tout simplement la meilleure façon de découvrir le jeu aujourd’hui.
Autre public concerné : les joueurs Nintendo Switch et Xbox. C’est la toute première fois que Tales of Berseria débarque sur ces consoles. Pour elles, c’est une excellente nouvelle et une très bonne raison de craquer.
En revanche, si vous êtes un vétéran, que vous avez déjà terminé le jeu sur PS4 et que vous avez même peut-être acheté quelques DLC à l’époque, cette remasterisation risque de vous laisser sur votre faim. Les ajouts, bien que pratiques, ne transforment pas radicalement l’expérience. Ils ne justifient pas un nouvel achat, sauf peut-être si vous trouvez le jeu en promo et que l’envie de vous replonger dans l’univers de Velvet est trop forte.
Verdict : un remaster paresseux ou une bonne affaire ?
Tales of Berseria Remastered se trouve dans une position délicate. C’est le remaster d’un jeu qui, techniquement, n’en avait pas vraiment besoin. Et il ne livre pas le genre de mise à niveau spectaculaire auquel le label « remaster » nous a parfois habitués. À une époque où certains studios reconstruisent des jeux sur des moteurs entièrement nouveaux, l’effort fourni ici semble timide, presque minimal. On aurait aimé que cette énergie soit plutôt consacrée à ressusciter des épisodes plus anciens et plus difficiles d’accès sur les consoles modernes.
Mais si on le prend pour ce qu’il est, c’est-à-dire un « Game of the Year Edition » déguisé, difficile de lui faire des reproches. Pour les nouveaux venus, c’est une aubaine : un prix doux, du contenu généreux et une prise en main modernisée. La valeur est là. L’ambition, elle, l’est un peu moins.
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