L’information avait fait le tour du web en quelques heures : TikTok, via sa maison mère ByteDance, allait lancer une voiture électrique avec le constructeur chinois Seres. Mais le projet vient d’être sèchement démenti.
ByteDance affirme qu’aucune automobile à son logo n’est en préparation et que les rumeurs sont infondées. Simple malentendu, fuite prématurée ou ballon d’essai mal contrôlé ? Nous faisons le point sur ce projet mort dans l’œuf et sur ce qui a pu alimenter une telle spéculation. L’auto siglée TikTok ne verra finalement pas le jour.
ByteDance dément fermement toute ambition automobile avec Seres
ByteDance, la maison mère de TikTok, a balayé les rumeurs concernant la production d’une voiture électrique le 8 juin 2026 par un communiqué sans ambiguïté. En effet, la firme nie tout projet de lancer une voiture ou une marque avec Seres Group.
Elle affirme ne détenir aucune participation dans Saidou Technology et précise que ses entités Dola (Doubao) et Volcano Engine se consacrent uniquement à l’intelligence artificielle embarquée. De surcroît, ni le projet ni la marque « Saidou » n’appartiennent à ByteDance. Ces quatre points visent à couper court aux spéculations nées d’une récente restructuration industrielle.
Pourquoi la rumeur d’un lancement commun a-t-elle pris une telle ampleur ?
La réorganisation de Landian Technology, ancienne marque économique de Seres, est à l’origine de la nouvelle entité Saidou. Un tour de table de 6,67 milliards de yuans (environ 867 millions d’euros) a été bouclé, avec la participation de Wending Investment, le bras stratégique de CATL.
Par ailleurs, le nom « Saidou » ressemble à un mot-valise entre Seres (Sai Li Si) et Doubao, l’assistant IA de ByteDance. Enfin, la société a teasé le lancement d’une marque le 9 juin pour explorer les « possibilités infinies des véhicules définis par l’IA ». Tous ces signaux ont nourri les conjectures.
Quelle est la véritable implication de ByteDance dans l’automobile ?
ByteDance, l’entreprise à l’origine de Tik Tok se concentre exclusivement sur les solutions logicielles destinées à l’habitacle d’une voiture électrique. Concrètement, ses entités Dola et Volcano Engine développent des assistants vocaux et des interfaces intelligentes pour les constructeurs. La société s’est toujours tenue à l’écart de la fabrication automobile et des produits de conduite autonome.
Par conséquent, les futurs véhicules Saidou intégreront uniquement ces technologies d’intelligence artificielle, sans que ByteDance n’en détienne une part. Cette posture lui permet de multiplier les partenariats sans jamais devenir un concurrent direct des industriels du secteur.
De Landian à Saidou, la métamorphose d’une marque en perdition
Landian ciblait le segment abordable avec son SUV électrique E3 et ses hybrides rechargeables E5, affichés entre 99 800 yuans (environ 13 000 euros) et 168 800 yuans (près de 21 900 euros). Cependant, ces modèles n’ont jamais percé au-delà des marchés ruraux chinois. En avril 2026, les livraisons domestiques ont chuté à seulement 472 unités, pour une part de marché dérisoire de 0,1 %.
Face à cet échec commercial cuisant, Seres a choisi de restructurer cette branche déficitaire en Saidou, dans l’espoir de limiter ses pertes et d’améliorer sa santé financière. L’intelligence artificielle devient ainsi le nouveau visage de la relance.
Que faut-il attendre du lancement de Saidou le 9 juin ?
La présentation officielle lèvera le voile sur la stratégie de Saidou pour des voitures entièrement repensées par l’IA. En pratique, les modèles exploiteront les assistants de Dola et les solutions de Volcano Engine, sans aucune participation capitalistique de ByteDance (Tik Tok) dans la conception d’une voiture électrique spéciale.
Après la débâcle de Landian, Seres espère capitaliser sur l’attrait de l’intelligence artificielle pour séduire une clientèle nouvelle. Toutefois, le succès dépendra de la capacité à convaincre au-delà d’un simple changement de nom. Les détails techniques devraient démontrer une réelle rupture avec l’ancienne gamme.
Seres, un acteur incontournable de l’écosystème Huawei en quête de diversification
Seres s’est imposé en 2021 avec le SUV SF5, premier modèle de l’alliance Harmony Intelligent Mobility de Huawei. La marque AITO, née de ce partenariat, a propulsé le constructeur au cœur de l’écosystème HIMA. En parallèle de ce succès, Seres avait lancé Landian sans l’appui du géant chinois, sans parvenir à s’imposer. Aujourd’hui, la métamorphose en Saidou constitue une tentative de rebondir en dehors du giron Huawei, en misant sur l’attrait de l’intelligence artificielle. L’injection massive de capitaux et un positionnement high-tech pourraient-ils cette fois faire la différence ?
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