in

L’obsolescence programmée et les objets connectés, où en est-on ?

Depuis l’industrialisation massive de nos sociétés modernes, la durée de vie des appareils électriques est de plus en plus courte. Hasard ? Pas sûr du tout… C’est un phénomène qui existe depuis longtemps et qui s’est largement développé pour devenir une norme, absurde certes, mais normale. Avec le développement des nouvelles technologies et des objets connectés en particulier, il est intéressant de se demander où nous en sommes… Va t-on vers une obsolescence programmée psychologique ? La mode est-elle devenue le nouveau talon de l’obsolescence programmée et plus généralement de l’innovation ?

obsolescence programmee 2

A l’occasion du MWC 2016, qui se déroule en ce moment même à Barcelone, ces questions paraissent particulièrement importantes… En effet, au moment même où nous les posons, une multitude de nouveaux objets envahissent le marché en rendant totalement obsolètes des modèles pourtant innovants, il y a quelques mois à peine et en parfait état de marche

Vers une obsolescence « psychologique » ?

Un rapport a été commandé à l’occasion du MWC 2016, aux entreprises Back Market et Opinion Way, il permet de comprendre un certain nombre d’enjeux qui font que l’obsolescence programmée n’est plus la même aujourd’hui, qu’il y a un certain nombre d’années. L’exemple historique d’obsolescence programmée reste quand même l’épisode emblématique des bas de nylon. Les constructeurs avaient délibérément réduit la résistance de leurs bas de nylon pour relancer son commerce. Depuis, c’est devenu presque systématique et l’obsolescence programmée n’épargne plus aucun produit.

obsolescence programmee 3

L’enquête réalisée sur la population française en début du mois de février 2016, par Back Market a montré que deux des grandes marques d’électroniques sont devenues des championnes en la matière : le géant Apple et son équivalent coréen Samsung ont été cités par presque une personne sur deux comme les champions de l’obsolescence programmée. A la vue de ces chiffres, un certain nombre d’entre nous vont immédiatement crier au scandale, mais la deuxième partie de l’enquête nous fait voir ces statistiques sous un angle différent.

Alors si l’obsolescence programmée semble être de plus en plus présente dans nos sociétés, la durée de vie de ces objets connectés est fortement influencée par l’effet de mode et la fluctuation constante des tendances. C’est donc dans la seconde partie de l’enquête de Back Market que cette tendance est remarquable. En effet, la fréquence de sortie des modèles Samsung, est passée de 12 à 6 mois, puis 3 mois pendant l’année précédente. La marque à la pomme n’est pas en reste non plus puisque la fréquence de sortie des iPhone a été multipliée par 3 en un an seulement. C’est donc le marché des tendances qui régit à présent l’obsolescence programmée et les clients deviennent des marionnettes qui suivent les nouveautés.

L’obsolescence programmée, nouveau moteur de l’innovation ?

obsolescence programmee 4

Il est vrai que l’on peut se demander si le développement de l’obsolescence programmée n’est pas le moteur finalement de l’innovation ? Car si les gens ont besoin d’objets performants plus régulièrement, le rythme des innovations va s’accorder avec la durée de vie des objets… Malheureusement, cela facilite surtout le gaspillage énergétique, que ce soit des matières premières nécessaires à la fabrication de l’électronique et des objets connectés eux-mêmes. Finalement, si l’obsolescence programmée pouvait trouver sa place en temps que donneur d’impulsion de l’innovation, elle ne réglerait toujours pas les problèmes auxquels sont confrontés les consommateurs et la survie de la planète. En effet, tout le monde ne peut pas se permettre de suivre les tendances et la mode pour des raisons financières ou autre et nos ressources premières sur terre diminuent de plus en plus vite.

Depuis peu, les institutions souhaitent entraîner une inversion de la tendance et finalement essayer de rendre l’obsolescence programmée obsolète ! Ces vastes projets comme la transition énergétique et le Make It Up festival par exemple, en sont les premiers acteurs. D’abord réalisables à petite échelle, ils pourraient à terme permettre de faire bouger les mentalités qui se sont installées confortablement dans une société de surconsommation. Car si les consommateurs râlent contre l’obsolescence programmée, ils ne semblent pas avoir conscience du fait que leur consumérisme est devenu le nouveau moteur de l’obsolescence programmée. Alors, même s’il est évident que ce consumérisme s’est installé dans nos esprits après des années de formatage par les publicités et autres, nous devons revoir notre rapport aux objets et à la consommation en général.

C’est exactement la volonté du festival Make It Up qui se déroule à Saint-Ouen en région parisienne, montrer aux consommateurs comment on peut mettre au point des objets durables, utiles et connectés. Ils ont tout compris en revenant à la base même : le concept puis la production, et en confrontant les particuliers aux questions utiles qu’ils doivent se poser avant de consommer.

obsolescence programmee 5

Finalement, l’évolution du commerce et la course à l’innovation nous font entrer dans un fonctionnement très schizophrène… Car si nous condamnons l’obsolescence programmée dont nous nous disons victimes en temps que consommateur, nous ne voyons pas que celle-ci est devenue plus psychologique que programmée et que nous sommes souvent les premiers à l’encourager et à mettre sur la touche des objets pourtant parfaitement adaptés. En ces jours, où se déroule le MWC 2016, ces mots prennent tous leur sens lorsque l’on voit l’engouement des consommateurs pour des nouveautés parfois inutiles…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.