Peugeot annonce un nouveau moteur turbo pour ses 208 et 2008. Derrière le relooking marketing, le groupe tente d’enterrer définitivement le cauchemar PureTech.
Depuis des années, Stellantis peine à effacer l’image déplorable de son moteur Puretech 1.2L, pourtant multi-récompensé à ses débuts. La production de cette version problématique s’est ainsi arrêtée fin 2025. Pendant ce temps, Peugeot joue la carte de l’oubli en rebaptisant le moteur PureTech en « Turbo 100 ».
Qu’y a-t-il vraiment sous le capot ?
Le communiqué officiel du matin parle de nouveauté. Pourtant, ce bloc essence turbo de 100 ch n’est autre que l’EB2 Gen3 introduit dès 2023. Déjà disponible en version 136 puis 145 ch, ce moteur équipe depuis deux ans la majorité des modèles Stellantis. Cela va des Citroën C3 aux Fiat Grande Panda.
Ce qui démarque vraiment ce nouveau moteur turbo de Peugeot ? C’est en fait l’abandon définitif de la courroie au profit d’une distribution par chaîne fermée. Le tout avec un turbo à géométrie variable. Stellantis revendique alors 70 % de composants nouveaux par rapport aux générations précédentes. Ce « Turbo 100 » développe 101 ch à 5 500 tr/min et 205 Nm dès 1 750 tr/min. Ce sont des chiffres convenables pour l’entrée de gamme.
Pourquoi Peugeot attendait-elle si longtemps ?
Si ce moteur turbo existe depuis 2023, pourquoi les Peugeot 208 et 2008 l’ont-elles ignoré jusqu’à présent ? La réponse tient en réalité aux stocks. Jusqu’à fin 2025, ces modèles écoulaient encore les dernières unités de l’EB2 Gen2. Cette version intermédiaire conservait la courroie malgré des améliorations. Les Jeep Avenger, Opel Corsa et Mokka partageaient ce même écoulement d’anciennes générations.
Aujourd’hui, le renouvellement des gammes sert enfin à homogénéiser l’offre. Tous les véhicules essence du groupe embarqueront désormais cette mécanique à chaîne. Elle est garantie 8 ans sous réserve d’entretien annuel dans le réseau. Une promesse de sérénité qui contraste avec les cauchemars vécus par les propriétaires des premiers PureTech.
Les Firefly vont-ils tuer le nouveau moteur Turbo de Peugeot ?
L’avenir de cette famille moteur reste incertain. Stellantis a confirmé des investissements pour adapter les blocs à la norme Euro 7. Une menace plane cependant : les moteurs Firefly hérités de l’ancien groupe FCA. Ces unités italiennes pourraient progressivement remplacer les mécaniques françaises et bouleverser la cartographie industrielle du géant automobile.
Pour l’instant, le nouveau moteur « Turbo 100 » aidera Peugeot à tourner la page sans avouer ses erreurs. Le nom change, la technologie évolue, l’image se répare. Les clients des nouvelles 208 et 2008 bénéficieront d’une fiabilité enfin à la hauteur des promesses marketing. L’avenir nous dira si cette stratégie de l’autruche (changer de nom plutôt que d’assumer) suffira à ré-instaurer la confiance.
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