Grâce à sa nouvelle certification, Geely devient le premier constructeur chinois homologué pour son système ADAS en Europe. Le groupe pourrait alors devenir le futur leader de l’IA automobile chinoise sur le Vieux Continent.
Le 13 mars, le groupe annonçait que son système G-ASD (Geely Afari Smart Driving) recevait la certification UN R171. Cette certification de Geely est le « passeport » indispensable pour déployer des technologies d’assistance à la conduite en Europe. Geely devient alors le second constructeur mondial après BMW à obtenir cette validation.
Qu’est-ce que le système G-ASD ?
C’est un système développé par Afari Technology, filiale basée à Chongqing du groupe Lifan. Il représente l’état de l’art de l’assistance à la conduite chinoise. Grâce à la certification UN R171, Geely pourra commercialiser les véhicules équipés en Europe. Plus précisément, dans tous les États membres de la Commission économique des Nations Unies. Et ils n’auront pas à passer par des validations nationales case par case.
Les fonctionnalités restent toutefois temporairement bridées. En Chine, la navigation assistée en milieu urbain est déployée. De son côté, l’Europe n’autorise pour l’instant que l’assistance sur autoroute.
Li Chuanhai, directeur technique de Geely Auto Group, explique que les autorités européennes ont des exigences de sécurité plus strictes. Mais selon lui, elles ne s’opposent pas aux nouvelles technologies intelligentes. L’homologation de Mercedes-Benz en conduite autonome de niveau 3 démontre d’ailleurs cette ouverture technologique. Ce précédent favorise ainsi la nouvelle certification de Geely en Europe.
La Lotus, la première concernée
Le système G-ASD fera ses débuts européens sous le capot des Lotus dès juin 2026. Ce choix s’explique par l’architecture capitalistique. En fait, Lotus Technology, comme Geely Auto Group, appartient au holding Geely. Cette marque britannique historique sert ainsi de vitrine technologique pour le groupe. Elle combine prestige européen et innovation chinoise.
Li Chuanhai voit dans le marché européen un reflet de la Chine d’il y a quelques années. Là-bas aussi, les aides à la conduite étaient d’abord une curiosité. Elles sont ensuite devenues un critère d’achat déterminant.
Les études McKinsey confortent d’ailleurs cette vision en confirmant l’intérêt croissant des conducteurs européens pour l’intelligence automobile. Ce climat favorise ainsi la nouvelle certification obtenue par Geely pour ses technologies en Europe. L’analyse prévoit même que 25 % des ventes concerneront des véhicules autonomes d’ici 2035.
Quels obstacles freinent l’expansion chinoise ?
Malgré cet optimisme, plusieurs défis persistent. D’abord, les systèmes intelligents requièrent des services sur tout le cycle de vie, pas seulement une vente ponctuelle. Or, ces technologies doivent collecter des données pour s’entraîner. Ceci soulève alors des problématiques de stockage et de transfert transfrontalier complexes.
Les tensions géopolitiques compliquent encore les choses pour Geely, malgré l’obtention de la certification en Europe. En janvier 2025, Washington a annoncé l’interdiction progressive des véhicules connectés chinois à partir de 2027. De nombreux pays adoptent également des réglementations encadrant les véhicules intelligents. Celles-ci couvrent sécurité routière, protection des données et contrôles aux frontières.
Avec sa certification, Geely accélère quand même en Europe
Malgré tout, Geely et ses rivaux restent confiants. D’une part, XPeng et Nio équipent déjà leurs modèles d’exportation de systèmes d’assistance de base. D’autre part, des fournisseurs comme iMotion et Zhuoyu Technology établissent des opérations outre-mer.
Li Chuanhai résume cette ambition : « Les entreprises chinoises mènent dans les technologies intelligentes comme les systèmes d’assistance à la conduite, et l’expansion internationale est inévitable. » Geely prévoit déjà d’équiper ses marques Geely, Zeekr et Lynk & Co pour les marchés étrangers. La bataille pour l’automobile connectée vient à peine de commencer.
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