Bonne nouvelle : le monde du jeu vidéo regorge de titres qui partagent l’esprit corrosif et cette absence de complaisance de la série The Boys. Que vous cherchiez des justiciers au bord de la rupture ou des mondes où la morale est une notion très relative, voici notre sélection de jeux qui devraient parler aux admirateurs de Butcher et de sa bande.
L’univers de The Boys séduit par son ton mordant, sa vision désenchantée des super-héros et ses scènes d’action qui ne font pas dans la demi-mesure. Une fois la dernière saison terminée, difficile de trouver une expérience vidéoludique capable de retrouver cette énergie si particulière.
Saints Row 4
Impossible de ne pas penser à l’esprit frondeur de The Boys en arpentant les rues virtuelles de Saints Row 4. Le point de départ est aussi délirant qu’inattendu : le joueur incarne le Président des États-Unis, tout juste propulsé à la tête du pays après avoir gravi les échelons des 3rd Street Saints. L’invasion extraterrestre qui s’ensuit ne laisse que peu de temps aux mondanités diplomatiques. Projeté dans une simulation proche de Matrix, le chef de l’État en ressort doté de facultés surhumaines allant de la super-vitesse aux rafales de glace.
Très vite, armes à feu et voitures volées deviennent accessoires tant les pouvoirs débloqués offrent une liberté grisante. L’intrigue ne met pas en scène un commando de bras cassés luttant contre des héros corrompus, mais l’éveil brutal d’un citoyen lambda doté de capacités divines pour renverser l’oppresseur partage avec la série d’Amazon ce goût prononcé pour la subversion et un humour qui ne s’embarrasse d’aucune limite.
South Park : The Fractured But Whole
Pour une parodie de super-héros à l’écriture toujours aussi tranchante, direction le Colorado avec South Park : The Fractured But Whole. Suite directe du Stick of Truth, ce nouvel épisode troque les épées en mousse et les quêtes médiévales pour les capes et les justiciers de quartier. Cartman et sa bande se rêvent en super-héros, et le joueur, toujours dans la peau du petit nouveau fraîchement débarqué en ville, doit se choisir une identité et des pouvoirs dans un système de classes malin, du Rapide à l’Insaisissable.
Les combats évoluent vers un format tactique sur grille, chaque attaque bénéficiant d’une zone d’effet spécifique. L’exploration libre dans ce jeu et les dialogues constellés de références et de répliques fleuries rappelleront aux fans de The Boys que l’humour corrosif est une arme redoutable. L’intrigue, qui voit les enfants se déchirer sur la direction à donner à leur saga héroïque, ressemble à une guerre civile en miniature. Certes, l’hémoglobine n’éclabousse pas l’écran avec la même générosité, mais la verdeur du langage compense largement.
inFAMOUS Second Son
Changement d’ambiance avec inFAMOUS Second Son. On abandonne la franche rigolade pour une réflexion plus frontale sur la peur de la différence. Le joueur y incarne Delsin Rowe. C’est un jeune homme de Seattle dont l’existence bascule après une rencontre brutale avec des Conduits en cavale. Dans cet univers, posséder des gènes particuliers vous transforme en paria. Vous serez traqué sans relâche par le Département de Protection Unifié. C’est une agence gouvernementale qui n’hésite pas à employer des surhommes pour en enfermer d’autres.
Delsin développe d’abord la maîtrise du feu et de la fumée. Mais sa véritable particularité réside dans sa capacité à absorber les pouvoirs d’autrui. Cela étoffe ainsi son arsenal au fil de l’aventure. Le récit, qui le voit tenter d’échapper aux forces de l’ordre tout en sabotant leurs opérations, fait écho à la dynamique oppressive de The Boys en jeu. Même si l’ensemble évoque davantage un épisode sombre des X-Men. L’humour constant et le gore assumé de la série Prime sont ici remplacés par une atmosphère plus grave, mais le cœur du propos reste étonnamment proche.
Prototype 2
Les amateurs de sensations fortes et de gerbes de pixels cramoisis trouveront leur compte avec Prototype 2. Le premier opus suivait la croisade vengeresse d’Alex Mercer. Il s’agit d’un cobaye évadé transformé en machine à tuer polymorphe dans un New York à feu et à sang. Cette suite renverse la perspective. Mercer est désormais l’antagoniste. Et le joueur prend les commandes de James Heller, un ancien soldat bien décidé à lui faire payer ses exactions passées.
Armé de lames effroyables et capable de se muer en fouet de chair ou d’escalader les gratte-ciel en une poignée de secondes, Heller incarne un fantasme de puissance brutale. L’intrigue se concentre sur un affrontement personnel. C’est bien loin des machinations sociétales de Vought International. Mais le niveau de violence graphique place ce titre dans la même catégorie que les débordements les plus extrêmes du Protecteur.
Deadpool (2013)
Bien avant que Ryan Reynolds ne crève l’écran en costume rouge, l’anti-héros le plus bavard de Marvel avait déjà fait des siennes sur consoles en 2013. Deadpool est un défouloir linéaire. Le joueur alterne entre coups de katana et rafales de pistolets pour réduire des vagues d’ennemis en charpie. La variété des situations n’est pas son point fort. Mais la logorrhée permanente du personnage principal compense chaque seconde passée à appuyer frénétiquement sur les touches.
Le ton est volontiers grossier et méta. Le dialogue correspond à l’esprit de The Boys. Et la violence, bien que moins frontale que dans les films, ne s’encombre guère de retenue. Une précision toutefois pour les collectionneurs : le jeu a disparu des boutiques numériques suite à l’expiration des licences. Ceux qui ont eu la bonne idée de l’acquérir en 2013 ou lors de sa réédition en 2015 peuvent s’estimer heureux.
Dispatch
Terminons ce tour d’horizon par le titre qui entretient peut-être la parenté la plus subtile avec The Boys : Dispatch. Point de corporation tentaculaire ni de super-héros dépravés. C’est une satire du quotidien des justiciers masqués vue sous un angle administratif. Robert Robertson III, ancienne gloire répondant au nom de code Mecha Man, a rangé son armure. Il a intégré une agence chargée de dispatcher les héros en mission. Le joueur se retrouve à la tête d’une équipe de seconds couteaux. Ce sont d’anciens vilains ou héros déclassés, tous affublés d’un solide problème d’attitude.
Développé par d’anciens de chez Telltale, le jeu adopte la forme d’un dessin animé interactif. Dedans, chaque décision managériale influe sur le moral des troupes et le cours de l’histoire. Visuellement superbe et porté par une distribution vocale impeccable, Dispatch distille une intrigue à rebondissements qui n’a rien à envier aux scénarios alambiqués de la série d’Amazon. Moins sanguinolent et moins vulgaire, il partage néanmoins ce regard désabusé et terriblement humain sur les coulisses du mythe super-héroïque.
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