En 1977, des passionnés ont lancé le scantrad en traduisant une œuvre Osamu Tezuka avec son accord. Aujourd’hui, cette méthode qui s’apparente à du piratage compromet les droits des éditeurs sur des œuvres originales. Elle accélère pourtant aussi la diffusion des mangas.
Avant l’ère d’Internet, les premiers traducteurs amateurs collaient physiquement leurs textes sur des planches de mangas photocopiées. Désormais, ce terme désigne la numérisation et la traduction illégales d’une œuvre par des réseaux de fans. Cette pratique non autorisée déstabilise l’économie des éditeurs traditionnels tout en popularisant de nombreuses séries inédites. Et face à ce marché parallèle, l’industrie fournit des plateformes officielles de lecture simultanée, mais leur efficacité reste discutable.
En bref,
- Le scantrad désigne la numérisation et la traduction illégales de mangas par des groupes de fans.
- Ce piratage massif engendre une perte annuelle de 5,5 milliards de dollars pour l’industrie, selon le CODA.
- Les éditeurs répliquent avec le simultrad officiel sur des plateformes comme Manga Plus ou Pika Edition.
Qu’est-ce que le Scantrad ?
Ce qu’on entend par scantrad ou scanslation en anglais, c’est le processus de numérisation, de traduction et d’édition d’une bande dessinée d’une langue à une autre. Il s’agit d’un travail d’amateur, presque toujours réalisé sans le consentement de l’auteur ou des ayants droit.
Le terme « scanlation » est un portemanteau des mots scan et « translation » ou traduction en français. Ce terme recouvre principalement la bande dessinée japonaise (manga). Mais il s’utilise également pour d’autres traditions nationales à une échelle plus réduite. Les scantrads peuvent être consultés sur des sites web ou comme un ensemble de fichiers image téléchargés.
Introduction — 3e paragraphe
La pratique du scantrad enfreint la loi sur le droit d’auteur dans la mesure où les œuvres sont redistribuées sans l’autorisation des éditeurs ou des auteurs de mangas. Elle répond aussi au phénomène de la mondialisation et exploite l’accessibilité immédiate offerte par le monde numérique.
Les débuts du scantrad avec le groupe Dadakai
La première équipe connue de traduction amateur est Dadakai. Le groupe se forme en 1977 à Tokyo avec Frederik Schodt, Jared Cook, Shunji Sakamoto et Midori Ueda. Avec l’accord d’Osamu Tezuka, ils traduisent une œuvre de ce dernier intitulé « Le Phénix » ou « ‘Hi no Tori » pour son titre original.
Dadakai travaillait sur papier à l’époque car Internet n’existait pas encore. Ils photocopiaient les pages et collaient physiquement les textes traduits en anglais sur les bulles japonaises. Un autre nom pour cette méthode de collage physique est le « paste-up ». Leur but était de trouver un éditeur américain, et le succès n’a pas été immédiat. Cela dit, une partie de leur travail a fini par être publiée officiellement en 1983 dans un livre de Schodt intitulé Manga! Manga! The World of Japanese Comics.
L’histoire du scantrad ou « scanlation »
Inside Scanlation divise son histoire en trois périodes en particulier. Notamment l’ère classique, l’âge d’or et le Nouveau Monde. Ces périodes correspondent aux années 1970-2003, 2003-2007 et 2007- présent. Ils caractérisent ces trois périodes comme suit :
- Entre les années 1970-1990, le scantrad se concentre autour de quelques grands groupes. Ceux-ci sont organisés hors ligne. Plus tard, d’autres se forment via IRC ou Usenet.
- Au milieu des années 2000, la communauté se concentre sur les sites de versioning qui suivent de nombreux groupes.
- De 2007 jusqu’à aujourd’hui, les Speedscans sont des groupes qui numérisent des titres populaires et les distribuent via des sites d’agrégation et de lecture en ligne.
La numérisation de manhwa et de manhua en version anglaise appartient généralement aux mêmes communautés et traditions que la « communauté Scantrad » décrite par Inside Scanlation. Quant à la numérisation des bandes dessinées d’Asie de l’Est dans des langues autres que l’anglais, elle a parfois suivi la même trajectoire. Les événements survenus dans les domaines du manga et de l’édition aux États-Unis ont eu un effet disproportionné sur la communauté scantrad.
Le processus du scantrad
La pratique des « scanslations »s’est démocratisée, permettant à quiconque d’effectuer des « scanslations » sans intégrer une équipe. Cependant, les groupes établis suivent un processus précis pour assurer la qualité de leurs traductions.
Fournisseur de données brutes / scanner
Le processus commence par l’obtention du manga. Le scanner achète et démonte des livres pour les numériser et fournir des fichiers de qualité à l’équipe. Le remboursement de ses dépenses dépend du groupe avec lequel il collabore.
Nettoyeur et redessinateur
Le nettoyeur supprime les textes d’origine et peut recadrer ou ajuster les images pour les rendre exploitables. Si nécessaire, un redessinateur intervient pour restaurer les dessins effacés avec précision, habituellement à l’aide d’une tablette graphique.
Traducteur
Le traducteur convertit le texte japonais, coréen ou chinois dans la langue cible, sans besoin de certification officielle, mais avec une connaissance approfondie des caractères Hiragana, Katakana et Kanji. Le partage de scripts par des traducteurs indépendants est fréquent, notamment dans les groupes de speed scan.
Typographe et éditeur
Le typographe place le texte traduit dans les bulles et adapte les polices pour préserver l’esthétique. L’éditeur vérifie ensuite la traduction pour corriger les erreurs potentielles et améliorer la fluidité du texte.
Correcteur d’épreuves et contrôleur de qualité
Le correcteur d’épreuves s’assure que la grammaire et la mise en forme sont impeccables. Enfin, le contrôleur de qualité effectue une dernière vérification avant publication, veillant à l’alignement, à la clarté des images et à la cohérence du texte.
Les causes du scantrad
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’approche de Scantrad. En fait, les fans sont habituellement assez mécontents de l’industrie de la traduction. Leur enthousiasme pour une série particulière, associé à des retards dans les traductions officielles, a conduit à la formation de groupes scantrad.
Parmi les arguments invoqués par ces scantraders figure la valorisation de séries inédites. Cette pratique concerne également certains titres qui sont abandonnés en raison d’un manque de popularité ou de ventes dans la région cible.
Les scantraders ont pour but de permettre à un public beaucoup plus large d’accéder à de nombreux contenus qui ne sont pas autorisés dans divers pays. En d’autres termes, ils visent à contourner la censure perçue ou réelle lors de la traduction officielle et de la décision de licence de la série.
Caterpillar a déclaré qu’il a commencé à faire des scans parce qu’il voulait lire certains mangas et qu’il savait qu’ils n’avaient aucune chance d’obtenir une traduction officielle. Dans le fandom yaoi, les titres explicites publiés commercialement sont généralement réservés aux lecteurs de 18 ans ou plus.
Les libraires les stockent en BL pour qu’ils soient emballés et étiquetés pour les lecteurs adultes. Andrea Wood a indiqué que les amateurs de yaoi adolescents utilisent l’approche du Scandrad pour trouver ces documents plus explicites.
La réalité à deux visages du scantrad
Le marché noir du scantrad se divise en deux écosystèmes distincts. D’abord, il y a les groupes de fans et traducteurs bénévoles qui traduisent fidèlement les œuvres par pure passion. Ces groupes sont pleinement conscients du caractère illégal de leur activité. Cependant, ils l’autojustifient en tant que levier de visibilité pour les séries inédites.
Ensuite, vous avez les sites commerciaux, agrégateurs de streaming, qui industrialisent cette pratique. Ces plateformes automatisées pillent le travail acharné et bénévole des traducteurs bénévoles, mais pas uniquement. Ils s’enrichissent aussi au dos des éditeurs officiels à travers les revenus publicitaires.
Selon le Content Overseas Distribution Association ou CODA, un organisme officiel japonais, cette pratique de masse engendre un manque à gagner colossal pour l’industrie. La perte est estimée à plus de 5,5 milliards de dollars chaque année à l’échelle internationale.
Et les bilans annuels de l’Arcom en France confirment la situation. Ils indiquent notamment que ces plateformes illégales se monétisent massivement par des régies publicitaires en ligne particulièrement opaques. Au lieu de rémunérer la création, ce modèle commercial caché ne reverse aucun centime aux mangakas. Ils spolient directement les artistes de leurs droits patrimoniaux tout en fragilisant durablement l’écosystème légal de l’édition française et mondiale.
Les répercussions du Scantrad dans le monde du manga
Le scantrad crée une concurrence déloyale en contournant les processus d’édition officiels, tels que l’achat de licences, la traduction et la distribution. Ce piratage affecte directement les auteurs et les éditeurs, forçant ces derniers à envisager des solutions juridiques pour contrer ces pratiques.
Les stratégies des éditeurs pour lutter contre le scantrad
Pour répondre à cette menace, certains éditeurs proposent des offres découvertes en librairie ou des promotions numériques. Ils expérimentent également le simultrad, une traduction simultanée avec la sortie japonaise. Pika Edition, par exemple, vend des chapitres traduits rapidement après leur parution au Japon, notamment pour des séries comme Eden’s Zero ou Attack of the Titans.
Cette approche semble néanmoins risquée, car elle met une pression accrue sur la production. En parallèle, les éditeurs collaborent avec des sociétés de publicité et des plateformes de paiement, comme Visa ou PayPal, pour couper les financements aux sites pirates.
Frustration des créateurs de webtoons coréens
En Corée, le scantrad constitue une réelle menace. Selon Kim Dong-hoon, de l’Union des créateurs de webtoons, cette pratique provoque une frustration généralisée. De nombreux créateurs peinent à continuer leur travail, et certains envisagent d’abandonner leur carrière à cause des pertes subies. Face à cette situation, le gouvernement coréen, en partenariat avec Interpol, a lancé une enquête triennale. Cette dernière vise à protéger la propriété intellectuelle et limiter le scantrad à l’échelle internationale.
Comment le scantrad a-t-il peut-être aidé à populariser le manga ?

La popularité des mangas s’est étendue au-delà du Japon, devenant un phénomène mondial. L’essor du scantrad a largement contribué à cette expansion, en rendant les œuvres japonaises accessibles aux lecteurs du monde entier. Au début des années 2000, des sections dédiées aux mangas ont émergé sur les plateformes de torrents, une nouveauté pour les utilisateurs occidentaux.
Les amateurs de mangas ont été les premiers à traduire les scans de magazines japonais en anglais, créant un pont entre les cultures. Dans les premières années, les éditeurs officiels n’y ont pas vu une menace, mais plutôt comme une forme de reconnaissance de leurs œuvres à l’échelle internationale.
Avec le temps, le nombre de lecteurs hors du Japon a augmenté, favorisant l’apparition de nouveaux sites et groupes de scantrad. Ce qui n’était au départ qu’un passe-temps de niche a évolué en communauté massive et influente. L’émergence de cette base de fans a également retenu l’attention des éditeurs officiels, qui ont vu une opportunité de monétisation à travers de nouveaux marchés.
Sanctions possibles pour les créateurs et lecteurs de scantrad
Le scantrad constitue une violation flagrante des droits d’auteur, et des sanctions juridiques peuvent être appliquées aux créateurs et aux lecteurs de ces contenus illicites. Ces violations touchent principalement deux aspects : le droit moral et le droit patrimonial.
L’atteinte au droit moral
Le droit moral concerne le respect de l’intégrité de l’œuvre et de la paternité de l’auteur. En cas de violation, cela peut inclure la non-reconnaissance de l’auteur ou des modifications non autorisées de son œuvre. Dans le cadre du scantrad, les modifications apportées aux œuvres, notamment les traductions sans autorisation, constituent une atteinte au droit moral de l’auteur.
L’attente au droit patrimonial
Le droit patrimonial, quant à lui, concerne l’exploitation économique de l’œuvre. Le scantrad, en tant que reproduction ou diffusion d’une œuvre sans l’autorisation des ayants droit, tombe sous le coup du délit de contrefaçon. Les éditeurs et auteurs peuvent porter plainte contre les responsables.
S’il y a procès, la victime peut assigner les responsables devant le Tribunal de Première Instance. Deux mesures peuvent s’appliquer. La première est l’arrêt définitif de l’exploitation des œuvres illicites. La deuxième tient au paiement de dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi par l’auteur.
Sanctions pénales
En matière pénale, les créateurs et les distributeurs de scantrads encourent des peines plus sévères. Ils peuvent se faire condamner à 3 ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. De plus, les autorités peuvent ordonner la saisie des objets contrefaits. De telles sanctions rappellent l’importance de respecter les droits des créateurs et de privilégier les alternatives légales pour accéder aux œuvres.
Le scantrad face aux mesures prises par les autorités
En France, le Syndicat national de l’édition (SNE) intensifie la lutte contre le piratage. Le site Japscan a été bloqué en juillet 2025 suite à une action judiciaire. Le SNE demande désormais que les organismes professionnels puissent recourir à l’Arcom pour étendre les blocages obtenus devant le juge à tous les noms de domaine utilisés par les sites illégaux, comme le prévoit l’article L.331-27 du Code de la propriété intellectuelle.
L’Arcom dispose par ailleurs d’un mécanisme légal permettant d’inciter les opérateurs publicitaires et de paiement à signer des accords volontaires pour couper les ressources financières des sites pirates. Cette approche « Follow the money » est prévue par l’article L.331-12 du Code de la propriété intellectuelle, bien que sa mise en œuvre spécifique contre les agrégateurs de mangas reste à consolider.
Par ailleurs, les efforts de déréférencement des plateformes auprès des moteurs de recherche constituent également une nouvelle approche. Elle est parfois fastidieuse, car il faut disposer d’une copie numérique conforme à la loi avant de poursuivre les plaidoiries auprès de Google.
Scantrad : quelles sont les alternatives légales ?
BookWalker
Il s’agit d’un site légal japonais consacré uniquement aux BD numériques. Créé par Kadokawa, il regroupe les principales maisons d’édition, dont Kodansha, Viz et Yen. Il faut télécharger le logiciel BookWalker sur smartphone ou se rendre directement sur la plateforme. Puis, il suffit de parcourir les collections en fonction des catégories, de l’éditeur ou du type de bande dessinée.
Après avoir sélectionné le contenu souhaité, il est nécessaire de régler les frais pour que ce dernier soit ajouté à la bibliothèque BookWalker.
Manga Plus
Shueisha fait partie des éditeurs japonais leaders sur le marché du manga. Cette maison a lancé Manga Plus en janvier 2019. Il s’agit d’une plateforme de diffusion en ligne supportant plusieurs langues. Cela inclut l’anglais, l’espagnol, le thaïlandais, l’indonésien, le portugais, le brésilien et le russe. Et pour élargir son audience, les traductions françaises sont à présent disponibles sur cette plateforme.
Pour l’instant, seuls huit chapitres de mangas en français vont sortir simultanément comme au Japon. Et il ne s’agit pas seulement de n’importe quel type de manga. Manga Plus France présente en effet les meilleurs titres publiés à ce jour : My Hero Academia, One Piece, Jujutsu Kaisen, Mashle, Black Clover, Mission : Famille Yozakura, Kaiju et Undead Luck.
Il faut préciser que cette plateforme est simple à utiliser. Généralement, il est possible de visionner gratuitement les trois premiers et derniers chapitres. Cependant, il n’y a que les trois premiers et le plus récent qui sont disponibles en français. Shueisha compte lutter contre le scantrad mais aussi séduire le public français qui n’a pas lu les titres en anglais sur Manga Plus. En effet, si des pépites éditées par la maison japonaise sont absentes de la version française, ces dernières ne tarderont pas.
Mangas.io
Cette plateforme propose un modèle d’abonnement à 6,90 euros par mois qui permet un accès illimité à un catalogue de plus de 10 000 chapitres. La plateforme reverse une partie de ses revenus aux éditeurs partenaires au prorata de la lecture de chaque utilisateur. Ce système de rémunération équitable vise à compenser les pertes liées au piratage tout en offrant une alternative légale abordable. L’application est disponible sur iOS, Android et navigateur web, avec une interface optimisée pour la lecture sur smartphone et tablette.
Les utilisateurs peuvent télécharger les chapitres pour une consultation hors connexion. Le service inclut également des fonctionnalités de personnalisation, comme la création de bibliothèques de titres favoris et des notifications de sortie de nouveaux chapitres. Cette approche s’inscrit dans une stratégie globale de l’édition française pour reconquérir les lecteurs habitués aux scantrads illégaux.
Réécriture : une variante du scantrad
Avec le développement croissant d’Internet, de nombreux internautes ont commencé à traduire de plus en plus de scripts de mangas. Peu après, des groupes ont décidé de diffuser leurs traductions sur des pages de mangas. Cependant, d’autres ont opté pour la réécriture.
Cette dernière fait partie des variantes du scantrad qui se traduit par l’invention de nouveaux scénarios au lieu de traduire la version originale. Elle est généralement réalisée par des fans qui ne maîtrisent pas tout à fait la langue dans laquelle se déroule la bande dessinée qu’ils souhaitent avoir dans leur propre langue. Ils agissent de la sorte pour leur propre plaisir ou simplement dans le but de la partager avec des amis ou sur un site de discussion.
Ces fans changent parfois le style de leurs œuvres et en font éventuellement de petites parodies dont les dialogues ne sont pas synchronisés avec les illustrations. Ce type de travail représente une forme de fan art. Cependant, un grand nombre du public s’oppose à ces pratiques à caractère illégal. En effet, elles déforment le contenu de la version originale et créent une certaine confusion. La plupart du temps, les informations relatives à l’origine de la bande dessinée ne sont pas indiquées.
Phénomène du re-scantrad
Un certain nombre de groupes ne traduisent pas directement à partir de la langue originale, et la re-Scantrad devient courante. Dans le domaine du manga, il arrive fréquemment que des groupes fassent une nouvelle traduction dans la langue cible du Scantrad japonaise vers l’anglaise. Cela signifie qu’ils passent de la traduction anglaise au russe, à l’espagnol, au français, au portugais, etc. au lieu de traduire directement du japonais.
Plusieurs groupes choisissent de retraduire étant donné le nombre de traducteurs qui parlent à la fois l’anglais et la langue cible. C’est également beaucoup plus facile, puisque seule la traduction doit être éditée. Certains groupes autorisent librement la re-scantrad, tandis que d’autres l’interdisent. Celle avec autorisation implique de créditer aussi le groupe d’origine en générique de la nouvelle scantrad.
La re-scantrad sans autorisation peut être la cause de beaucoup d’animosité entre les groupes… Par exemple, le scantrad des titres populaires tels que Naruto, One Piece et Bleach ont fait surface dans le passé avant même que d’autres groupes aient une version brute. La re-scantrad chinois vers l’anglais est rare, car les groupes chinois ont été fortement contre une nouvelle analyse de ces versions.
Le coût réel du scantrad face aux tarifs des offres légales
L’accès universel proposé par le scantrad dissimule une réalité économique complexe où s’affrontent le manque à gagner des créateurs et l’accessibilité budgétaire pour les lecteurs. Selon l’Association parlementaire japonaise pour le manga, le piratage de mangas a coûté environ 7 milliards de dollars à l’industrie en 2024. Le ministère japonais de l’Économie (METI) estime que les pertes globales liées au piratage de contenu digital et à la contrefaçon ont atteint 38 milliards de dollars en 2025. L’écosystème légal s’organise pour proposer des tarifs attractifs au grand public.
| Type de service | Prix pour l’utilisateur | Impact financier éditeur / auteur | Modèle économique |
|---|---|---|---|
| Scantrad illégal (Sites agrégateurs) | 0,00 € | Perte nette de revenus directs | Monétisation publicitaire grise et revente de données |
| Abonnement légal (ex: Mangas.io) | 6,90 € / mois | Redistribution équitable du chiffre d’affaires | Abonnement SVOD avec répartition au prorata de lecture |
| Simultrad (Manga Plus) | Gratuit (3 premiers + 3 derniers chapitres), abonnement mensuel au-delà | Financement direct des créateurs japonais | Modèle freemium par abonnement (Standard : 1,99 €/mois, Deluxe : 4,99 €/mois) |
| Tome physique ou e-book | 7,50 € à 9,50 € / unité | Rémunération par droits d’auteur (8 % à 12 %) | Circuit de distribution commercial traditionnel |
L’intelligence artificielle bouleverse le scantrad
L’intelligence artificielle permet désormais de traduire automatiquement des mangas avec des taux de précision prometteurs, selon les promoteurs de solutions comme AI Manga Translator. Ces technologies combinent reconnaissance optique de caractères dédiée au manga, traduction alimentée par LLM (grands modèles de langage), et inpainting automatique pour supprimer le texte original et replacer la traduction dans les bulles.
L’extension Fakey pour Chrome traduit directement sur la page pendant que vous faites défiler. D’autres outils comme Scan Translator et manga-image-translator ont fait de réels progrès, permettant de traiter un chapitre entier en quelques minutes contre 20 à 30 minutes auparavant.
Cette accélération technologique pose un dilemme majeur. D’un côté, elle démocratise l’accès aux œuvres japonaises pour les lecteurs francophones. De l’autre, elle amplifie considérablement la menace pour l’industrie légale. Les sites pirates peuvent désormais produire des traductions de qualité acceptable en temps record, réduisant l’écart avec le simultrad officiel.
Les plateformes de localisation d’entreprise comme Mantra Engine ou Orange/emaqi répondent par une collaboration homme-IA. Le marché global de la traduction automatique était estimé à 710 millions de dollars en 2026 et devrait atteindre 1,09 milliard d’ici 2033, selon Coherent Market Insights. Le marché mondial du manga pèse 23,12 milliards de dollars en 2026 avec une croissance de près de 20 % par an. Selon le rapport MUSO 2024, les sites de piratage de mangas ont enregistré 46,57 milliards de visites dans le monde, soit une hausse de 347 % sur cinq ans.
En France, cette innovation intervient alors que l’Arcom intensifie ses blocages de sites illégaux. Le défi pour les éditeurs français est de proposer une expérience de lecture légale suffisamment fluide et rapide pour convaincre les lecteurs habitués aux scantrads instantanés.
⚠️Important à savoir ! ⚠️
Cet article est publié à titre purement informatif et documentaire sur l’actualité des technologies numériques et des modes de consommation média.
- Soutien à l’écosystème légal
Le financement de la création (cinéma, séries, sport) repose exclusivement sur les revenus des offres légales. En privilégiant les plateformes officielles (VOD, SVOD, diffuseurs certifiés), vous garantissez la sécurité de vos données et la pérennité des contenus que vous appréciez. - Distinction entre navigation et usage illicite
Le simple fait de visiter une plateforme web n’est pas, en soi, un acte illégal. Toutefois, la consommation (streaming), le téléchargement ou le partage d’œuvres protégées par le droit d’auteur sans l’autorisation des ayants droit constituent un délit de contrefaçon. Il incombe à chaque utilisateur de s’assurer, avant d’accéder à un fichier ou à un flux, que celui-ci n’est pas protégé par des droits de propriété intellectuelle. - Responsabilité et sanctions pénales
L’accès délibéré à des contenus piratés expose l’internaute à des poursuites civiles et des sanctions pénales. La loi punit la reproduction d’une œuvre sans autorisation, que celle-ci soit définitive (stockage sur disque dur) ou temporaire (chargement dans le lecteur vidéo/cache du navigateur). En utilisant ces services, vous agissez sous votre entière responsabilité. - Engagement du média et non-incitation
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La fréquentation de plateformes non officielles expose vos appareils (ordinateur, smartphone, smart TV) à des menaces critiques : injection de malwares, vol de données personnelles (phishing) et détournement de vos coordonnées bancaires via des fenêtres publicitaires trompeuses.
FAQ Scantrad
La start-up Mantra déploie des modèles de deep learning pour traduire un manga officiel en 1 journée. Cette automatisation accélère le simultrad légal pour étouffer les sorties pirates extrêmement rapides.
Les sites pirates injectent massivement des scripts de cryptojacking qui exploitent le processeur de votre smartphone. Ils installent aussi des malwares via des redirections publicitaires gérées par des régies opaques.
Les moteurs de gouvernance algorithmique comme Google excluent activement ces plateformes des résumés génératifs. Les requêtes informatives privilégient désormais les distributeurs officiels pour respecter la propriété intellectuelle.
Le défilement infini ou webtoon scroll facilite le vol automatisé d’images par des scripts de web scraping. Des robots capturent 100 % des chapitres en quelques secondes pour alimenter les plateformes illégales.
L’organisation Discord sert de refuge pour partager les liens cryptés après le blocage des serveurs miroirs. Les équipes y centralisent aussi le recrutement des cleaners et des typographes bénévoles.
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