Le Marsupilami, cette boule de poils et d’excentricité, a conquis l’écran sous deux plumes très différentes. D’un côté, on l’adaptation délirante et potache du Marsupilami de Philippe Lacheau. De l’autre, la version onirique et colorée d’Alain Chabat.
Deux visions, deux tonnes d’humour, mais un seul champion. Qui a capturé l’essence sauvage et espiègle de Houba ? Le débat est ouvert, et il promet d’être aussi animé qu’une chasse à la palombie !
Le Marsupilami peut-il survivre à la « Bande à Fifi » ?
Quatorze ans après le succès surprise du film d’Alain Chabat, le célèbre animal tacheté fait son retour sur grand écran. Mais cette fois, c’est Philippe Lacheau qui tient les rênes de Marsupilami, une comédie familiale déjantée sortie le 4 février 2026. Le pari était audacieux : reprendre le flambeau d’un film culte qui avait séduit 5 millions de spectateurs. Le résultat ? Un mélange surprenant entre deux univers comiques qui ne s’étaient jamais vraiment rencontrés.
Qui sont les nouveaux héros de cette aventure ?
Oubliez les explorateurs intrépides de 2012. Ici, l’histoire suit David (Philippe Lacheau), un père de famille ordinaire contraint par son patron mafieux (Jean Reno) de ramener d’Amérique du Sud un mystérieux colis. Pour ce faire, il embarque malgré lui sur une croisière avec son ex-femme Tess (Elodie Fontan), son fils Léo, et son collègue aussi benêt que maladroit, Stéphane (Tarek Boudali).
La mission tourne au chaos lorsque le colis—un œuf—éclot, libérant un adorable et espiègle bébé Marsupilami. Le voyage vire alors à la course-poursuite endiablée pour protéger la créature de vilains trafiquants.
Jamel Debbouze fait-il le pont entre les deux époques ?
C’est l’un des liens les plus évidents avec le film original. Jamel Debbouze reprend en effet son rôle de Pablito Camaron, le voyou au grand cœur. Sa présence crée un pont tangible entre l’humour rétro et bricolé du Marsupilami de Alain Chabat et le style plus frontal et potache de Philippe Lacheau. Pourtant, certains observateurs trouvent que l’humoriste semble un peu effacé dans cette nouvelle mouture, son énergie distinctive se diluant parfois dans le flot de gags rapides de la « Bande à Fifi ».
L’humour de Lacheau fonctionne-t-il avec la créature de Franquin ?
Le Marsupilami embrasse sans complexe les codes de la troupe de Philipe Lacheau. On retrouve ainsi l’humour potache, les situations absurdes et les blagues physiques qui ont fait le succès de Babysitting ou Alibi.com. Certains gags, notamment les échanges vachards entre l’ex-couple joué par Lacheau et Fontan (mariés dans la vraie vie), font mouche. D’autres, en revanche, tombent à plat, comme une scène devenue vite grotesque où le Marsupilami ingère du Viagra. Le ton oscille parfois étrangement entre la comédie débridée et des tentatives maladroites d’émotion familiale, qui sonnent faux.
Le film tient-il la route face à son prédécesseur ?
La comparaison est inévitable, mais les deux films ne visent pas tout à fait le même public. Là où Alain Chabat enrobait son aventure de douceur nostalgique et d’écologie, Lacheau mise sur le rythme, l’accumulation et la modernisation du concept. Le Marsupilami numérique est techniquement réussi et expressif, et le film évite l’écueil du produit purement calibré. On sent une réelle envie de divertir, sans mépris pour le spectateur.
Le film trouve notamment son équilibre dans les rares moments où il ralentit, laissant la place à la jungle ou au tempo plus narratif de Jamel Debbouze. Il n’a pas la mélancolie facétieuse du premier opus, mais assume pleinement son identité de comédie pop et généreuse. Marsupilami de Philippe Lacheau remplit ainsi son cahier des charges : offrir un divertissement familial rapide et sans prétention, prouvant que la créature de Franquin peut survivre—et même s’amuser—dans un nouvel univers comique. La relève, bien que différente, est assurée.
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