Jusqu’au bout, sur Netflix, c’est l’histoire d’une mère dont le seul souhait est de voir son seul enfant guérir de son cancer. Mais comment faire alors que le système hospitalier ne les favorise pas ?
Jusqu’où peut-on aller par amour ? La réponse est au cœur de ce récit. Nous avons suivi le chemin pavé de décisions des protagonistes, et le résultat est assez mitigé. Voici comment nous avons analyser le film d’un autre point de vue.
Notre verdict :
- La première moitié s’enlise dans le pathos, puis le film bascule dans une prise d’otage invraisemblable qui trahit le message sur le cancer pédiatrique.
- La romance forcée et les personnages stéréotypés achèvent un récit qui ne tient ni le suspense ni l’émotion.
La première moitié du film s’enlise dans un mélodrame insipide
Le long-métrage consacre ses 45 premières minutes à une exposition interminable des efforts des parents pour avoir un enfant. En effet, les scènes de conception laborieuse et d’enfance de Noa manquent cruellement de tension narrative. De plus, les jeunes patients se montrent souvent hostiles, ce qui rend le visionnage désagréable.
Ainsi, cette partie didactique ressemble à une campagne de sensibilisation dénuée d’émotion authentique. En fait, la réalisatrice Nawell Madani tarde à installer les enjeux, noyant le spectateur sous un pathos excessif.
Le virage radical vers le thriller d’action, une erreur dans le récit
Soudainement, après qu’on ait découvert le cancer de son enfant, mais que les soins tardent à le guérir, Jada s’empare d’une arme et prend en otage le service hospitalier où il est et les menace. Cependant, cette transformation en justicière armée paraît artificielle.
En réalité, son métier de coach de boxe ne justifie pas le fait qu’elle puisse assumer cette transformation. Par ailleurs, la police et le personnel médical semblent étonnamment complices. Ainsi, cette séquence excessive rompt totalement avec le réalisme pesant de la première heure. Finalement, le décalage de ton empêche d’adhérer à cette fable sociale.
Le message sur le cancer pédiatrique est dans l’invraisemblance
Jusqu’au bout sur Netflix dénonce le sous-financement de la recherche et les listes d’attente des patients dans les hôpitaux. Pourtant, le scénario emprunte des chemins trop spectaculaires pour le montrer.
Par exemple, l’ultimatum lancé en direct à la télévision nationale détourne l’attention du véritable drame. De plus, les enfants malades sont réduits à des archétypes. Ainsi, la métaphore militante perd de sa force. Finalement, le film échoue à toucher car il force le trait.
La romance entre Jada et Paul parvient-elle à convaincre les spectateurs ?
L’ex-mari Paul est présenté comme un père démissionnaire et peu sympathique. Pourtant, le récit tente maladroitement de les rapprocher vers la fin. En effet, un simple regard complice est censé sceller la réconciliation.
Cependant, aucune évolution psychologique ne motive ce revirement. Ainsi, cette intrigue amoureuse semble plaquée sur les personnages pour offrir une conclusion apaisée au récit. Et le pire à la fin, c’est le fait que le public n’a aucune raison de souhaiter leur retour.
Jusqu’au bout échoue à équilibrer divertissement et message militant ?
En somme, le long-métrage oscille constamment entre le mélodrame larmoyant et l’action déjantée. D’un côté, il veut alerter sur les carences hospitalières. De l’autre, il mise sur des rebondissements outranciers. Ainsi, ces deux intentions s’annulent mutuellement. Par ailleurs, le jeu excessif des acteurs affaiblit la portée du témoignage. Finalement, ce film Netflix ne remplit ni son rôle de thriller haletant ni celui de plaidoyer réaliste.
- Partager l'article :
