Brad Pitt, casque vissé et combinaison enfilée, devient Sonny Hayes dans F1, le prochain film événement signé Joseph Kosinski. Après avoir dynamité les airs avec Top Gun: Maverick, le réalisateur s’attaque à l’asphalte, caméra vissée sur des monoplaces retravaillées par Mercedes.
L’objectif est clair : faire ressentir la vitesse, les secousses, les tensions de course. Pour cela, l’équipe a filmé au cœur de véritables Grands Prix afin de mélanger fiction et événements bien réels. Le film ne cache pas son ambition : séduire les fans, attirer les néophytes et faire vrombir les salles IMAX.
Le pitch sent la sueur et l’huile moteur : un vétéran de la course, Sonny Hayes, reprend le volant pour épauler un jeune pilote prometteur, Noah Pierce. Damson Idris joue le protégé fougueux, perdu dans une écurie fictive baptisée Apex GP. Tout y est : rivalité interne, tension de paddock, patron menacé (Javier Bardem) et directrice technique brillante mais sous-exploitée (Kerry Condon).
L’histoire flirte avec tous les clichés du genre, mais tire son énergie de scènes haletantes, filmées en situation réelle. Le cadre narratif ne brille pas toujours, mais les images sur circuit donnent du nerf au récit.
Une production dopée aux watts… et aux caméras embarquées
Les caméras embarquées, fixées aux F2 customisées pour le film, capturent les mouvements à couper le souffle. Les images, enrichies numériquement pour habiller les voitures aux couleurs d’Apex, donnent l’illusion parfaite. Les courses sont crédibles, précises et visuellement spectaculaires.
Kosinski ne cherche pas à simplifier la discipline, mais à en montrer le chaos contrôlé. Le film reproduit même l’ascension de l’Eau Rouge à Spa, moment d’anthologie pour les connaisseurs. De quoi ravir les fans fatigués de certains Grands Prix sans éclat.
Mais le film reste une mise en scène. La F1 y est souvent traitée comme un théâtre d’absurdités stylisées. Intrigues absurdes, romances artificielles, superlicences ignorées… les règles sont mises de côté pour mieux raconter. Les vrais pilotes et patrons apparaissent, souvent relégués à des caméos décoratifs.
Martin Brundle et David Croft tentent d’expliquer la technique, mais leurs interventions frôlent l’auto-parodie. Ce n’est ni un documentaire, ni un drame réaliste, mais un spectacle mis sous contrôle par l’organisation même qu’il met en scène.
Un film qui fait vibrer, sans toujours convaincre
Le film ressemble parfois à une extension trop brillante de Drive to Survive, avec un montage plus serré, des stars en surcouche et une volonté d’impressionner plus que d’émouvoir. Le personnage de Brad Pitt fonctionne, mais l’écriture de F1 reste en surface. Seule la séquence des 24 minutes de Daytona, tournée sur circuit réel, parvient à conjuguer puissance visuelle et narration efficace.
Ce n’est peut-être pas du grand cinéma sportif, mais c’est un film qui fait palpiter l’imaginaire à chaque virage. Et parfois, c’est suffisant pour ressentir les frissons du départ lancé.
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