Une tempête qui coupe tout, et une brochette d’amis qui pensaient passer un week-end tranquille. Mauvaise pioche. Dans The Storm sur Netflix, la fête vire au cauchemar : les secrets éclatent et la confiance part en fumée.
Alors, qui s’en sort indemne ? Spoiler : mentalement pas grand monde. Certains survivent physiquement mais laissent des plumes dans l’affaire. On vous récapitule ce final sous tension, et ce qu’il reste de cette bande une fois les nuages dissipés.
Le film The Storm sur Netflix transforme un week-end entre amis en huis clos halluciné où les masques tombent.
- Champignons hallucinogènes, fausse grossesse et chien disparu : la soirée dérape en chaos absurde, avec un chauffeur mutilé mais aucun mort.
- Personne ne sort indemne : couples et amitiés sont fissurés, pourtant le groupe repart et prévoit déjà de se revoir à Pâques.
- Une comédie noire suédoise sur l’amitié, la vie de couple et la solitude cachée derrière les apparences.
The Storm : sous la tempête, le naufrage des apparences
Un week-end entre amis dans un gîte de luxe isolé, une tempête de neige qui coupe le monde extérieur, et une brochette de quadragénaires qui pensaient échapper quelques jours à leurs vies respectives. Mauvaise pioche. Dans The Storm sur Netflix, la fête d’anniversaire vire au cauchemar éveillé : entre champignons hallucinogènes ingérés par erreur, un chauffeur séquestré et un chien porté disparu, les secrets les mieux gardés remontent à la surface. Josephine Bornebusch signe une comédie noire suédoise où le huis clos force chaque personnage à regarder en face ce qu’il fuyait.
Une réunion qui sent le roussi avant même le premier verre
Caroline et Filip possèdent ce gîte de luxe qui ressemble à une maison d’hôtes. L’objectif de Caroline est limpide : convaincre leurs amis fortunés — Henrik en tête — d’investir dans l’établissement. Mais le prétexte de la fête cache déjà des tensions autrement plus profondes. Henrik apprend qu’il va être licencié pendant le séjour. Ninni, sa jeune épouse, cherche désespérément de l’affection. Kina prévient Oscar que leur fils est malade, mais il insiste pour le laisser à la baby-sitter. Jacob, lui, veut présenter son compagnon Nicholas au groupe. Bref, avant même que le repas ne soit servi, chaque invité porte déjà une bombe à retardement personnelle.
Les champignons : le grain de sable qui enraye la machine
Tout bascule lorsque Oscar reçoit des champignons hallucinogènes de Peter, le frère cuisinier de Caroline, et les lui fait ingérer pour éviter un conflit. Puis Caroline, en retard et agacée, reprend la cuisine et utilise par erreur les substances dans le repas. Peter se brûle les mains. Les hallucinations collectives transforment le dîner en chaos : Henrik se frappe contre un miroir, Nicholas et Peter continuent de délirer, et une panne d’électricité plonge le gîte dans le noir. Ce qui devait être une soirée arrosée devient une succession de crises incontrôlables.
Le doigt, le chien et l’incendie : les trois temps forts d’une nuit qui déraille
Parmi les nombreux rebondissements de cette nuit, trois séquences concentrent l’essentiel des enjeux du film.
Natti et le chauffeur : Convaincue que le chauffeur a enlevé son chien Mochi, Natti le torture et lui sectionne un doigt. Oscar participe d’abord à l’illusion avant d’avouer la vérité. Filip appelle une ambulance, qui évacuera le chauffeur blessé au petit matin. Cette séquence, à la fois grotesque et glaçante, dit tout de la violence que peut générer la peur de perdre ce qu’on aime.
Le secret de Caroline : La grossesse de Caroline n’est pas ce qu’elle prétend être. Elle porte une prothèse qu’elle finit par retirer avant de tenter d’incendier le gîte, persuadée que Filip la trompe avec Kina dans le sauna. La vérité éclate au grand jour : le couple attend un enfant par mère porteuse. L’incendie raté met le feu à la prothèse, et les apparences du couple s’effondrent devant le groupe. C’est le cœur émotionnel du film : sous la façade du couple parfait et prospère, une fragilité que Caroline voulait absolument dissimuler.
Le chien qui n’a jamais été mangé : La révélation la plus absurde de la soirée concerne Mochi. Natti et Oscar brûlent ce qu’ils prennent pour les restes du chien, mais Filip découvre que Mochi est vivant. Peter, de son côté, a découpé un autre chien et en a servi la chair aux invités. Cette révélation pousse la soirée vers une folie encore plus noire, sans qu’aucune mort humaine ne soit à déplorer — les sources le confirment explicitement : « no one dies in The Storm ».
Ce qui reste après la tempête : un groupe fissuré mais debout
Au petit matin, Filip confronte ses amis sur leurs défauts les plus visibles. À Henrik, il reproche de tout ramener à l’argent et d’ignorer Ninni. Quant à Natti, ses jugements alors qu’elle se sent seule. Ensuite, Oscar, de ne pas s’occuper davantage de sa famille. Puis il s’allonge dans la neige, après le passage de la tempête. Le groupe retourne à l’hôtel, reprend ses habitudes, et Henrik paie le chauffeur. Les amis prévoient même de se revoir à Pâques. Personne ne sort indemne — les couples et les amitiés sont fissurés — mais le vernis tient bon. C’est peut-être la morale la plus désabusée du film : la tempête a tout emporté, sauf les apparences.
Un accueil critique loin de l’unanimité
Si The Storm sur Netflix séduit une partie du public par son jusqu’au-boutisme comique — le site Moviezine lui attribue 4/5, saluant « un chaos aussi humain que follement drôle » —, la réception critique et publique est nettement plus contrastée. Sur IMDb, le film plafonne à 5,1/10 sur 873 votes. Sur Rotten Tomatoes, seules deux critiques ont été recensées : une « Fresh » et une « Rotten ».
La critique Cortlyn Kelly, sur RogerEbert.com, attribue au film 2 étoiles sur 4, estimant que les personnages manquent de profondeur et que les observations sociales restent superficielles. En Suède, Aftonbladet parle d’un film « divertissant mais brouillon », avec des dialogues « pas aussi affûtés qu’ils devraient l’être » et des stéréotypes « nombreux » pour « peu de surprises ». Un contraste qui dit bien la difficulté de l’exercice : la comédie noire chorale est un genre casse-gueule, et The Storm divise autant qu’il ose.
FAQ
Le film suit Filip, qui célèbre son 45e anniversaire dans une ferme luxueuse récemment acquise dans le nord de la Suède, avec sa femme Caroline et leurs amis les plus proches. Leur projet : convaincre ces amis d’investir dans leur projet de chambre d’hôtes. Mais une violente tempête de neige les piège tous à l’intérieur, et les apparences policées s’effondrent rapidement, laissant place aux secrets enfouis et aux émotions brutes. Il s’agit d’une comédie noire suédoise à huis clos, comparée par certains critiques à l’ambiance de la trilogie À couteaux tirés.
Le film est écrit et réalisé par Josephine Bornebusch, qui y tient également un rôle. Le casting est mené par Gustaf Skarsgård (connu pour Vikings et Westworld) dans le rôle de Filip, aux côtés d’Aliette Opheim, Filip Berg, Jonas Karlsson et Johan Rheborg. La distribution est décrite comme un ensemble d’acteurs chevronnés du paysage nordique.
La fin est volontairement ouverte et loin d’un dénouement hollywoodien classique. Personne ne meurt dans The Storm, malgré une série d’incidents dangereux au cours de la soirée. Les invités repartent sans l’investissement qu’ils étaient venus chercher. La maison est endommagée, et plusieurs vérités ont éclaté au grand jour. Le couple central, Filip et Caroline, semble néanmoins disposé à donner une seconde chance à son mariage, sans que le film n’aille jusqu’à montrer une réconciliation complète.
Le plus grand twist du film concerne la grossesse apparente de Caroline. Il s’avère qu’elle porte un ventre de grossesse artificiel. La raison est profondément humaine. Après des fausses couches à répétition, des traitements de fertilité infructueux et des déceptions dans leurs démarches d’adoption, le couple se tourne vers la gestation pour autrui. Pour éviter d’expliquer ce parcours douloureux à leurs amis, ils ont choisi de présenter une version plus simple et heureuse de leur vie.
Les réactions sont très divisées. Une partie de la critique salue une comédie drôle, esthétique et sous tension, idéale pour un week-end détente. À l’inverse, de nombreux spectateurs suédois se sont montrés très sévères. Il ont qualifié le film de « désastre » ou de « pire film qu’ils aient vu » sur les réseaux sociaux. Certaines critiques internationales vont jusqu’à le décrire comme l’une des pires comédies de ces dernières années, le jugeant épuisant et inégal.
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