Le dernier film Supergirl a débarqué avec de grandes ambitions, mais les retours sont pour le moins mitigés. Si l’interprétation de l’actrice principale est saluée, le long-métrage peine à convaincre sur la durée.
Rythme déséquilibré, méchant sous-exploité, ou encore un ton qui hésite entre légèreté et drame : plusieurs éléments empêchent le film de décoller. Pourtant, il y avait de quoi faire. Notre analyse se penche sur ce qui cloche vraiment dans cette adaptation, sans tomber dans le procès facile, mais avec un regard honnête.
Supergirl l’héroïne qui devait briser la malédiction du genre
En effet, le contexte actuel est marqué par une fatigue des super-héros indéniable. Parmi les derniers blockbusters, seul Superman a évité le naufrage commercial, tandis que The Fantastic Four ou Captain America ont peiné. Par conséquent, Supergirl devait redoubler d’éclat pour s’imposer. De plus, le film affrontait un vent contraire supplémentaire, à savoir le rejet misogyne ciblant les héroïnes. Ainsi, la barre était placée très haut. Malheureusement, le long-métrage n’a pas réussi à retrouver l’étincelle qui avait rendu l’Homme d’Acier si attachant et fédérateur.
Milly Alcock, une Supergirl poignante mais piégée par un scénario défaillant
L’actrice Milly Alcock livre une performance remarquable, incarnant une Kara désabusée avec un véritable pathos. Pourtant, la scénariste Ana Nogueira ne lui offre pas une histoire à la hauteur de son talent. En réalité, le personnage erre dans une apathie constante, sans jamais trouver son élan moral. Contrairement à un récit initiatique lumineux, ce chemin de rédemption tombe à plat. Par conséquent, l’héroïne ressemble plus à une Wednesday Addams alcoolisée qu’à un symbole d’espoir. Finalement, le charisme de l’interprète se heurte à une écriture qui refuse de la laisser briller.
L’intrigue se résume-t-elle vraiment à sauver un chien ?
De manière surprenante, la motivation principale de Kara n’est pas de démanteler un réseau de trafiquants. En effet, le chef des Brigands, Krem, a tiré une fléchette empoisonnée sur Krypto, son chien. Kara accepte donc d’aider Ruthye uniquement pour obtenir l’antidote. Ainsi, le sauvetage des femmes kidnappées pour devenir des reproductrices passe au second plan. Ce choix narratif affaiblit la portée héroïque du récit. De plus, le personnage de Ruthye manque d’épaisseur, rendant cette quête vengeresse bien moins captivante qu’elle n’aurait dû l’être.
Un voyage morose privé de l’étincelle musicale de James Gunn
L’un des plus gros défauts du film réside dans son ambiance sonore étonnamment terne. Produit par James Gunn, pourtant réputé pour ses bandes originales mémorables, Supergirl déçoit cruellement. Hormis une reprise mélancolique de The Middle par Jimmy Eat World, aucune chanson ne marque les esprits. De plus, l’absence de dialogues vifs et de réparties amusantes plombe le rythme. Par conséquent, le spectateur ne ressent jamais la joie pure d’une aventure épique. Ainsi, le film sombre dans une morosité visuelle et sonore qui contredit son esthétique colorée et son statut de blockbuster.
Jason Momoa en Lobo, le seul à s’amuser dans ce marasme
Au milieu de cette grisaille, Jason Momoa incarne un Lobo déchaîné et visiblement ravi d’être là. Ce mercenaire chaotique, présenté comme le dernier Czarnian, fonctionne comme une poupée explosive. En effet, il suffit de tirer une ficelle pour qu’il sème un chaos total. Pourtant, son rôle se limite à un artifice scénaristique, un simple agent du chaos. Cependant, l’acteur apporte une énergie brute et un plaisir communicatif qui contrastent avec l’apathie générale. Finalement, Momoa sauve les meubles, rappelant au public à quoi peut ressembler un vrai moment fun.
Quels trésors cachés l’adaptation réserve-t-elle aux fans de DC ?
Le film regorge de clins d’œil pour les lecteurs assidus des comics. Dès l’ouverture, une Daily Planet affiche des clins d’œil à l’équipe du film et aux Metropolis Mammoths. La planète Holzherr rend hommage à l’éditrice du comics, tandis que Bilquis célèbre la dessinatrice Bilquis Evely. Par ailleurs, les Sklarian Raiders, pirates intergalactiques, sont tirées de Superboy #233. Même le bus interstellaire est doublé par Seth Rogen. Tous ces détails montrent un profond respect pour le matériau original signé Tom King, même si l’esprit festif s’est perdu en chemin.
Des flashbacks poignants puisés directement dans les pages cultes
Les origines de Kara sont adaptées avec une grande fidélité esthétique, notamment la destruction d’Argo City. La phrase « Les dieux ne sont pas si cléments » est directement issue du run de Tom King. De plus, l’invocation de Grand Rao, le dieu du soleil rouge de Krypton, ancre le récit dans la mythologie. La scène du soleil vert sur Barenton, où Kara perd ses pouvoirs, rappelle un concept datant de 1962. Ainsi, ces souvenirs douloureux, où l’héroïne revit la perte des siens, constituent les moments les plus chargés en émotion du long-métrage.
Comment le final du film s’écarte-t-il audacieusement du comics ?
Contrairement à l’œuvre originale, où Ruthye empêche Kara de tuer Krem, le film inverse les rôles. Désormais, c’est Supergirl qui sauve la jeune fille de ses pulsions vengeresses. Par ailleurs, la fin révèle que le poison de Krypto n’était pas mortel, prétexte utilisé par Kara pour veiller sur Ruthye. Finalement, le récit se conclut sur terre, où Kara retrouve son cousin dans l’appartement iconique de Superman. Cette réunion familiale offre une conclusion douce-amère, laissant entrevoir une lueur d’espoir après un cheminement initiatique aussi chaotique que mélancolique.
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