Netflix a récemment sorti un documentaire intitulé “Ronaldinho : Le seul et l’unique”. Cette séquence explore une époque où le football respirait la joie avant de devenir une industrie de chiffres. La série replace enfin le magicien brésilien sur le trône qu’il n’aurait jamais dû quitter.
Avant l’ère Messi-Ronaldo, il y avait lui. Un sourire éternel, un ballon collé au pied, une aura qui transcendait les stades du monde entier. Ronaldinho : Le seul et l’unique, un documentaire Netflix réalisée par Luis Ara, nous emmène pendant trois épisodes dans l’intimité de ce génie.
Comment un enfant de Porto Alegre est-il devenu le roi du monde ?
Le documentaire adopte une structure globalement linéaire, mais c’est dans ses premières images que réside toute son âme. On y découvre un Ronaldinho enfant, déjà virtuose, dont les talents semblent couler de source comme une évidence naturelle. Son frère Roberto, figure paternelle et futur agent incontournable, occupe une place essentielle dans ce récit familial d’une rare intensité.
Ces séquences d’archives se présentent dans un ratio d’image rétréci qui évoque magiquement les années 1990. Dans Ronaldinho : Le seul et l’unique de la plateforme Netflix, elles capturent l’essence même du bonheur pur. Car ce qui frappe immédiatement, c’est l’authenticité radicale de ce talent. Aucun entraînement forcé, aucune pression dévastatrice, juste un garçon qui joue parce que le ballon est son prolongement naturel.
Le montage alterne en outre avec fluidité entre carrière sportive, vie de famille et soirées légendaires. Cependant, on y retrouve certaines séquences où la caméra le suit sans objectif narratif. Ces parties donnent alors une impression de remplissage superflu, mais personnellement, je ne m’en plains pas !
Qu’est-ce qui a fait basculer l’icône dans la tourmente ?
Le deuxième épisode de Ronaldinho : Le seul et l’unique propulse ensuite le spectateur au sommet de l’Olympe. Barcelone, la Coupe du monde 2002, le Ballon d’or : Ronaldinho touche l’absolu. Pourtant, Luis Ara ne se contente pas de célébrer béatement. Il instille discrètement les premières fissures. Des soirées nocturnes qui s’allongent, des tensions avec l’entourage, des regards qui se durcissent.
Puis vient le précipice. Après 2006, chaque transfert s’enlise, chaque retour au pays se corrompt. Le dernier volet mêle quant à lui scandales judiciaires, arrestations médiatisées et résurrections avortées. Parfois, les réponses semblent esquiver l’essentiel, mais l’effort d’honnêteté demeure louable.
La tonalité bascule brutalement, puisque l’euphorie laisse place à une mélancolie oppressante. En regardant Ronaldinho : Le seul et l’unique, on assiste impuissant à la déconstruction d’un mythe. Et chaque chapitre ajoute une couche de tristesse. Le documentaire survole d’ailleurs assez rapidement les détails de la Coupe du monde 2006. Il n’y voit qu’un prétexte pour introduire le tournant critique de l’opinion publique.
Que révèlent les témoignages dans Ronaldinho : Le seul et l’unique ?
Les interviews constituent le cœur battant de cette série. D’abord familiales avec Roberto et sa sœur, des liens viscéraux qui résistent à la gloire et aux scandales. Ronaldinho évolue alors sous nos yeux. Il passe du rire nerveux aux questions dérangeantes à une colère sourde lorsqu’évoquées les calomnies de la fin de son passage barcelonais. Ce joueur jovial se révèle soudain vulnérable et dévoile une facette inédite de sa personnalité.
Puis surgissent les géants, notamment Messi, Neymar et le phénomène Ronaldo. Ces figures hermétiques aux médias se livrent avec tendresse dans Ronaldinho : Le seul et l’unique. Même les adversaires succombent à l’évidence. Ce sourire irradiant, cette capacité à transcender l’adversité par le seul génie.
Les journalistes et anciens entraîneurs apportent à leur tour des éclairages plus critiques. Ceci, en particulier lors d’une confrontation entre Roberto et l’ancien président de Grêmio. Cette mise en tension déconstruit intelligemment la version officielle.
Pourquoi ce documentaire résonne-t-il si fort aujourd’hui ?
Car il nous rappelle ce que le football a perdu. Ronaldinho fut le dernier grand témoin d’un temps révolu, où l’excellence se mesurait à l’émerveillement suscité plutôt qu’aux statistiques compilées. Et on le voit très bien dans le documentaire Netflix Ronaldinho : Le seul et l’unique.
Ronaldinho était double lauréat du FIFA World Player of the Year. Il a ouvert la voie à Messi en lui offrant son premier but à Barcelone. Puis, indirectement à Ronaldo en libérant une place à Manchester United. Sans lui, l’ère actuelle n’aurait pas connu ses deux titans.
Le montage de la série alterne par ailleurs archives de football et séquences festives. Ce rythme de clip recrée ainsi une atmosphère unique. Les maillots jaunes et verts explosent à l’écran, le rythme s’emballe. Pendant un instant suspendu, Ronaldinho : Le seul et l’unique nous fait oublier les chutes pour ne retenir que l’envolée magique d’un artiste incomparable.
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