Plus d’un siècle après sa publication, le roman australien My Brilliant Career ou Ma brillante carrière (en français) sera diffusée par Netflix après le film de 1979. Une nouvelle adaptation s’annonce, et elle promet de redonner toute sa modernité à cette héroïne éprise de liberté.
L’histoire de Sybylla, jeune femme qui refuse de choisir entre l’amour et son indépendance, résonne aujourd’hui avec une force intacte. Porté par un nouveau casting prometteur et des paysages à couper le souffle, ce film pourrait bien être la révélation de l’année. Voici ce que l’on sait de ce retour aux sources, entre bush sauvage et quête d’émancipation.
La nouvelle Ma brillante carrière dépoussière le classique et voit plus grand :
- Philippa Northeast impose une Sybylla farouche, face à un Harry Beecham inattendu (Christopher Chung), pour un dilemme amour‑indépendance résolument moderne.
- La scénariste Liz Doran enrichit l’univers de personnages aborigènes et de figures LGBTQ+, bien au‑delà du film de 1979.
- Portée par Netflix, la série prépare déjà une suite en piochant dans la vie trépidante de Miles Franklin.
Philippa Northeast incarne une Sybylla plus déterminée que jamais
Pour commencer, Philippa Northeast ne cache pas son admiration pour l’endurance de Sybylla Melvyn. À 31 ans, la comédienne australienne voit dans cette héroïne fougueuse un reflet de son propre parcours, loin des succès éclairs. Forte d’une décennie à frapper aux portes, elle confie avoir canalisé l’audace du personnage pour dépasser ses angoisses.
De fait, son interprétation mise sur une détermination brute, presque têtue. Dès la première image de son audition, la productrice Chloe Rickard a su que la comédienne tenait là le rôle charnière de sa carrière.
En quoi la Sybylla de Netflix se distingue-t-elle du mythe forgé par Judy Davis ?
Il est vrai que l’ombre de Judy Davis plane sur chaque adaptation du roman autant que celle de Sam Neill. Néanmoins, la scénariste Liz Doran a sciemment écarté ces références pour façonner une héroïne et son amant qui sont propre à cette version.
Là où le film de 1979 restait fidèle à la trame originelle, la série étoffe les zones d’ombre. Doran souhaitait avant tout explorer le dilemme entre carrière et amour, mais avec un regard neuf. Ainsi, cette Sybylla se débat dans un monde élargi, bien plus complexe que le simple carcan du mariage imposé.
Pourquoi le personnage d’Harry Beecham bouscule-t-il les attentes des puristes ?
Parmi les libertés marquantes, le choix de Christopher Chung pour incarner Harry Beecham n’est pas anodin. Doté d’une ascendance chinoise, l’acteur apporte une profondeur inédite à ce riche propriétaire terrien. Liz Doran assume ce parti pris, refusant la simple distribution aveugle.
Elle rappelle que la présence chinoise en Australie est un fait historique, et que cette mixité nourrit le conflit intérieur du personnage. Dès lors, cette décision ne trahit pas l’œuvre, elle l’enrichit en soulevant des questions identitaires absentes du texte de 1901.
Liz Doran a ouvert l’univers clos de Miles Franklin
Par ailleurs, la scénariste a saisi l’occasion des six épisodes pour donner vie aux figures périphériques du roman. Il fallait, selon elle, interroger ce monde avec un regard contemporain. C’est pourquoi la tante Hélène ou l’oncle Julius, désormais secrètement homosexuel, héritent d’intrigues étoffées.
Qui plus est, des personnages aborigènes ont été inventés de toutes pièces. Loin d’être une trahison, cette galerie élargie permet de coller à la réalité plurielle de l’Australie de 1900, tout en servant le thème central du choix personnel contre le déterminisme social.
Pourquoi l’œuvre de Miles Franklin connaît-elle un regain d’intérêt aussi soudain ?
Étonnamment, ce phénomène ne se limite pas à l’écran. Après des décennies dans l’ombre du prix littéraire qui porte son nom, Miles Franklin revient sur le devant de la scène. Entre les biographies récentes et la comédie musicale acclamée, sa vie fascine autant que son roman.
Pourtant, l’autrice avait retiré My Brilliant Career de la vente, frustrée par des ventes médiocres. Ironie du sort, c’est un mastodonte du streaming qui ressort aujourd’hui de l’oubli ce texte écrit par une adolescente. Une revanche posthume pour celle qui ne gagna que 24 livres de son vivant.
Quel rôle joue la tante Augusta dans l’émancipation de l’héroïne ?
Dans cette nouvelle mouture, Kate Mulvany campe une tante Augusta bien plus influente. Cette suffragette fortunée devient le mentor artistique de Sybylla, tout en restant prisonnière des conventions. Cette relation tisse un fil rouge essentiel, car Augusta incarne les contradictions de l’époque.
D’un côté, elle pousse sa nièce vers la création, de l’autre, elle ne voit d’issue que dans le mariage. Par conséquent, cette dualité met en lumière le chemin de crête que doit emprunter l’héroïne, déchirée entre le confort matériel et la soif d’indépendance.
La série aura-t-elle une suite au-delà de cette brillante carrière ?
Enfin, l’équipe créative ne cache pas ses ambitions pour l’avenir. Liz Doran écarte l’idée d’adapter la suite officielle, My Career Goes Bung, au titre peu vendeur. En revanche, elle imagine prolonger les aventures de cette Sybylla affranchie, en y mêlant la vie trépidante de la véritable Miles Franklin.
Pour Philippa Northeast, l’enthousiasme est palpable : elle rêve de confronter son personnage têtu à de nouveaux environnements hostiles. De son activisme à son exil, la matière biographique ne manque pas pour prolonger cette réussite sur Netflix.
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