Tout le monde connaît la Joconde, mais comment peut-on se l’approprier ? C’est le plot du film Masterplan sur Prime Video nous montre à quel point le chic et l’élégance de Stanley Tucci et le savoir de son équipe sont géniaux. Voyons jusqu’où cette affaire va mener à la fin du film.
Entre fausses pistes, documents truqués et retournements savamment orchestrés, le film joue avec nos certitudes. On vous explique ce twist final qui remet tout en question, et pourquoi ce mensonge change la lecture de l’histoire. Accrochez-vous, ça secoue.
Masterplan : un casse au Louvre, deux orphelins et une paternité en trompe-l’œil
Un voleur légendaire, deux jeunes criminels aux talents complémentaires, et la Joconde pour cible finale. Sur le papier, Masterplan a tout de la comédie de braquage ambitieuse. Réalisé par Thomas Vincent (Reacher, Versailles) et coécrit avec le scénariste BAFTA David Wolstencroft (Spooks), le film est disponible sur Prime Video depuis le 16 octobre 2026. Il s’agit d’une exclusivité de la plateforme Prime Video dans plus de 240 pays. Mais derrière le clinquant du pitch se cache une mécanique plus retorse, où chaque révélation en cache une autre — et où la véritable histoire n’est pas tant le vol que la manipulation qui le rend possible.
La fausse paternité, moteur secret du récit
Roger Cavendish n’est pas un recruteur comme les autres. Lorsqu’il approche Chiara, hackeuse italienne, et Jay, spécialiste français des explosifs, il ne se contente pas de leur proposer un contrat : il leur annonce qu’ils sont frère et sœur, et qu’il est leur père. Cette révélation, qui arrive après un premier test dans un coffre près du lac de Côme, est le véritable point de bascule du film. Elle transforme deux professionnels méfiants en héritiers en quête de reconnaissance, et c’est précisément ce que Roger recherche.
Car la paternité est un mensonge. La mère de Jay a été payée pour confirmer la fausse filiation, et les documents présentés à Chiara sont des preuves fabriquées. L’identité même de Roger Cavendish est une construction : son vrai nom est Marcus Dubrovnik, il vient du New Jersey, et son accent britannique fait partie du personnage. Le recrutement n’a jamais eu pour but de réunir une famille : il visait à exploiter la vulnérabilité de deux orphelins à l’idée de retrouver un père. C’est le ressort central du film, celui qui donne à chaque scène de complicité une arrière-pensée et à chaque confiance naissante une saveur amère.
La trahison au Louvre : le plan était ailleurs
Le cambriolage du Louvre, point d’orgue attendu, se déroule en réalité avec une fluidité presque suspecte. Chiara et Jay déjouent les dispositifs de sécurité, Jay fait sortir le tableau grâce à un système de ballon, et les trois complices se retrouvent en possession de la Joconde. Mais la trahison ne vient pas d’un imprévu technique : elle est intégrée au plan depuis le début. Roger demande aux deux jeunes de fuir dans sa Jaguar, dont le coffre a été vidé par un mécanisme d’éjection. Il a récupéré l’œuvre sans eux, et des hommes armés attaquent ensuite leur refuge.
C’est ici que le film révèle sa vraie nature : Masterplan n’est pas l’histoire d’un casse qui tourne mal, mais celle d’une manipulation qui tourne court. La question n’est pas de savoir si Roger va trahir Chiara et Jay — il le fait — mais de comprendre pourquoi il les a choisis, et ce qu’il attendait d’eux au-delà de leurs compétences.
Le sacrifice final : le premier acte désintéressé d’un menteur
La dernière partie du film opère un renversement inattendu. Roger prépare un piège contre Van Klum, son créancier, en lui présentant une contrefaçon de la Joconde. Les experts de Van Klum pensent confirmer son authenticité, mais les forces de l’ordre françaises et italiennes interviennent. Roger profite de l’opération pour échapper à son ennemi — mais Chiara et Jay le retrouvent grâce aux données de son stimulateur cardiaque.
C’est là que le mensonge se fissure. Roger pourrait fuir seul. Il choisit pourtant de les récupérer, de les guider vers un tunnel près de la frontière franco-italienne, et de se livrer à la police italienne pour leur permettre de s’échapper. Ce sacrifice, présenté comme son premier acte véritablement désintéressé, ne rachète pas la manipulation — mais il en change la lecture. Roger n’est pas devenu leur père, et il ne l’a jamais été. Il occupe désormais une place comparable, fondée non plus sur un mensonge biologique mais sur une expérience partagée et un choix réciproque.
Un an plus tard, Chiara et Jay organisent son évasion. L’ironie est savoureuse : celui qui a inventé une paternité pour forcer deux inconnus à travailler avec lui se retrouve libéré par ces mêmes inconnus, qui décident volontairement de lui venir en aide.
Et la Joconde ? Une dernière cachette à la vue de tous
La dernière révélation du film concerne le tableau lui-même. Tout laissait penser que Roger avait perdu l’œuvre ou que les autorités l’avaient récupérée. Masterplan révèle que la véritable Joconde se trouve dans un petit restaurant italien, accrochée au mur de la Trattoria Mona Lisa, à la vue de tous. La meilleure cachette pour une œuvre aussi célèbre est précisément l’endroit où personne n’imagine la trouver. Le casse du Louvre a réussi, mais le tableau n’a été ni vendu ni rendu : il est simplement devenu un décor de trattoria, sous les yeux de clients qui n’y prêtent pas attention.
Un accueil critique qui douche les ambitions du film
Si Masterplan a trouvé son public — il figure parmi les titres les plus populaires de Prime Video au moment de sa sortie —, la critique, elle, est nettement plus sévère. ScreenRant parle d’un film « unfunny » et d’un « poor copycat of Ocean’s Eleven », avec un « script terrible » et des dialogues embarrassants. CinePOP évoque « um repeteco de fórmulas batidas » — un recyclage de formules usées — et un film « sem brilho », sans éclat.
SlashFilm note que sur les cinq critiques recensées sur Rotten Tomatoes, une seule est positive, et décrit le long-métrage comme « unapologetically lightweight » et « looks like television ». The Guardian, cité par IMDb, va jusqu’à parler de « smooth-brained heist caper » et d’un gâchis du talent de Stanley Tucci. Même les défenseurs du film reconnaissent ses limites : le plaisir de voir Tucci s’amuser ne compense pas toujours un scénario qui accumule les twists sans leur donner de véritable poids émotionnel.
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