Les années ont passé, mais le salon des Wilkerson est toujours aussi animé. Ce retour de Malcolm: Rien n’a changé, nous replonge avec bonheur dans ce joyeux désordre familial où chacun parle plus fort que son voisin.
Pourtant, derrière les rires et les regards complices lancés à la caméra, les scénaristes ont disséminé quelques surprises bien senties. Apparitions inattendues, clins d’œil savoureux et rebondissements discrets : ce nouvel opus ne se contente pas de surfer sur la nostalgie. Faisons le point sur ce qui s’est réellement tramé entre ces murs que l’on croyait pourtant si bien connaître.
Un retour en famille qui frôle le petit miracle
Vingt ans après avoir tiré sa révérence, Malcolm: Rien n’a changé signe son grand retour sur Hulu avec une mini-saison de quatre épisodes sobrement intitulée Rien n’a changé. Le verdict est aussi rare que réjouissant : la pire chose que l’on puisse en dire, c’est que quatre épisodes, c’est beaucoup trop court. Dans le paysage souvent décevant des revivals de sitcoms cultes, celui-ci fait figure d’exception éclatante.
Les comédiens retrouvent leurs personnages avec une aisance confondante, leur alchimie à l’écran n’a rien perdu de sa mordante acuité, et l’écriture parvient à rester fidèle aux caractères d’origine tout en étant suffisamment drôle pour porter l’ensemble. Le tour de force est d’autant plus remarquable que la série parvient à être deux choses à la fois : une plongée nostalgique dans l’univers déjanté des Wilkerson et une porte d’entrée prometteuse vers la nouvelle génération d’excentriques de la famille.
Kelly, l’enfant de la dernière chance
Ceux qui se souviennent du final de la série originale savent que la grande révélation concernait Lois : elle était de nouveau enceinte. Alors que Hal et elle pensaient enfin goûter à un semblant de tranquillité après avoir tant bien que mal élevé Malcolm et Reese, la nouvelle tombait comme un coup de massue. Malcolm: Rien n’a changé lève le voile sur cette fameuse petite dernière, prénommée Kelly et incarnée par Vaughan Murrae. La jeune fille a hérité d’un savant mélange des traits de ses aînés : l’esprit malicieux de Francis et Reese combiné à l’intelligence aiguisée de Malcolm et Dewey. Une recrue de choix pour perpétuer la tradition du chaos familial.
Malcolm, philanthrope contrarié et père célibataire cachottier
La grande question qui planait depuis deux décennies trouve enfin sa réponse : qu’est devenu Malcolm, ce génie certifié à qui l’on prédisait les plus hautes destinées ? Le jeune homme angoissé a mis ses facultés intellectuelles hors norme au service d’une cause louable en fondant une association caritative dédiée à l’alimentation des plus démunis. Une façon de penser global tout en agissant local, comme le rêvait Lois.
Mais le parcours personnel du personnage réserve des surprises bien plus croustillantes. Malcolm est désormais père célibataire d’une adolescente nommée Leah, interprétée par Keeley Karsten. Fruit d’une aventure fugace lors de sa première soirée étudiante, Leah a été abandonnée par sa mère, laissant Malcolm seul aux commandes avec ses névroses et son bagage émotionnel pour unique viatique. Le portrait craché de son père, Leah en possède à la fois les qualités: un intellect de premier ordre et les défauts. Elle a une fâcheuse tendance à la rumination excessive et un complexe de supériorité mal dissimulé.
Leah, l’héritière du quatrième mur
Là où la transmission est la plus savoureuse, c’est dans ce petit tic si caractéristique de la série originale. Dès que la caméra s’attarde sur elle, Leah se tourne pour s’adresser directement au public, exactement comme Malcolm le faisait et continue de le faire. Lorsque père et fille partagent une scène et tentent tous deux de prendre le spectateur à témoin, l’effet évoque irrésistiblement une rencontre entre Deadpool et Miss Hulk. Tout porte à croire que la jeune fille est adoubée pour prendre les rênes d’un éventuel spin-off, et l’idée a de quoi séduire.
Les secrets de famille et les amours retrouvées
Le revival ne se contente pas de présenter Leah, il explore aussi les conséquences des choix de Malcolm. On apprend avec une pointe de tristesse qu’il entretient des contacts minimaux avec sa famille, au point de n’avoir jamais révélé l’existence de sa fille. Pire encore, il a raconté à Leah que ses parents étaient morts et qu’il n’avait ni frères ni sœurs. La découverte pour l’adolescente d’une grand-mère qui a toujours rêvé d’une fille et d’une ribambelle d’oncles a de quoi provoquer quelques étincelles. Côté sentimental, Malcolm semble avoir surmonté sa légendaire maladresse puisqu’il vit une relation stable avec une dénommée Tristan, jouée par Kiana Madeira. Il n’est pas le petit ami parfait, mais il fait de son mieux pour écouter et soutenir sa compagne.
Dewey, rock star insaisissable et Reese, roi du buzz malgré lui
Le cas Dewey a suscité son lot de remous, Erik Per Sullivan ayant cédé sa place à un nouveau comédien. Le personnage n’apparaît d’ailleurs que furtivement, toujours par écrans interposés. La raison est toute trouvée : Dewey est devenu un musicien accompli, constamment en tournée. Le don que Lois avait décelé chez son jeune fils a fini par éclore en une carrière florissante. Peut-être qu’une future saison nous permettra enfin de le voir gratouiller sa guitare en chair et en os.
Quant à Reese, fidèle à lui-même, il a trouvé un filon dans l’air du temps. Il entraîne désormais Hal dans des projets de bricolage maison, non par affection filiale soudaine, mais pour filmer ses maladresses légendaires et les monnayer sur les réseaux sociaux. Hal, touché par ce soudain désir de complicité, déchante en découvrant que ses déboires de bricoleur font le bonheur des abonnés TikTok de son fils.
Stevie et Francis, du côté du bonheur tranquille
Dans cette déferlante de révélations familiales, quelques nouvelles réchauffent le cœur. Stevie, l’éternel ami fidèle de Malcolm, est toujours présent. Le revival confirme ce que beaucoup soupçonnaient : Stevie est queer, en couple avec un certain Glen, et ils élèvent un fils ensemble. Après une enfance pour le moins dysfonctionnelle, voir Stevie épanoui dans une vie de famille stable est une petite victoire.
Enfin, l’arrivée tonitruante de Leah et de ses secrets ne doit pas éclipser l’heureux événement qui attend Francis et Piama : ils attendent leur premier enfant. Une nouvelle qui promet, si l’aventure se poursuit, d’apporter cette petite dose de chaos innocent que seul un bambin Wilkerson peut générer, surtout s’il tient de son père à l’âge où celui-ci collectionnait les bêtises.
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