Quand la réalité dépasse la fiction, ça donne Love & Death une série d’HBO maintenant diffusée par Netflix. La série avec Elizabeth Olsen s’inspire de l’histoire vraie de Candy Montgomery. C’est une mère de famille texane qui a tué son amie Betty Gore à coups de hache en 1980, après avoir eu une liaison avec son mari . Mais jusqu’où la série est-elle restée fidèle aux faits ?
Si les articles de Texas Monthly ont servi de base, la production a choisi de montrer le meurtre uniquement du point de vue de Candy, lors de son témoignage au procès. C’est une affaire où la vérité a vraiment dépassé la fiction.
« Love & Death » sur Netflix : Entre la hache et le cœur, démêler le vrai du faux
Elle était aimée de tous, mère de deux enfants, pilier de sa communauté texane. Pourtant, un jour de juin 1980, Candy Montgomery a saisi une hache et frappé son amie Betty Gore 41 fois. Ce fait divers hallucinant, qui a secoué l’Amérique des années 80, est devenu une série événement.
D’abord diffusée sur HBO Max, Love & Death a débarqué sur Netflix. La plateforme est passée maître dans l’art d’imposer un contenu. C’est pourquoi, dès que Love & Death a été ajouté, l’algorithme l’a propulsé sur la page d’accueil où des millions d’utilisateurs l’on vu dans le « Top 10 ».
Elizabeth Olsen y incarne cette mère de famille au passé trouble. Tandis que Jesse Plemons prête ses traits à Allan Gore, l’amant et mari de la victime. Mais que s’est-il vraiment passé dans cette paisible banlieue ? Et surtout, que faut-il retenir de la version romancée ?
Qui était vraiment Candy Montgomery, cette « tueuse à la hache » ?
Pour comprendre l’affaire, il faut d’abord planter le décor. Nous sommes en 1980, à Wylie, au Texas. Candy Montgomery est une femme au foyer appréciée de tous, active à l’église, souriante, impliquée. Personne n’aurait imaginé qu’elle puisse un jour commettre l’irréparable. Pourtant, le 13 juin 1980, elle se rend chez son amie Betty Gore, la femme de son amant Allan, et la frappe à mort avec une hache. Quarante et un coups. Un chiffre qui donne le vertige et qui a immédiatement fait les gros titres. Lors de son procès, elle plaide la légitime défense et sera finalement acquittée. Un verdict qui a divisé l’opinion.
Le créateur David E. Kelley, connu pour ses dramas judiciaires, a d’abord hésité à adapter cette histoire. « Les faits étaient déjà trop complets, trop juteux pour que je puisse y résister », a-t-il confié. Et c’est vrai que le matériau de base est riche : un article du Texas Monthly et un livre, Evidence of Love, ont servi de fondations à cette série.
Candy et Allan avaient-ils vraiment un contrat pour leur liaison ?
Dans la série, tout commence sur un terrain de volleyball, à l’église. Candy et Allan se percutent accidentellement et, de cette collision anodine, naît une attirance réciproque. Mais plutôt que de se laisser guider par leurs sentiments, ils établissent un ensemble de règles très strictes : pas de sentiments, uniquement du sexe, et on arrête tout dès que l’un des deux commence à s’attacher.
Incroyable mais vrai : cette partie est totalement authentique. D’après le Texas Monthly, les deux amants ont effectivement planifié leur relation sur plusieurs semaines, définissant même comment ils partageraient les frais de motel et qui réserverait la chambre. Et oui, la clause de non-attachement était bien réelle. Leur première étreinte ? Le 12 décembre 1978, comme le montre la série.
Betty Gore était-elle enceinte pendant que son mari la trompait ?
C’est l’un des détails les plus poignants de l’histoire. Betty Gore était enceinte de sa deuxième fille lorsque son mari a entamé sa liaison avec Candy. Dans Love & Death, Allan annonce la nouvelle à Candy après qu’elle lui a proposé l’aventure, et il suggère même d’arrêter leur relation après la naissance du bébé.
Mais là où la série prend une liberté, c’est sur la grossesse de Betty au moment de sa mort. Dans les épisodes, Betty croit être à nouveau enceinte. Dans la réalité, l’autopsie a confirmé qu’elle ne l’était pas. L’actrice Lily Rabe, qui incarne Betty, a expliqué à The Hollywood Reporter à quel point cette idée – celle d’une femme qui pense porter deux vies – était « profonde et bouleversante ».
Le camp de réconciliation pour couples, vraie ou fausse bonne idée ?
C’est l’un des épisodes les plus tendres et les plus ironiques de la série. Betty et Allan participent à un week-end de « Marriage Encounter », une retraite spirituelle destinée à renforcer les liens du couple. Ils écrivent des lettres d’amour, se reconfessent leur engagement, et tout ça dans un cadre médiéval sans télé ni journaux pour ne pas être distraits. Le problème ? Allan ne dit pas un mot de sa liaison. Dans la vraie vie, ce week-end a bien eu lieu, et Candy avait même accepté de garder leurs enfants pendant ce temps. L’ironie est cruelle.
Qui a mis fin à la liaison ? Allan ou Candy ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas Allan qui a rompu. Après la naissance de son second enfant, il a confié à Candy qu’il souhaitait consacrer « toutes ses ressources » à sa famille. Mais il n’a jamais prononcé les mots « c’est fini ». Alors Candy, fidèle à son caractère méthodique, a pris les devants et lui a simplement dit qu’elle ne l’appellerait plus. Dans la série comme dans la réalité, c’est elle qui a tiré un trait sur leur histoire.
Comment Pat Montgomery a-t-il découvert l’infidélité de sa femme ?
Dans la série diffusée par Netflix, Love & Death, Pat (joué par Patrick Fugit) tombe par hasard sur une lettre d’amour écrite par Allan. La scène est déchirante. Mais dans la réalité, personne ne sait vraiment comment ou quand il a appris la vérité. Ce qui est certain, c’est que la liaison n’a été révélée au grand jour qu’après le meurtre, lorsqu’Allan a tout avoué à la police pour tenter d’expliquer le mobile. Pat est resté fidèle à Candy pendant son procès et son acquittement, mais le couple a fini par divorcer.
Que s’est-il vraiment passé le jour du meurtre ?
C’est le cœur de l’affaire, et c’est aussi là que le témoignage de Candy devient glaçant. Le 13 juin 1980, elle se rend chez Betty. Dans sa version, Betty l’aurait confrontée au sujet de l’affaire, aurait attrapé une hache et tenté de la frapper. S’ensuit une lutte pour l’arme. À un moment, Betty lui aurait dit « Chut » (ou « Shh »), ce qui aurait provoqué chez Candy une rage incontrôlable, liée selon ses avocats à des traumatismes d’enfance non résolus.
Quand Candy a finalement maîtrisé la hache, elle a frappé. Encore et encore. Quarante et une fois. L’ancien shérif adjoint Steve Deffibaugh a décrit la scène à PEOPLE comme « quelque chose d’un film d’horreur ». Candy n’a arrêté que lorsqu’elle a été « totalement épuisée ». Un détail qui hante encore les enquêteurs.
Candy a-t-elle vraiment été acquittée ? Et pourquoi ?
Oui, le 29 octobre 1980, Candy Montgomery a été déclarée non coupable de meurtre. Son avocat a plaidé la légitime défense avec succès. Le jury a accepté l’idée qu’elle avait tué Betty sans intention préméditée, simplement pour sauver sa propre vie. Un verdict qui a choqué une partie de l’Amérique, mais qui est resté.
Alors, « Love & Death » ou « Candy », quelle série est la plus fidèle ?
Ah, la grande question. Car un an avant Love & Death, Hulu avait déjà proposé sa propre version, Candy, avec Jessica Biel. Si les deux séries s’appuient sur les mêmes faits, Love & Death est généralement considérée comme plus fidèle. La version Hulu a pris quelques libertés, comme l’ajout d’un fils adoptif dans le foyer Montgomery, un élément qui n’existe pas dans les archives judiciaires.
Mais dans les deux cas, une chose est sûre : l’histoire de Candy Montgomery continue de fasciner. Peut-être parce qu’elle nous rappelle que derrière les sourires des banlieues pavillonnaires, derrière les parties de volley à l’église, il y a parfois des abîmes insondables.
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