Une étude révèle que la Gen Z est beaucoup plus ouverte aux voitures chinoises que leurs aînés. Alors que les tarifs douaniers bloquent encore le marché, l’appétence des 18-25 ans pourrait changer cette situation.
Une étude de Cox Automotive vient de révéler un chiffre stupéfiant. 69 % des répondants de la Gen Z aux États-Unis se disent prêts à envisager l’achat d’une voiture chinoise. Pourtant, le protectionnisme américain maintient encore ces marques hors des frontières, taxées à hauteur de 100 %. Qu’est-ce qui explique cet engouement générationnel ?
Une nouvelle génération qui détonne
Seulement 38 % de l’ensemble des Américains se déclarent « très ou extrêmement » intéressés par les modèles chinois. Cela dit, cette proportion grimpe à 69 % chez les 18 à 25 ans. Mais l’inverse est tout aussi révélateur, car 39 % des répondants totaux se disent « peu ou pas du tout » intéressés. Ceci place donc la Gen Z comme véritable valeur aberrante démographique en termes de voitures chinoises.
Par ailleurs, cette ouverture d’esprit coexiste paradoxalement avec une méconnaissance crasse des marques. Tout juste 35 % des sondés savent ce qu’est BYD, leader de la reconnaissance. De plus, à peine 17 % d’entre eux déclarent une familiarité réelle avec la marque.
Quelles voitures chinoises sont sur le radar de la Gen Z ?
Le classement des marques « connues » illustre le travail restant à accomplir. Ainsi, après BYD (35 %), on trouve Chery (30 %), Geely (27 %), Changan (26 %) et Jetour (25 %). Ces chiffres restent faibles comparés aux taux de notoriété des constructeurs américains ou européens établis depuis des décennies.
En revanche, 40 % des répondants soutiennent l’entrée des marques chinoises sur le marché US. De plus, 76 % seraient intéressés si ces véhicules étaient distribués via des partenariats avec des marques américaines établies. La voie de la coentreprise pourrait alors déverrouiller ce potentiel immense des voitures chinoises auprès de la Gen Z.
Le prix comme levier décisif pour les plus jeunes
L’argument économique pèse lourd dans la balance. Actuellement, l’inflation automobile frappe durement les jeunes acheteurs. La promesse de voitures chinoises abordables et technologiquement avancées séduit donc particulièrement cette génération. De fait, elle s’est déjà accoutumée aux produits tech made in China.
J’aimerais en outre mentionner le récent accord canadien pour baisser les tarifs douaniers. Il autorise également les importations venues de Chine. Les voitures chinoises pourraient alors devenir plus accessibles pour la Gen Z. Cette démarche montre en tout cas que la tendance protectionniste peut s’inverser. Si le Canada ouvre la voie, les pressions sur le marché américain ne pourront que s’intensifier.
Que réserve l’avenir pour l’automobile américaine ?
La nouvelle génération pourrait devenir le fer de lance d’une transformation radicale. Certes, leur manque de fidélité envers les marques traditionnelles les rend réceptifs aux nouveaux entrants. Ceci est le résultat d’une ère de crises financières et de scepticisme corporatiste. Leur pouvoir d’achat actuel reste toutefois limité, ce qui retarde l’impact concret de cette préférence.
Par contre, dans 5 à 10 ans, cette Gen Z qui aime tant les voitures chinoises dominera le marché. À ce moment-là, les constructeurs américains auront soit adapté leur stratégie, soit subi une concurrence chinoise déjà bien installée. En définitive, l’ouverture d’esprit de la Gen Z pourrait bien être le premier coup de pioche dans le mur protectionniste américain.
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