Préparez du baume et un plaid pare-balles, les deux meilleurs boxeurs de Séoul remettent les gants. Si vous pensiez que vos nuits blanches étaient finies après Squid Game, Netflix vous remet le poing dans la figure avec la saison 2 de La Traque dans le Sang. Elle débarque avec la discrétion d’un coup de pied retourné en pleine mâchoire.
C’est plus nerveux qu’une patinoire à poulets, plus jouissif qu’une vengeance servie glacée. Alors, suite au sommet ou simple roue de secours ? Voici notre verdict sans esquive. Ce K-drama cogne-t-il encore assez fort pour être le boss final de vos soirées ?
Bloodhounds saison 2 : nos boxeurs préférés remettent les gants, mais le coup de poing fait-il toujours aussi mal ?
Les bras musclés et les sourires ravageurs de Kim Gon-woo et Hong Woo-jin sont de retour sur Netflix. Après une première saison qui nous avait laissés essoufflés sur le ring, notre duo de « boxer himbos » préféré revient pour une nouvelle fournée de sept épisodes. Mais la question qui brûle toutes les lèvres, entre deux gorgées de protéine en poudre, est la suivante : l’histoire frappe-t-elle aussi fort et aussi vite qu’avant ? Spoiler : pas tout à fait. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé, et avec une chorégraphie de baston qui envoie valser tous les records de mandales à l’écran.
Que sont devenus nos deux lascars cinq ans après le chaos de la première saison ?
Cinq petites années ont passé depuis que Myeong-gil a semé la terreur dans les ruelles de Séoul. Le temps a fait son œuvre, et les cartes ont été rebattues avec une certaine ironie du sort. Gon-woo, la force tranquille de la nature incarnée par Woo Do-hwan, a fait des bonds de géant dans sa carrière de boxeur. Il est désormais une pointure, un champion qui attire les regards des fédérations internationales.
Et devinez qui est dans son coin, à lui crier des encouragements et à lui essuyer le front avec une serviette éponge ? C’est Woo-jin lui-même, interprété par l’excellent Lee Sang-yi, qui a raccroché les gants pour devenir son coach attitré. Un duo de choc, une bromance huilée comme un vieux moteur de moto, que le premier épisode se charge de nous rappeler avec une scène d’intro où Gon-woo affronte un boxeur ouzbek d’élite. Tout semble rouler. Jusqu’à ce que le vilain de service pointe le bout de son nez parfaitement dessiné.
Jung Ji-hoon en psychopathe de la boxe clandestine
L’entrée en scène du nouveau grand méchant, Im Baek-jeong, est une petite leçon de présentation. Campé par Jung Ji-hoon, que le monde entier connaît sous le nom de Rain, l’ancien boxeur professionnel reconverti en chef de syndicat mondial du crime est un concentré de narcissisme mal placé. La scène qui le définit ? Après la défaite du boxeur ouzbek, les sbires de Baek-jeong le traînent hors du ring. Et là, dans une série de gestes aussi rapides que sournois, Baek-jeong achève le pauvre blessé. Pas de quartier, pas de pitié.
Rien que l’ego surdimensionné d’un homme qui refuse d’être autre chose que le numéro un. Rain se délecte visiblement de chaque seconde passée à jouer les désaxés. Il est méchant, il est dérangé, il est imprévisible. Mais est-il vraiment à la hauteur du cauchemar que représentait Myeong-gil la saison précédente ? C’est là que le bât blesse un peu.
Baek-jeong est-il un méchant plus bête que méchant ?
Comparer Baek-jeong à Myeong-gil, c’est un peu comme comparer un pitbull sous stéroïdes à un grand maître d’échecs manipulateur. Le nouveau venu n’a pas la patience glaciale ni l’intelligence tactique de son prédécesseur. Il est mû par ses impulsions, et ses décisions deviennent plus stupides et plus grosses à mesure que l’intrigue avance. Il règne par la peur sur une bande de sous-fifres qui sont, pour la plupart, plus malins et plus compétents que lui.
Chaque fois que son ego est égratigné, il explose littéralement de rage. On ne verra jamais beaucoup de profondeur chez Baek-jeong au-delà de la rogne permanente, mais il incarne une forme de mal plus familière, presque banale. C’est la brute épaisse, celle qui cogne encore et encore jusqu’à ce que vous cédiez. Un tyran de cour de récré, mais avec des poings en béton et un réseau criminel international. Cela change la nature du combat pour Gon-woo et Woo-jin : il ne s’agit plus de déjouer un génie du crime, mais de tenir bon face à une force brute qui ne lâche jamais l’os.
Les séquelles de la saison 1
Oh que oui. Et c’est même le fil rouge le plus intéressant de cette deuxième salve. Nos protagonistes portent encore les stigmates de leur précédente confrontation. Certaines blessures ont mis fin à des carrières, comme pour Woo-jin qui a dû ranger les gants. D’autres sont permanentes, à l’image de Kang Tae-yeong, qui vit avec un handicap. Le groupe entier est en convalescence, émotionnelle et physique, même s’il a retrouvé une apparence de normalité.
Mais quand Baek-jeong jette son dévolu sur Gon-woo et décide de faire de sa vie un enfer pour le forcer à combattre dans son circuit clandestin, c’est tout ce fragile équilibre qui vole en éclats. Le réalisateur Jason Kim nous rappelle sans ménagement que dans son univers, personne n’est jamais vraiment à l’abri. Même avec l’aide de leurs contacts haut placés, le chaebol Hong Min-beom (Choi Si-won) et le chef de l’unité d’enquête sur les crimes graves Min Kang-yong (Choi Young-joon), le danger rôde à chaque coin de rue.
Woo-jin sert-il encore à quelque chose ?
C’est peut-être le petit drame caché derrière les gros bras de cette saison. La dynamique entre Gon-woo et Woo-jin était l’un des gros points forts de la première saison. Ils étaient sur un pied d’égalité. Ici, le gouffre s’est creusé de manière abyssale. Gon-woo est une star adulée, pendant que Woo-jin est quasiment tombé dans l’oubli, relégué au rôle de faire-valoir.
Cette situation se traduit par un temps d’écran nettement réduit pour Lee Sang-yi, et les rares moments qu’on lui accorde sont consacrés à ruminer son sentiment d’échec et d’inadéquation. C’est frustrant, car son arc final de rédemption arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et manque singulièrement de punch, justement parce qu’on ne l’a pas assez vu galérer à l’écran pour que son triomphe nous explose vraiment à la figure.
Est-ce que les petits nouveaux, peuvent faire face aux vétérans ?
C’est le point noir de cette saison 2. Tous les personnages de retour bénéficient d’un capital sympathie et d’un passé qui résonne immédiatement auprès du public. Pour les nouveaux visages, c’est la loterie. Prenez Lee Woo-jeong (Cha Ji-hyuk), le jeune collègue de l’inspecteur Kang-yong. Introduit à mi-parcours, il est d’une transparence absolue. Hormis réagir avec des yeux de merlan frit aux horreurs subies par les héros dans la dernière ligne droite, il n’apporte strictement rien.
On ne sait pas qui il est, ce qu’il aime, ni pourquoi on devrait s’inquiéter pour lui. L’écriture ne l’aide pas, certes, mais la performance de l’acteur ne relève pas non plus le niveau. À l’inverse, un autre nouveau venu, le mystérieux Premium joué par Park Seo-joon, bénéficie d’un traitement aux petits oignons. En quelques lignes de dialogue et un simple regard lourd de menaces, on comprend que ce type n’est pas là pour amuser la galerie. Il a une aura, une présence. La différence entre un personnage construit par une exposition précise et un autre présenté comme le simple « rookie de service » est flagrante.
Les castagnes valent le coup d’œil
Respirez un grand coup, les amateurs de baston. Sur ce terrain-là, La Traque dans le Sang saison 2 est un sans-faute. L’action est plus grosse, plus belle, plus rapide que jamais. Le travail de chorégraphie est tout simplement époustouflant. Chaque combattant a son propre style, sa propre manière de bouger, ce qui rend chaque échange imprévisible et jouissif. On sent que Jung Ji-hoon, Woo Do-hwan et Lee Sang-yi ont transpiré sang et eau pour peaufiner leur jeu de jambes et leur garde. L’attention portée aux détails par le réalisateur Jason Kim est palpable, et c’est une bénédiction pour une série dont le cœur bat au rythme des uppercuts et des directs du droit.
Cette fin un peu mollassonne cache-t-elle un trésor après le générique ?
Si la conclusion « officielle » de la saison 2 peut sembler décevante (et soyons francs, elle l’est un peu), elle n’est qu’un leurre. Restez scotchés pour la scène post-crédits. C’est là que la magie opère, ou plutôt, que les bases sont posées pour une éventuelle troisième saison. Et ces bases laissent entrevoir un grand méchant encore plus terrifiant que Myeong-gil ne l’a jamais été. Simple conjecture, mais ça a le mérite de nous mettre l’eau à la bouche et de rappeler que l’histoire de nos boxeurs est peut-être loin d’être terminée.
Verdict de La Traque dans le Sang saison 2
La Traque dans le Sang saison 2 est une course effrénée, un concentré d’adrénaline qui ne lâche jamais la pédale d’accélérateur. C’est un plaisir coupable de retrouver notre duo favori, et l’action est un régal pour les yeux. Pourtant, quelque chose cloche. L’intensité et les enjeux de la première saison ne sont jamais vraiment égalés. L’histoire semble parfois tourner à vide, prisonnière d’un méchant moins fascinant et d’un déséquilibre narratif qui dessert certains personnages.
Si une saison 3 voit le jour, elle ne pourra pas se contenter de nous en mettre plein la vue avec des combats spectaculaires. Il faudra que le scénario retrouve la morsure et l’émotion qui avaient fait de La Traque dans le Sang un petit phénomène. En attendant, ces sept épisodes restent un divertissement plus qu’honorable pour les amateurs de biscottos et de répliques qui claquent. Rendez-vous est pris sur Netflix.
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