Hollywood montre des corps jeunes à l’infini, mais ignore souvent ceux qui ont vécu. Kyra Sedgwick veut changer la donne et remet la sexualité des femmes de plus de 40 ans au centre de l’écran.
Kyra Sedgwick, 58 ans, n’a jamais eu peur de dire ce qu’elle pense. Et cette fois, c’est la représentation de la sexualité féminine à l’écran qui la préoccupe. Pour elle, les femmes de plus de 40 ans ne disparaissent pas de la carte du désir. Elles continuent de vivre, d’aimer, de fantasmer. Et selon elle, la fiction devrait le montrer sans détour.
Dans « Bad Shabbos », son nouveau film, elle incarne une mère juive new-yorkaise typique, attachante et ultra-présente. “Je veux savoir si tu as mangé, je peux te préparer un truc”, confie-t-elle en riant. Le film commence comme un dîner de famille banal… jusqu’à ce que tout parte en vrille. Pour Sedgwick, ce chaos met en lumière des vérités universelles : “Qu’on les aime ou pas, c’est ta famille.”
Une fiction inspirée de sa propre réalité
Elle tourne actuellement un film comico-horrifique avec son mari Kevin Bacon et leurs enfants, Travis et Sosie. Ce projet familial, qu’elle décrit comme “inspiré de nous, mais pas nous”, mêle rire et satire domestique. C’est dans cet entre-deux, entre fiction et réalité, que Sedgwick alimente son combat pour plus d’humanité dans les rôles féminins.
Ce qu’elle aimerait voir davantage à l’écran ? Des femmes de son âge ayant “du bon sexe, du sexe fantasmé, du sexe conjugal.” Pour elle, c’est un pan entier de l’expérience humaine qui reste sous-exploité dans les séries et les films. Elle cite All Fours de Miranda July comme un exemple audacieux de récit féminin autour de la ménopause et du désir. “Elle veut se rappeler ce que c’est d’être juste une personne autonome dans le monde”, dit-elle avec émotion.
Un regard nostalgique sur les années 90… et la vie
La bande-son de sa vie ? Oasis, Pearl Jam, les Goo Goo Dolls. Elle les écoutait en voiture avec ses enfants, les cheveux au vent et la voix à fond. Cette époque lui manque, avoue-t-elle, mais elle ne s’y accroche pas. Elle avance, curieuse, un pied dans la tendresse et l’autre dans l’engagement.
Parmi ses références, Tara Brach revient souvent. “Tout sentiment veut juste être accueilli avec bienveillance”, cite-t-elle. Cette philosophie guide sa manière de jouer, mais aussi de vivre. Elle ne cherche pas la perfection, mais l’authenticité.
Elle regrette que son parfum préféré, Fleur de Thé Rose Bulgare de Creed, soit discontinué. Mais elle ne se laisse pas abattre : elle chine désormais sur Poshmark, où elle a trouvé une robe Rachel Comey “obsédante”. Parce que “le fast fashion, très peu pour moi.”

L’information à la source et l’amour de Central Park
Elle se tient informée via PBS NewsHour, qu’elle surnomme affectueusement “PBS Blues Hour” à cause de ses sujets souvent lourds. Pourtant, elle y trouve une objectivité qu’elle juge rare. Enfin, elle rend hommage à Central Park, un lieu qu’elle considère démocratique et éternel. Une femme de terrain qui est donc attachée à la beauté des détails.
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