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Est-ce que la nouvelle ELLE est meilleure que les films originaux ?

Elle prequel

Comment raconter la jeunesse d’une icône sans la figer dans la naphtaline ? Le prequel de la série ELLE (Legally Blonde) réussit l’exploit de faire dialoguer les années 90 avec les sensibilités d’aujourd’hui. Mais est-ce que ça marche ? 

On y retrouve une Elle Woods lycéenne pétillante, qui se débat avec les codes de son lycée morose en les secouant avec une énergie communicative. Une jolie façon de redonner vie à l’héroïne blonde sans trahir son héritage ? A voir. Mais on vous décrypte ce qu’il en est dans le fond.

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Le prequel de Legally Blonde : un retour aux sources qui sent le réchauffé :

  • Lexi Minetree est parfaite en Elle Woods, mais le scénario recycle le film et aseptise les années 90.
  • La dynamique familiale sauve les meubles, mais la série peine à justifier son existence.

La série « Elle » est accusée de trahir l’esprit des années 90

Vraisemblablement, la nouvelle série d’Amazon Prime propose une vision aseptisée de Elle Woods qui occulte les parts sombres de la décennie. Personne n’y subit de harcèlement sur le poids ou d’homophobie frontale. Au contraire, le récit intègre des réflexes inclusifs très contemporains.

Par ailleurs, le coming out d’une des personnages dans l’entourage de la jeune lycéenne est accueilli par un soutien quasi-professionnel. Par conséquent, cette bulle bienveillante sonne faux pour ceux qui ont vécu l’ère de Matthew Shepard. Finalement, le show pioche dans le buffet nostalgique avec partimonie en laissant de côté les restes amers.

Le parcours de la jeune Elle Woods ne fait-il que répéter le film original ?

Le principe du poisson hors de l’eau est repris quasiment à l’identique dans cette nouvelle version de la Revanche d’une Blonde. En effet, l’héroïne passe du statut de reine de Los Angeles à celui de paria à Seattle. Ainsi, elle vit un rejet scolaire global avant de triompher par sa gentillesse.

Cependant, ce calque narratif crée une incohérence majeure avec le postulat de Legally Blonde. Si elle a déjà surmonté cela à seize ans au lycée, pourquoi revivrait-elle les mêmes épreuves à Harvard ? Finalement, ce choix scénaristique affaiblit l’impact du parcours initiatique universitaire.

La dynamique familiale apporte-t-elle une bouffée d’air frais

En fait, en analysant la nouvelle série Elle, c’est l’arrivée des parents déconnectés qui est l’innovation la plus réussie de la série. D’une part, on a le père, chirurgien esthétique interprété par Tom Everett Scott, qui déclenche la chute sociale de la famille et la fait déménager à Seattle. D’autre part, on a la mère, campée par June Diane Raphael, qui apporte une dose précieuse d’humour dans l’histoire en soutenant sa fille à sa manière.

En effet, leur exil forcé dans la ville de Seattle réputée pour ses fortes précipitation météorologiques crée un décalage comique constant. Ainsi, cette famille qui est l’inverse des Addams méritait un format de sitcom satirique. C’est leur alchimie qui est le cœur battant d’une intrigue scolaire souvent trop fade.

Pourquoi l’intrigue adolescente tombe-t-elle dans les clichés ?

Le lycée de Rainier West est un cimetière de poncifs déjà vus cent fois. On y trouve la reine du bal maussade et l’amitié improbable avec une marginale. Par ailleurs, le triangle amoureux entre un solitaire mystérieux et un sportif gentil peine à convaincre.

De plus, ces personnages sont présentés de manière antipathique sans véritable rédemption. Par conséquent, il est difficile de s’investir émotionnellement dans leurs destins. Finalement, les enjeux sonnent faux, donnant ainsi l’impression d’un remplissage entre deux clins d’œil nostalgiques.

Lexi Minetree parvient à faire oublier Reese Witherspoon

L’actrice réussit la performance de s’approprier le rôle sans le copier servilement. En effet, Lexi Minetree livre une prestation pleine de naïveté lumineuse, sans jamais tomber dans la nunucherie agaçante. Son optimisme à toute épreuve offre un contrepoint nécessaire à la grisaille de Seattle.

De plus, son charisme naturel rend la bienveillance d’Elle crédible. Par conséquent, elle est la bouée de sauvetage humaine d’une production qui cherche encore son ton. Finalement, elle confirme que le casting est le principal point fort du projet.

L’absence de méchanceté réelle est-elle une faiblesse historique ?

Le contexte des années 90 était brut, sexiste et profondément impitoyable. Pourtant, le show évacue toute référence à l’héroïne chic ou aux violences systémiques. En effet, les conflits restent au niveau des querelles de cœur et des fêtes ratées.

Ainsi, les vrais drames adultes servent de simple bruit de fond. Par conséquent, la série préfère exhumer les Dunkaroos plutôt que la culture du viol. Finalement, ce traitement édulcoré transforme la nostalgie en un déguisement qui gratte un peu.

Ce préquel était-il vraiment nécessaire à l’univers de Legally Blonde ?

La série avait la lourde tâche de justifier son existence au-delà du fan service. Malheureusement, elle recycle une formule sans la magie de l’original. Mais le talent de l’héroïne et de sa famille est palpable et sauve les meubles.

En effet, l’intrigue balise un terrain que le film de 2001 avait pourtant bien mieux défriché. De plus, la volonté de moderniser le propos annule la saveur authentique de l’époque. Ainsi, le spectacle ressemble à une affaire de costumes. Finalement, « Elle » prouve que même les talons hauts Lucite ne peuvent pas sauver un scénario qui tourne en rond.

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Arrivée chez Publithings en 2022 en tant que rédactrice web, je pilote aujourd'hui la ligne éditoriale de technplay.com comme rédactrice en chef. De l’analyse des derniers blockbusters aux nouveautés sur la mobilité douce, en passant par l’actu du jeu vidéo et des séries cultes, je décrypte la pop culture et...

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