Une nouvelle aventure s’offre à vous dans Trails Beyond the Horizon. Ce RPG promet des paysages à couper le souffle, un système de combat raffiné et une intrigue envoûtante.
On se demande tout de même si le jeu tient toutes ses promesses. En effet, en plus des quêtes annexes gargantuesques et du scénario haletant, nous avons passé des dizaines d’heures à l’explorer pour vous. Voici notre verdict complet, sans spoiler, est là.
The Legend of Heroes: Trails Beyond the Horizon : l’heure des grands révélations
Il y a une joie interdite à découvrir les ficelles d’un tour de magie. Le plaisir de l’évasion n’égale jamais celui de percer le secret, de voir la dextérité qui opérait sous nos yeux. Dans The Legend of Heroes: Trails Beyond the Horizon, le développeur Nihon Falcom enlève enfin sa cape et son haut-de-forme. Ce treizième opus de la saga RPG et le troisième utilisant le nouveau moteur du studio ne cherche pas à impressionner par la technologie, mais à révéler ce qui se tramait dans l’ombre depuis toutes ces années, tout en préparant la scène pour l’acte final.
La conquête spatiale peut-elle menacer la paix en Zémaria ?
L’histoire reprend quelques mois après les événements de Trails Through Daybreak 2. Nous nous retrouvons dans la République de Calvard, en pleine effervescence alors que son programme spatial avance à grands pas. La série Trails a toujours été fascinée par l’impact de la technologie sur les sociétés.
Après avoir exploré la révolution orbale dans Trails in the Sky et la transformation des transports dans Trails of Cold Steel, Falcom amplifie ici la discussion. Il montre comment un programme spatial peut être autant un symbole de progrès national qu’une source d’inquiétude géopolitique, mettant en mouvement une multitude de forces.
Pourquoi Rean et Kevin font-ils leur grand retour ?
Pour illustrer l’ampleur de ces enjeux, le jeu adopte une structure à trois routes narratives. C’est similaire à celle de Trails into Reverie (2020). La route principale est menée par Van Arkride, le « fixeur » protagoniste des deux derniers jeux. Pour garder le tout dynamique, Falcom ramène deux personnages iconiques pour conduire les autres branches. Ce sont Rean Schwarzer, l’ancien Chevalier Cendré d’Erebonia, et Kevin Graham, le chasseur d’hérétiques de l’Église Septian. Si Rean jouait déjà un rôle majeur dans Reverie, Kevin n’était plus jouable depuis Trails in the Sky the 3rd en 2007.
Leur retour, avec des visuels rafraîchis, est une gourmandise pour les fans, mais il sert un objectif plus grand. En les ramenant, Falcom lève le voile : une grande partie des événements des vingt dernières années de la série (et sept ans en jeu) convergeait vers Trails Beyond the Horizon. C’est la preuve que Trails n’a jamais été une simple expérience de worldbuilding, mais un récit minutieusement tissé, dont on ne commence à percevoir la complexité que maintenant.
Les héros se rencontreront-ils enfin ?
Chaque protagoniste évolue avec son groupe de compagnons dans des intrigues distinctes mais connectées, qui ne se croisent jamais après le prologue. Les seules rencontres ont lieu dans le Grim Garten, un donjon en réalité virtuelle lié à une quête secondaire longue. Bien qu’on rêve de voir tous ces héros combattre ensemble, Horizon n’est pas ce moment. Un tel rassemblement signifierait que la bataille finale est imminente. Ce n’est pas le cas. Rean et Kevin ont leurs propres histoires, et le jeu a pour mission de les rapprocher des événements centraux qui entourent Van et le destin de Zémaria.
Qui sont les vrais antagonistes derrière le rideau ?
En maintenant ces distances et en divisant le récit, Falcom crée un thriller politique, technologique et d’action passionnant. Gardant la méfiance caractéristique de la saga envers les institutions puissantes, le jeu nous fait douter des intentions de chaque interlocuteur de Van. Un sauveur peut devenir un vilain en un instant, et une méfiance initiale se révéler justifiée. Peu à peu, la cape tombe, révélant les vrais antagonistes et leurs plans.
La saga Trails nous a-t-elle trompés depuis le début ?
Après plus de 90 heures de jeu, on ressort avec la sensation que toute notre compréhension de la saga a été secouée. Ce sentiment est difficile à expliquer à qui n’a pas vécu cette épopée narrative au long cours. Les souvenirs et les émotions cultivés en jouant aux douze jeux précédents sont remis en question – et c’est jubilatoire. Voir les cartes cachées enfin étalées sur la table est grisant. Comprendre les schémas complexes qui culminent ici procure une catharsis indescriptible. Sur les plans macro et micro, Falcom livre un scénario fin et intelligent, porté par son expérience et son style narratif multi-couches.
Trails Beyond the Horizon est-il vraiment l’adieu annoncé ?
Pourtant, Trails Beyond the Horizon n’est qu’une nouvelle étape vers la fin. Loin de conclure l’arc de Van, Falcom lui donne une envergure inédite dans la série. Ne vous méprenez pas : le jeu explique beaucoup de secrets qui planaient depuis les débuts. Mais il est loin de remplir la promesse de son sous-titre japonais (« Adieu, ô Zémaria »). Horizon n’est pas un adieu. C’est le premier aperçu des ultimes pas épiques qui nous attendent. La magie est révélée, mais le plus grand tour – la conclusion de cette saga légendaire – est encore à venir.
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