YggTorrent ne reviendra pas. Trois mois après la destruction de ses serveurs, la gendarmerie nationale revendique à son tour le démantèlement du site. Douze personnes interpellées dans le cadre de l’enquête.
Le site de torrent était déjà à l’arrêt depuis mars 2026. Référence du téléchargement illégal en France depuis 2017, il se retrouve à genoux par une cyberattaque massive qui avait détruit une partie de son infrastructure. Pourtant, début juillet, la gendarmerie a tenu à clore le dossier autrement. Son communiqué parle de la fin d’une véritable structure de contrefaçon, bien au-delà de la simple plateforme visible en ligne. Administrateurs, modérateurs et rôles techniques. C’est toute une organisation hiérarchisée qui tombe, selon les enquêteurs.
YggTorrent : une enquête vieille de plusieurs années
Tout commence bien avant 2017. L’enquête pour contrefaçon en bande organisée et blanchiment aggravé reste ouverte après plusieurs signalements de la Sacem, de l’Alpa et du Syndicat de l’édition vidéo numérique. Le dossier prend de l’ampleur au fil des années, jusqu’à devenir une enquête de longue durée sur une structure jugée particulièrement organisée et rentable.
Depuis fin 2023, les interpellations s’accélèrent. Au total, douze personnes ont été arrêtées, parmi elles des analystes techniques, des administrateurs et des responsables du contrôle qualité des contenus publiés. Les perquisitions ont permis la saisie de crypto-actifs ainsi que 45 000 euros de matériel informatique. Le préjudice estimé atteindrait plusieurs dizaines de millions d’euros pour les ayants droit concernés.
Le nom qui manque au communiqué

Un détail agace une partie des internautes. La gendarmerie ne cite jamais Gr0lum, le hacker à l’origine de la fermeture initiale. C’est pourtant lui qui a vidé puis détruit les serveurs en mars 2026, en réaction à l’arrivée d’un abonnement payant. Beaucoup y voient une récupération. L’État arrive après la bataille et revendique une victoire déjà actée par un acteur isolé.
- Partager l'article :