Les joueurs ne rendent pas les armes. Face à l’annonce de l’abandon des jeux physiques prévu pour 2028, une contre-offensive s’organise. Pétitions, campagnes sur les réseaux, appels à des législations protectrices : la communauté multiplie les manœuvres pour faire plier Sony.
Certains revendeurs spécialisés envisagent même de proposer des coffrets collector avec codes numériques pour entretenir la flamme de l’objet. Cette mobilisation montre que le disque a encore de fervents défenseurs. Décryptage d’un bras de fer qui ne fait que commencer.
La mobilisation contre le tout-numérique de Sony PlayStation s’intensifie :
- Une fondation néerlandaise réclame 400 millions d’euros à Sony, tandis que des législateurs mexicains préparent une plainte antitrust contre le monopole du PlayStation Store.
- Revendeurs et joueurs organisent la résistance avec des campagnes virales, des pétitions massives et des projets de coffrets collector à codes numériques.
- Des experts proposent des alternatives comme les cartouches 3D NAND, mais leur coût prohibitif et le silence de Sony rendent incertain le retour d’un support physique.
Pourquoi Sony a officialisé l’arrêt total des jeux physiques PlayStation pour 2028 ?
Sony a confirmé qu’à compter de janvier 2028, plus aucun nouveau jeu PlayStation ne sortirait en version disque. En effet, la firme planifie depuis longtemps une transition vers un écosystème entièrement dématérialisé. Par conséquent, cette annonce a immédiatement suscité une vive polémique chez les joueurs, inquiets pour la propriété et la conservation des jeux.
De plus, les anciens titres physiques resteront fonctionnels, mais les futures exclusivités seront uniquement téléchargeables. Ainsi, le support Blu-ray disparaît progressivement, marquant la fin d’une époque pour les collectionneurs.
Plusieurs dirigeants de Sony ont vendu massivement leurs actions juste après cette annonce
Ensuite, juste après cette annonce fracassante, plusieurs hauts cadres ont cédé une part de leurs titres. Notamment, le PDG Hiroki Totoki a vendu 225 000 actions, représentant environ 4,73 millions de dollars. Par ailleurs, le directeur de la stratégie Toshimoto Mitomo a cédé 25 000 actions, tandis que Ravi Ahuja et Jon Platt en ont vendu respectivement 36 826 et 16 512.
Ainsi, ces ventes d’actions simultanées ont attiré l’attention des investisseurs. Même si rien ne prouve un délit d’initié, cette coïncidence temporelle alimente les spéculations sur la confiance interne envers la stratégie numérique.
La plainte de la fondation néerlandaise SMC dénonce la « taxe Sony »
Par ailleurs, une fondation néerlandaise à but non lucratif, la Stichting Massaschade & Consument, a intenté une action en justice. Elle réclame plus de 400 millions d’euros de dommages-intérêts au nom de 1,7 million de joueurs. Concrètement, la SMC attaque la « taxe Sony », une commission de 30 % prélevée sur chaque vente du PlayStation Store.
Or, sans disques, il n’existe plus de marché de l’occasion ni d’alternative compétitive. De ce fait, Sony pourrait imposer des prix monopolistiques, privant le consommateur de tout droit de propriété réel sur ses achats.
Les législateurs mexicains réagissent face à ce monopole annoncé
De plus, la fronde ne se limite pas à l’Europe. Effectivement, des législateurs mexicains s’apprêtent à déposer une plainte antitrust contre Sony. Leur argument principal dénonce la création d’un monopole sur la vente de jeux numériques via l’unique PlayStation Store.
Cependant, du côté de l’Union européenne, un responsable a récemment nuançé les espoirs. Il a déclaré qu’on ne pouvait empêcher Sony d’abandonner les jeux physiques, tant que l’entreprise respecte les lois existantes en matière de protection des consommateurs. Reste donc à voir si ces actions aboutiront.
Quelles alternatives technologiques pourraient sauver le support physique à l’avenir ?
Face à ce déclin, un expert en technologie, Dotun Rominiyi, propose des pistes novatrices. Selon lui, les disques Blu-ray sont obsolètes car trop lents et limités en capacité comparés aux SSD. Ainsi, il suggère d’utiliser des micro-cartouches 3D NAND, à l’image des cartes de la Switch 2.
Cette mémoire flash amovible peut offrir des vitesses de lecture atteignant 4 Go/s. Par conséquent, des cartouches allant jusqu’à 1 To supprimeraient les temps d’installation sur la future PS6. Cette solution high-tech redonnerait un sens à la possession physique.
Le coût prohibitif des cartouches flash représente un obstacle majeur pour Sony
Néanmoins, la mémoire flash reste nettement plus coûteuse à produire que les disques Blu-ray traditionnels. Même Nintendo peine à maintenir des prix raisonnables pour ses cartes de jeu de plus petite capacité. De surcroît, Sony devrait intégrer un système de cryptage robuste pour éviter le piratage, augmentant encore les coûts.
Par conséquent, ces coûts de production élevés pourraient rendre cette approche irréalisable pour le marché de masse, à moins de la réserver à des éditions collector destinées aux passionnés prêts à payer un supplément.
Une solution de secours comme les cartes passives ou un lecteur externe est-elle viable pour la PS6 ?
Enfin, une alternative plus abordable serait les cartes en photopolymère passif, comparables au verre. Rominiyi y voit un support peu coûteux, mais le dispositif optique nécessaire à leur lecture risquerait d’augmenter sensiblement le prix de la console. Une solution plus immédiate consisterait à proposer un lecteur externe rétrocompatible avec les jeux PS4 et PS5. Toutefois, Sony n’a toujours pas réagi officiellement, et rien n’indique que l’entreprise souhaite investir dans un nouveau format physique pour sa prochaine génération.
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