Un musicien propulsé dans l’horreur de 1937. Une star hollywoodienne qui réclame elle-même un rôle minuscule. Un jeune Andalou venu pour être figurant, devenu tête d’affiche malgré lui. Derrière La Bola Negra, le casting raconte déjà une histoire de hasards et de secrets.
Les personnages se croisent dans un drame générationnel où chaque visage cache une blessure. Pourtant, un détail intrigue : pourquoi ces interprètes semblent-ils liés par un passé qui les dépasse ? Voici les visages de ce puzzle espagnol.
Sebastián par Guitarricadelafuente : un musicien précipité dans l’horreur de 1937
D’entrée de jeu, Sebastián apparaît comme un musicien devenu soldat malgré lui. En effet, ce jeune homme conflictuel se retrouve aspiré par le mouvement fasciste nationaliste espagnol en 1937. Pourtant, sa mission de gardien d’un prisonnier ennemi bouleverse sa trajectoire. Guitarricadelafuente incarne ce personnage pour son premier rôle au cinéma. L’artiste reconnaît être arrivé sans technique et devoir tout apprendre. Heureusement, Los Javis l’ont encouragé à rester lui-même. De plus, il a composé la chanson originale « La Nieve » pour le film. Ainsi, son expérience de musicien a nourri son jeu. Finalement, il confie avoir trouvé chez Sebastián des échos de ses propres questionnements.
Rafael Rodríguez Rapún par Miguel Bernardeau : un prisonnier au cœur d’un secret d’État
Ensuite, Rafael Rodríguez Rapún incarne ce prisonnier républicain détenu en 1937. Effectivement, les autorités le soupçonnent de détenir des informations classifiées cruciales. Miguel Bernardeau s’est profondément connecté à ce rôle. Selon lui, cette histoire touche à la mémoire de son pays et de ses ancêtres. D’ailleurs, il a vécu ces récits comme un héritage transmis par sa grand-mère. Pour préparer le tournage, Los Javis lui ont imposé des lectures précises. Notamment, il a étudié la pièce inachevée de Lorca qui partage le titre La Bola Negra. Il a aussi lu La piedra oscura d’Alberto Conejero. Bref, l’acteur décrit Rafael comme un être unique, riche d’intérêts que son époque lui refusait.
Alberto par Carlos González : un historien rattrapé par son passé familial
Par ailleurs, Alberto est un historien qui travaille à sa thèse à Athènes en 2017. Cependant, sa vie bascule lorsqu’il hérite de son grand-père maternel, qu’il n’a jamais connu. Ce retour en Espagne déclenche une enquête sur l’histoire compliquée de sa famille. Carlos González décrit son personnage comme curieux et sensible. Pourtant, Alberto éprouve des difficultés à regarder en lui-même. De plus, sa relation avec sa mère reste tendue et douloureuse. L’acteur voit dans La Bola Negra un plaidoyer pour la mémoire. Il espère que le film rappellera l’importance de préserver le passé. Selon lui, ce récit invite à mieux prendre soin de l’avenir.
Carlos par Milo Quifes : un jeune homme menacé par la « boule noire »
De son côté, Carlos évolue dans l’Espagne de 1932. Ce jeune homme cherche sa place au sein du cercle social d’un casino très fermé. Surtout, il redoute de recevoir la « boule noire », un vote anonyme qui l’exclurait du club. D’ailleurs, ce terme donne son titre au film. Milo Quifes a obtenu ce rôle presque par accident. En effet, la production cherchait un acteur originaire d’Andalousie, avec l’accent correspondant. Lui pensait simplement postuler comme figurant pour gagner un peu d’argent. Finalement, il s’est retrouvé avec un rôle principal. Il admire d’ailleurs la complémentarité de Calvo et Ambrossi. Selon lui, l’un cherche la technique, l’autre privilégie le ressenti.
Teresa par Lola Dueñas : une mère blessée face à un fils qui s’éloigne
Qui plus est, Teresa incarne la mère d’Alberto en 2017. Cette femme parfois dure entretient une relation tendue avec son fils, au bord de la rupture. Pourtant, la mort de son père et l’héritage mystérieux d’Alberto les obligent à se rapprocher. Lola Dueñas avait déjà collaboré avec Ambrossi et Calvo sur la série La mesías. Elle confie qu’elle aurait accepté ce rôle avant même de lire le scénario. Ce qu’elle apprécie chez eux, c’est leur sens de la justice et de l’amour. Dans La Bola Negra, elle trouve émouvante leur façon de relier les générations. Pour elle, Los Javis sont révolutionnaires parce qu’ils proposent quelque chose de totalement nouveau.
Juan Pablo par Julio Torres : un compagnon solide dans la tourmente
En parallèle, Juan Pablo est le petit ami d’Alberto en 2017. Ce personnage représente une présence stable tandis que l’enquête d’Alberto plonge dans l’inconnu. Julio Torres partage d’ailleurs une complicité immédiate avec Carlos González. Ce dernier raconte que leur première rencontre lui a inspiré une grande tendresse. Leur alchimie était instantanée, comme si les corps s’étaient compris avant les mots. González se souvient même d’un moment où ils se sont tenu la main sous la table. Il souligne combien ce genre de connexion surgit presque immédiatement dans le monde du jeu d’acteur. Ainsi, cette relation apporte une bouffée d’humanité au récit.
Nené Romero par Penélope Cruz : une chanteuse de cabaret qui cache ses convictions
De surcroît, Nené Romero est une cupletista de cabaret au sein du régiment nationaliste de Sebastián en 1937. Cette artiste traditionnelle fait forte impression sur le jeune homme. Pourtant, elle dissimule ses propres loyautés face à un public fasciste. Penélope Cruz n’apparaît que dans une seule scène du film. Malgré cela, l’actrice oscarisée n’a émis aucune réserve. Elle a affirmé qu’il n’existe ni petit ni grand rôle. Pour elle, l’essentiel reste l’histoire racontée ensemble. Elle confie même que le scénario était parfait, ce qui est très rare selon elle. Finalement, elle est tombée amoureuse de Nené Romero et de ce qu’elle représente.
Isabelle par Glenn Close : une historienne de Lorca en guide bienveillante
Pour finir, Isabelle est une historienne spécialiste de Federico García Lorca en 2017. Elle conseille Alberto tout au long de son enquête personnelle. Glenn Close a elle-même sollicité cette collaboration après avoir vu la série Las mesías. Selon elle, l’audace de Calvo et Ambrossi est à couper le souffle. Notamment, ils ont osé bâtir une histoire entière à partir de quatre pages de Lorca. L’actrice s’inscrit dans la grande tradition espagnole d’une écriture riche, brutale et élémentaire. De plus, elle avait joué Bernarda Alba au théâtre pendant ses études. Cette expérience reste l’un des grands moments de sa vie d’actrice. Conséquemment, elle se dit ravie de participer à ce film.
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