Le Red Magic 11 Pro vient de débarquer à la rédaction et il ne passe clairement pas inaperçu. Alors que la concurrence tente timidement de marier puissance et sobriété, la filiale de Nubia continue de tracer sa propre route : celle de la démesure assumée. Après un modèle 10 Pro qui avait déjà repoussé les limites, cette onzième itération promet d’enfoncer le clou avec une fiche technique qui donne le vertige : Snapdragon 8 Elite Gen 5, batterie titanesque de 7 500 mAh et un système de refroidissement actif toujours plus sophistiqué.
Caractéristiques techniques
- Écran : AMOLED 6,85 pouces, 144 Hz, définition 1,5K (1216 x 2688 pixels), caméra sous l’écran.
- Processeur : Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5.
- RAM et stockage : 16 Go / 512 Go (version testée), jusqu’à 24 Go / 1 To.
- Batterie : 7 500 mAh, charge rapide 80W (chargeur inclus).
- Refroidissement : Ventilateur centrifuge actif 22 000 tr/min, chambre à vapeur 3D.
- Photo : Principal 50 Mpx, Ultra grand-angle 50 Mpx, Macro 2 Mpx.
- OS : RedMagic OS 11 basé sur Android 16.
- Dimensions et poids : 164 x 76.5 x 8.9 mm, 230 g.
- Prix : À partir de 899 €.
Un design qui assume sa différence (et son poids)
Dès l’ouverture de la boîte, le ton est donné. Le Red Magic 11 Pro est massif, anguleux, et il ne s’en excuse pas. J’ai testé la version argentée, et il faut avouer que le look est toujours aussi spectaculaire. C’est geek, c’est voyant, et on adore ou on déteste. Personnellement, je trouve que cela a du caractère. Cependant, ce design a un coût : l’ergonomie. Avec ses 230 grammes sur la balance et ses arêtes franches, il se fait sentir dans la poche. De plus, son format rectangulaire, bien que superbe pour l’affichage, rend l’utilisation à une seule main périlleuse. Heureusement, le dos totalement plat (aucun îlot photo ne dépasse, un véritable exploit d’ingénierie !) offre une stabilité parfaite lorsqu’il est posé sur une table.
En outre, les gâchettes sensitives sur la tranche droite sont toujours de la partie. Elles tombent parfaitement sous les index lorsqu’on tient le téléphone à l’horizontale. C’est un détail pour certains, mais un véritable atout pour les joueurs, ce qui transforme le smartphone en véritable petite console portable.
Un écran immersif sans la moindre encoche
L’un des points forts indéniables de ce modèle reste son écran. Red Magic persiste et signe avec sa technologie de caméra sous l’écran (UDC). Le résultat ? Une dalle de 6,85 pouces totalement immaculée, sans poinçon ni encoche pour venir gâcher votre immersion. Que ce soit pour regarder une série ou jouer, c’est un pur bonheur visuel. La dalle AMOLED offre également des couleurs vibrantes et des noirs profonds. Avec un taux de rafraîchissement de 144 Hz, la fluidité est exemplaire.
J’ai particulièrement apprécié la luminosité maximale qui a été revue à la hausse par rapport au modèle précédent. Même en plein soleil, l’écran reste lisible, ce qui n’était pas toujours le cas sur les générations antérieures. Toutefois, si l’on regarde de très près, on peut encore distinguer une légère différence de densité de pixels au niveau de la caméra frontale sur les fonds clairs. Mais honnêtement, à l’usage, on l’oublie instantanément.
Des performances brutes tout simplement inégalées
Passons au plat de résistance. Le Red Magic 11 Pro embarque le tout dernier Snapdragon 8 Elite Gen 5. Autant le dire tout de suite : c’est une fusée. Durant mes tests, je n’ai jamais réussi à le prendre en défaut. Les applications s’ouvrent instantanément, le multitâche est géré sans le moindre hoquet.
Mais c’est évidemment en jeu que la bête se réveille. J’ai lancé Genshin Impact et Zenless Zone Zero avec tous les paramètres graphiques au maximum. Le résultat est bluffant : 60 FPS constants, sans aucune chute de framerate, même après une heure de session intensive. Là où la plupart des concurrents commencent à chauffer et à brider les performances (thermal throttling) après 20 minutes, le Red Magic 11 Pro reste imperturbable.
Ce tour de force est rendu possible grâce au ventilateur intégré. Certes, il émet un léger sifflement audible lorsqu’il tourne à plein régime (22 000 tours/minute), mais il évacue la chaleur avec une efficacité redoutable. Qui plus est, le téléphone devient tiède, jamais brûlant. En surplus, le logiciel offre différents modes de performance (Eco, Balance, Diablo) pour ajuster la puissance selon vos besoins.
Logiciel, le talon d’Achille persiste
Si le matériel est irréprochable, le logiciel reste le point noir de l’expérience. RedMagic OS 11, basé sur Android 16, offre certes une pléthore d’options de personnalisation pour les joueurs (macros, réticules, gestion des plugins), mais l’interface globale manque de finition. J’ai rencontré quelques soucis de traduction dans les menus, avec des termes restés en anglais ou traduits de manière approximative. En outre, le design des icônes et des menus fait un peu daté par rapport à la fluidité d’un Pixel UI ou d’un One UI. Néanmoins, l’espace « Game Space », que l’on active via un bouton physique dédié sur la tranche (un slider rouge très satisfaisant), est une réussite. Il regroupe tous vos jeux et offre un panneau de contrôle complet pour gérer les notifications, la luminosité et les performances sans quitter votre partie. C’est pratique, bien pensé et cela justifie presque à lui seul l’achat pour un gamer.
Des progrès à faire pour la photographie
Soyons honnêtes, on n’achète pas un Red Magic pour ses prouesses photographiques. Cependant, la marque a fait des efforts. Le capteur principal de 50 Mpx délivre des clichés corrects en plein jour, avec une colorimétrie assez naturelle et un bon piqué. Le traitement logiciel a été amélioré pour offrir une meilleure gestion de la dynamique (HDR). En revanche, dès que la lumière baisse, les choses se gâtent. Le bruit numérique apparaît rapidement et le lissage logiciel devient trop agressif, gommant les détails. L’ultra grand-angle est, quant à lui, assez anecdotique, avec une déformation marquée sur les bords et des couleurs plus ternes que le capteur principal.
Quant à la caméra selfie sous l’écran… c’est là que le bât blesse. La technologie, bien qu’invisible, offre une qualité d’image médiocre. Les selfies manquent de netteté, ils apparaissent souvent voilés ou avec des effets de « flou » autour des sources de lumière. Cela suffira pour un appel vidéo rapide, mais oubliez les selfies artistiques pour Instagram.
Une autonomie monstrueuse
Le Red Magic 11 Pro assène le coup de grâce à la concurrence. Avec sa batterie de 7 500 mAh, l’autonomie est tout simplement pharaonique. En usage mixte (réseaux sociaux, web, un peu de vidéo et de musique), j’ai tenu deux jours complets sans avoir à chercher mon chargeur. C’est impressionnant. Même en jouant intensivement, la batterie fond beaucoup moins vite que sur un smartphone classique. Une session d’une heure de jeu gourmand ne consomme que 10 à 15% de batterie, là où d’autres perdraient 25%. Et lorsque la panne sèche arrive, le chargeur 80W inclus dans la boîte prend le relais. Il recharge intégralement le téléphone en un peu moins de 45 minutes. C’est un peu moins rapide que les champions du 120W ou 240W, mais vu la capacité énorme de la batterie, cela reste une performance très honorable.
Verdict
Mon avis est partagé, mais penche largement vers le positif. Le Red Magic 11 Pro n’est pas un smartphone pour tout le monde. Si vous cherchez un photophone polyvalent, fin et élégant, achetez en un autre. En revanche, si vous cherchez la performance ultime, une autonomie record et un écran sans distraction, c’est le maître incontesté. Red Magic a réussi à gommer certains défauts du passé (luminosité de l’écran, chauffe) tout en conservant ce qui fait son ADN.
Pour environ 900 €, le rapport performance/prix est excellent. C’est une machine de guerre qui ne vous lâchera pas, que ce soit au milieu d’une partie classée ou à la fin d’une longue journée de travail. Le roi du gaming est toujours sur son trône, et il n’est pas près de le céder.
- Partager l'article :
